20 Mars 2017

Ile Maurice: Zul Ramiah - «Pour les élections, j'ai déjà dix chansons pour le PTr»

interview

Le chanteur engagé a repris du service auprès du Parti travailliste, lors du congrès organisé pour la Journée internationale de la femme. Il revient sur ses sept années (2008-2014) passées en Angleterre en tant que «Cultural Coordinator» à la Haute commission mauricienne à Londres.

Au congrès des femmes, organisé par les travaillistes il y a deux semaines, vous avez assuré la partie musicale.

J'ai travaillé avec Dev Virahsawmy. Il a fait deux chansons et m'a demandé de chanter Lasours. C'est la première chanson engagée de l'époque contemporaine. Pour moi, les esclaves chantaient leurs misères, les engagés aussi, sauf que ce n'était pas écrit.

Dev Virahsawmy a fait une chanson de bienvenue pour le leader. Il y a aussi un poème, Draupadi, sur la femme. J'ai fait la mélodie de ces deux chansons. Le leader a trouvé que l'une des chansons était trop à sa gloire. Li pa pou pas sa.

Je reste un militant avec toutes les valeurs que j'avais, avant même d'entrer au Mouvement militant mauricien (MMM). Je suis entré dans ce parti parce qu'il avait des valeurs en commun avec moi. J'ai quitté le MMM mé mo gard bann valer la parey.

Les combats étaient contre le communalisme, le racisme, les inégalités, l'injustice. Je suis toujours pareil. Mais il faut être honnête, il faut aussi mettre de l'eau dans son vin. J'ai 64 ans, c'est peut-être la dernière élection que je verrai.

Quand êtes-vous rentré au pays?

Je suis rentré depuis janvier 2015. J'ai travaillé enn ti bout pour la Mauritius Tourism Promotion Authority et puis le reste à la Haute commission, toujours au même poste : Cultural Coordinator.

Quelles responsabilités sont attachées à ce poste?

On m'a d'abord proposé d'être Cultural Adviser. Même à l'époque où j'ai travaillé avec Motee Ramdass (NdlR, ancien ministre des Arts et de la culture), il m'avait parlé d'occuper ce poste, j'ai dit que moi, Zul Ramiah, je ne peux pas être un Adviser.

En plus, dans un pays multiculturel, fodé ou konn boukou zafer. Je me suis toujours dit que je ne ferais pas un bon député parce que j'ai une haute estime du député.

Un député doit connaître le monde, car son pays n'est pas isolé. Je n'ai pas ces capacités, je suis un peu intellectuellement limité. Pour coordinate, ou pa bizin konn tou. Je sais que c'est quelque chose que je peux bien faire.

«Si j'étais resté à Maurice, j'aurais accepté un ticket pour les municipales à condition de devenir maire.»

On vous a proposé un ticket?

Non. J'explique le contexte. Après 2005, quand j'ai chanté Bizin sanzman (NdlR, album de campagne du PTr), mo ti enn dimounn for. De 2005 à aujourd'hui, je me suis occupé de toutes les chansons du parti. Des gens sont venus me voir. Ils disaient: «Fer mwa gagn tiket minisipal.»

Quand j'en ai parlé à l'une des têtes du parti, il m'a répondu: «Bé twa to pa anvi pozé ?» J'ai dit non. Mon objectif, c'était d'aller en Angleterre pour des raisons familiales. Mo ti éna loan etc... Si j'étais resté à Maurice, j'aurais accepté un ticket pour les municipales, à condition de devenir maire.

Je considère que j'aurais fait un bon maire. J'ai des idées, je sais comment un maire doit fonctionner, pa al gout biskwi apré pa koné ki pri li été.

Sans arrogance, je peux dire qu'il y a eu des députés, des ministres pli kouyon ki mwa. Je n'accepterais jamais ni le poste de député, ni celui de ministre, ni celui d'Adviser parce que j'ai une très haute estime de la fonction.

Revenons à vos fonctions en Angleterre.

(Un silence) Vous serez étonnée... monn asizé bez kas

J'ai bien entendu?

Oui, toultan koumsa. Ce poste n'a pas de budget. Vous ne pouvez rien créer. En Angleterre, il y a des organisateurs de soirées mauriciennes. Ils ont déjà leur logistique. Ils invitent Jean Claude Gaspard, X, Y, Z.

Qu'est-ce que le Cultural Coordinator de la haute commission peut faire ? Il n'a pas de budget. Mo koz ar zot, zot kamarad ar mwa, j'assiste à leurs soirées mais on ne peut pas y associer la Haute commission comme un sponsor parce qu'il n'y a pas de budget, pa donn nanié.

