21 Mars 2017

Afrique: Le HCR s'inquiète du renvoi forcé de réfugiés nigérians par le Cameroun

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s'est dit préoccupé mardi par le renvoi forcé de centaines de réfugiés par le Cameroun vers le nord-est du Nigéria malgré la signature récente d'une accord tripartite visant à garantir le caractère volontaire du retour des réfugiés dans leur pays d'origine.

« Depuis le début de l'année, le Cameroun a renvoyé de force plus de 2.600 réfugiés dans les villages frontaliers nigérians », a déclaré un porte-parole du HCR, Babar Baloch, lors d'un point de presse à Genève. « Le HCR est particulièrement inquiet car ces retours forcés ont continué sans relâche après que les gouvernements du Nigéria et du Cameroun ont signé un accord tripartite avec le HCR à Yaoundé le 2 mars afin de faciliter le retour volontaire des réfugiés nigérians lorsque les conditions sont propices ».

Au Nigéria, les équipes du HCR ont enregistré des témoignages selon lesquels des troupes camerounaises ont renvoyé des réfugiés contre leur volonté, sans leur laisser le temps de rassembler leurs biens personnels.

Des réfugiés ont aussi été arrêtés lors d'une offensive militaire contre les insurgés de Boko Haram dans les montagnes de Mandara du côté camerounais de la frontière et ont été transportés par camions dans un camp pour déplacés à Banki, dans l'Etat nigérian de Borno.

Au milieu du chaos, des familles ont été séparées et des femmes ont été contraintes de laisser leurs jeunes enfants au Cameroun. Les rapatriés ont reçu de la nourriture et de l'eau distribués par des organisations humanitaires et sont maintenant installés dans le camp de Banki.

Le retour forcé de demandeurs d'asile et de réfugiés est considéré comme un refoulement et constitue une violation grave de la Convention de 1951 sur les réfugiés et de la Convention de l'Organisation de l'Union africaine (OUA) de 1969, toutes deux ratifiées par le Cameroun.

Tout en reconnaissant la générosité du gouvernement camerounais et des communautés locales qui accueillent plus de 85.000 réfugiés nigérians, le HCR a appelé le gouvernement camerounais à honorer ses obligations découlant des instruments internationaux et régionaux de protection des réfugiés, ainsi que du droit camerounais.

« Lors de récentes conversations avec le gouvernement camerounais, le HCR a exprimé sa profonde préoccupation au sujet des retours forcés de réfugiés et a demandé au gouvernement des assurances quant à son engagement envers l'accord tripartite. Nous espérons que les autorités camerounaises prendront les mesures nécessaires pour se conformer aux normes internationales relatives au droit d'asile et à la protection contre le refoulement », a déclaré Babar Baloch.

« La crise dans le bassin du lac Tchad a déplacé plus de 2,7 millions de personnes dont environ 200.000 réfugiés dans les pays voisins », a indiqué Babar Baloch. « Le HCR appelle les voisins du Nigéria à maintenir leurs frontières ouvertes pour permettre l'accès au territoire et aux procédures d'asile pour les personnes fuyant la crise en quête de sécurité. Le HCR continue également à surveiller la situation des réfugiés et des rapatriés des deux côtés de la frontière ».

Cameroun

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