20 Mars 2017

Sénégal: Crise au sein de l'Alliance démocratique/Pencoo - Moussa Tine «débarqué» par Aliou sow et cie...

L'Alliance démocratique /Pencoo (Adp) réaffirme son ancrage dans la sous-coalition Benno Ak Tanor, par ricochet dans la mouvance présidentielle Bennoo Bokk Yaakaar (Bby). Cette information est du Secrétariat exécutif provisoire de ladite formation politique qui a dit par ailleurs avoir «débarqué» son président «provisoire» Moussa Tine, remplacé par Aliou Sow, le temps d'organiser un Congrès d'investiture dans 6 mois. Moussa Tine est accusé d'œuvrer pour la cause de Khalifa Sall, en contradiction avec les décisions du parti.

Décidément, la décision de rester ou de quitter la coalition présidentielle,* Bennoo Bokk Yaakaar ne finit pas de créer des querelles et des scissions au sein de beaucoup de formations politiques. L'Alliance démocratique/Pencoo (Adp) vient d'en faire les frais. Ledit parti traverse depuis un moment une crise interne. En effet, refusant de laisser le parti entre les mains du «président provisoire», Moussa Tine, accusé de ramer à contrecourant des décisions du parti, un secrétariat exécutif provisoire a été mis sur pied. Ainsi, Aliou Sow a été nommé, par ledit bureau provisoire, président provisoire, le temps d'organiser un Congrès dans 6 mois. Il a à ses cotés Mbaye Guèye, secrétaire national provisoire du parti, ancien chargé du volet Education et santé du parti. La nouvelle instance a réaffirmé par ailleurs son ancrage dans la sous-coalition Benno Ak Tanor, tout comme celle de la mouvance présidentielle, Bennoo Bokk Yaakaar, non sans annoncer son compagnonnage avec celle-ci aux prochaines législatives.

Sur les raisons du «débarquement» de leur président de parti, le Secrétaire national provisoire Mbaye Gueye rappelle que Moussa Tine a été nommé «provisoirement» à la tête du parti en novembre 2009, afin d'organiser un Congrès d'investiture dans 6 mois. Ce qui n'a pas été fait, selon lui, depuis lors. De l'avis du professeur de linguistique à l'Ucad, le président de l'Entente Cadak Car a depuis toujours «ramé à contrecourant des décisions du parti». Selon lui, Moussa Tine ne respectait pas la périodicité des réunions. Pis, il l'accuse de prendre les décisions de manière «verticale» et de tenir des propos «aigres doux» contre le régime actuel. Des actes qui ont, selon lui, poussé des frustrés à quitter le parti.

Ce qui a fait déborder le vase, explique toujours M. Mbaye, c'est le fait de dire que le parti est dans l'opposition et que non seulement il soutient le maire de Dakar, Khalifa Sall, mais aussi qu'il œuvre pour une coalition avec l'édile de la capitale pour les législatives du 30 juillet prochain. Sur ce point d'ailleurs, Mbaye Guèye révèle que leur camarade de parti a toujours œuvré pour le compte du maire socialiste de Dakar, «qui lui a donné le poste de Directeur de l'Entente Cadak Car». Des propos corroborés par l'actuel «président provisoire», Aliou Sow, qui a estimé que «Moussa Tine a trahi Pencoo». Il l'accuse même d'être un «Khalifiste» qui a joué à «l'hypocrisie». D'ailleurs, contrairement à ce que les gens pensent, «le parti n'a pas été crée par Moussa Tine, mais par d'anciens membres du Jëf Jël dont Moussa Tine», précise-t-il. Il informe, en outre, que des tractations de réconciliation pour laver le linge sale en famille avaient été initiées par de bonnes volontés en vain. Sur la suite réservée à la crise, l'actuel Secrétariat provisoire informe que pour le moment, c'est la procédure administrative qui est initiée.

LE CAMP DE MOUSSA TINE ENVISAGE UNE CITATION A COMPARAITRE

La réplique des proches du président de l'Alliance démocratique /Pencoo, Moussa Tine, ne s'est pas fait attendre. Contacté par nos soins, par rapport à la sortie du camp du président «provisoire» Aliou Sow, le «secrétaire exécutif national», Moussa Sow, a indiqué qu'il n'y a qu'une seule Alliance démocratique/Pencoo, dirigée par le président Moussa Tine. Donc, pour lui, il n'est pas question de «donner à ces gens une visibilité qu'ils n'ont pas». Il promet toutefois de leur «servir une citation directe pour qu'ils justifient de ce qu'ils sont en train de faire». Pour cause, M. Sow rappelle que la «bande à Aliou Sow» a refusé de déférer à toutes les convocations aux réunions, depuis mars 2014, suite au gel de toutes les structures du parti. Une décision qui, à son avis, fait suite à une tentative de fronde de la part des partisans d'Aliou Sow.

Le protégé de Moussa Tine accuse par ailleurs, dans cette affaire, une main du pouvoir en place. Pour Moussa Sow, «ça rentre dans la stratégie du président Macky Sall, qui n'est pas un démocrate». Mieux, il accuse Aliou Sow d'être un proche de l'homme d'affaires Cheikh Amar. Donc, pour lui, le régime actuel tente de saborder le parti Pencoo à l'image des autres formations politiques que sont «l'Afp, le Ps, et d'autres partis». Ce qui est, selon lui, peine perdue, dans la mesure où «les Sénégalais ont la démocratie dans le sang».

Par rapport à leur compagnonnage avec le maire de Dakar, Moussa Sow rappelle qu'elle date de 2014, alors qu'ils étaient tous dans Bennoo Bokk Yaakaar. «De fait, nous ne sommes plus dans Benno», assène-t-il. Parce qu'à son avis, Pencoo a été avec Khalifa Sall lors des locales de 2014 pour la ville de Dakar. Poursuivant, il rappelle que le parti a voté pour le "Non" au référendum dernier, et qu'il a été aux cotés de Khalifa Sall, lors du vote des membres du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct). «Aujourd'hui, rien ne présage d'un divorce entre Pencoo et le mouvement dirigé par Khalifa Sall. Au contraire», fait-il remarquer. Il indiquera par suite que de concert avec les autres membres du parti, il a été décidé de faire une liste commune avec Khalifa Sall aux prochaines législatives.

Sénégal

Y'en A Marre porte plainte contre l'Etat à la Cour de justice de la Cedeao

Le mouvement citoyen Y'en a marre ne se limitera plus à battre le macadam dans la rue, mais au besoin,… Plus »

Copyright © 2017 Sud Quotidien. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.