La seule chose positive que j'ai pu faire, c'est pour les élèves mauriciens de l'Imperial College à Londres. Ils sont venus voir la Haute commission deux fois.

Je leur ai dit, get sa, je suis un chanteur, j'ai des amis musiciens, donc on peut vous faire une animation séga typik, vous donner quelques drapeaux et des costumes de danseurs de séga. Li pa enn gran zafer, il suffisait d'y penser. Ils ont dansé le séga, moi j'ai chanté free of charge. C'est tout ce que j'ai pu faire.

Il y a aussi eu une soirée océan Indien au Commonwealth Secretariat. J'avais contacté des amis, des anciens membres du groupe Windblows, qui sont à Crowley. Ce dont je suis fier : mwa kinn fer lanbasad koné Crowley ekzisté, qu'il y a une communauté chagossienne qui vit à Crowley.

Bann la pa mem koné kot bann sagosien été. Bann fonksioner la péna nanié a fer avek Crowley, pourtant on se bat pour la souveraineté.

À vrai dire, c'est mon plus grand accomplissement - mais ce n'est pas la haute commission - c'est le Haut-commissaire, Mahen Cundasamy, et moi. J'ai aussi assisté aux funérailles de Charlésia Alexis. Mes parents étaient en vacances en Angleterre, mon père m'a accompagné aux funérailles.

J'ai dit aux Chagossiens qui venaient manifester devant la Haute commission à Londres : «Votre problème, c'est avec les Anglais, nou ousi nou pe lager kont anglé. Pa vinn fer tapaz la.»

J'ai chanté Zilwa sur l'album Fler lespwar. Ce n'est pas une de mes compositions. Sann la sé séki Charlesia inn montré mwa, à travers un ami qui s'appelle Kishore Mundil.

(Il recite les paroles) Dé fami dan enn lakaz/ Somaz fer ravaz/ Lamizer la kri. Aujourd'hui, on récuse le terme zilwa. Ces gens sont des Chagossiens. À cette époque-là, je ne le savais pas.

«Un député doit connaître le monde car son pays n'est pas isolé. Je n'ai pas ces capacités... »

Votre situation s'est-elle améliorée après ces sept ans en Angleterre?

Oui. Je suis parti grâce à Navin Ramgoolam. Mé monn konn pil dan lanez en attendant le train. Lipié pé glasé. Je n'avais pas de chaussures appropriées. Ici, on a posé une question au Parlement sur mon salaire. Je n'ai volé personne. Mo pann profit nanié.

Monn deal direk ar Navin Ramgoolam. Ce n'est pas parce que je suis le plus grand chanteur de Maurice. Il aime ma voix, il aime ma sincérité. J'ai déjà fait dix chansons pour le Parti travailliste pour les prochaines élections.

Certaines doivent être complétées, d'autres réactualisées. Li bizin ékout tou. (Il récite les paroles d'une chanson) Sou prémié rézim lanperer soley/ Brown sugar ti rant Moris/ Aster la lapay dité pa pé ganyé/Ladrog sintétik gagn partou. Ramgoolam a ses défauts, mé mo byin estim li antan ki enn gentleman.

Avant de partir pour l'Angleterre, vous étiez président de l'ex-MASA. Quel regard jetez-vous sur la communauté des artistes, récemment marquée par un appel au boycott des célébrations du 12 mars ?

On parle d'un stade musical. Li enn karé sa. Quand on avait proposé cela, au même moment, le ministère des Arts et de la culture a demandé à la MASA une contribution pour financer les célébrations de Divali. Un terrain avait déjà été identifié far from the madding crowd, à Moka. En contrepartie, on avait demandé le stade musical.

Qu'est-ce qui s'est passé?

Des gens plus intelligents que moi ont comploté. On n'est pas allé de l'avant.

Que faites-vous maintenant, en dehors de votre soutien aux rouges?

Je suis un bricoleur, un menuisier. J'étais un fonctionnaire, un clerk. J'ai pris ma retraite en 2004 à 51 ans. Mo ti fed up. (Il nous montre une pendule avec son prénom gravé dans du bois). C'est ça que je vais faire maintenant.

Ile Maurice

Condamné à 34 ans de prison - Peroomal Veeren bénéficie d'une remise de peine de cinq ans

L'information est confirmée par l'avoué Pazhany Rangasamy. Peroomal Veeren a… Plus »

Copyright © 2017 L'Express. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.