4 Avril 2017

Nigeria: La consommation des boissons « bitters » pour de meilleures performances sexuelles, attention aux dangers !

Le lien entre l'ego masculin et l'érection masculine est bien connu. Ce que l'on ignore, c'est que la recherche de la performance sexuelle à tout prix peut nuire à la santé.

Dami Ajayi intervient avec une analyse des nombreuses pratiques locales auxquelles les hommes de Lagos ont recours dans la quête de leur satisfaction et de celle de leurs partenaires, lorsqu'ils se retrouvent, dans l'intimité, entre quatre murs.

Contrairement à l'opinion populaire, les hommes se font du souci en ce qui concerne la satisfaction sexuelle de leurs partenaires. Sinon, comment expliquer l'angoisse d'un homme qui commande furieusement à son membre de se lever alors que son amante, sans doute nue, l'attend patiemment dans l'autre chambre ? L'association de l'érection à l'ego est une tendance séculaire -- même les Yorubas ont un proverbe qui associe l'érection masculine à la capacité de persister face au trouble. Mais attentions aux boissons amères, les fameuses « bitters » !

Retour à la chambre. Aucun homme ne veut poser la question post-coït tant redoutée : comment c'était ? Ou encore l'autre plus incertaine : « tu as aimé ? » C'est peut-être parce que les impressions sur une bonne partie de plaisir s'expriment mieux à travers des signaux non verbaux.

Très souvent, il arrive qu'un homme engagé dans un marathon rencontre des difficultés avant d'atteindre la marque des 200 mètres. Il ressentira donc, dans le soupir de sa partenaire, un brin de déception. Résultat, la honte envahit le visage de l'homme, soit parce qu'il avait peut-être vanté ses prouesses, ou, pire, parce que c'est devenu une expérience régulière. Son orgasme devient quelque chose d'indésirable parce qu'il laisse sa partenaire sur sa faim.

Les choses tournent parfois mal quand les érections perdurent. À ce stade, ils doivent être envoyés chez les urologues, qui considèrent le priapisme comme une situation d'urgence grave

Et Docteur, en passant...

À l'hôpital, voici comment se déroulent les consultations concernant les problèmes sexuels : il y a beaucoup d'hésitation et de remplissage, peut-être parce que, en ce qui concerne le sexe, un problème partagé n'est pas forcément à moitié résolu. En fait, le partager c'est juste révéler votre secret le plus intime à un médecin. Même avec les jeunes couples les plus réfléchis, un médecin habile doit apprendre à aborder les antécédents sexuels en privé et à diriger prudemment les échanges à tour de rôle, et de façon bien mesurée.

Sur les questions sexuelles, les patients masculins ne vont chez le médecin que pour faire plaisir à leurs partenaires ou lorsqu'ils sont à court d'options. Les patientes de leur côté s'abstiennent généralement d'y aller. Si un médecin vient à poser des questions sur la vie sexuelle d'un patient, la réponse réflexe c'est « tout va bien ». Répéter la question pourrait même lui valoir un regard menaçant.

Bien sûr, il y a occasionnellement l'homme d'âge moyen dont l'hypertension ou le diabète nuit aux plaisirs de la chambre à coucher. Sa visite d'urgence chez le médecin est sans doute due à sa dysfonction érectile soudaine et progressivement dévastatrice.

Un homme de 60 ans est venu une fois à ma clinique avec une préoccupation des plus sincères au sujet de la panne érectile qui le terrassait depuis près de six derniers mois. Pas pour dire que sa femme post-ménopausée se plaignait du fait qu'ils n'entretiennent que très rarement des rapports sexuels -- mais juste qu'il voulait être sûr qu'il pourrait le faire en cas de besoin. Après avoir reçu des comprimés pour son hypertension et son diabète sucré au stade initial, il s'en est allé joyeux, avec l'espoir de retrouver sa gaule du matin une prochaine fois.

L'Alomo Bitters, qui est produit au Ghana, a montré la voie il y a quelques années (... ) On compte donc parmi les boissons amères les plus connues, Orijin Bitters, Opa Eyin, Ogidiga, Action Bitters, Edges Bitters, Osomo Bitters, Baby Oku et Agbara Bitters.

Du viagra pour apprivoiser la tigresse

Le citrate de sildénafil, généralement connu sous le nom de Viagra, était la solution par excellence des hommes face aux problèmes sexuels, en particulier chez les hommes vieillissants qui ne pouvaient pas maintenir l'accumulation du sang dans leurs parties inférieures. Le seul souci avec ce médicament, en plus du risque d'un malaise cardiaque, c'est d'avoir un minutage précis, vu qu'il doit être pris environ 30 minutes avant le coït. À part cela, le citrate de sildénafil devient un médicament merveilleux pour maintenir les choses au beau fixe dans la chambre des vieillissants.

Même de jeunes hommes sans problèmes évidents dans ce domaine dopent parfois leurs performances avec « un peu de bleu ». Mais les choses tournent parfois mal quand les érections perdurent. À ce stade, ils doivent être envoyés chez les urologues, qui considèrent le priapisme comme une situation d'urgence grave.

Rendez-vous à la pharmacie locale

Mais, à Lagos, ils sont peu à se fier aux promesses d'une pilule bleue venue de l'étranger. Ils sont encore nombreux à croire en la civilisation précoloniale et aux pratiques médicinales de nos ancêtres. Cette vision des choses se matérialise expressément dans une rue typique de Lagos : les vendeuses ambulantes portant sur leurs têtes un bassin rempli de différentes essences dans des bouteilles en plastique. Certaines ont même des magasins en plein air, toujours à proximité d'un garage rempli d'hommes œuvrant dans le domaine des transports routiers.

Au même titre que les aphrodisiaques locaux, il existe des boissons à la popularité répandue, fabriquées à base de plantes et qui promettent d'améliorer les performances sexuelles. L'Alomo Bitters, qui est produit au Ghana, a montré la voie il y a quelques années, mais son monopole n'est plus qu'une histoire ancienne. Et on compte donc parmi les boissons amères les plus connues, Orijin Bitters, Opa Eyin, Ogidiga, Action Bitters, Edges Bitters, Osomo Bitters, Baby Oku et Agbara Bitters.

D'un côté, vous avez les consommateurs locaux qui trouvent les bitters revigorants en ce qui concerne le physique et satisfaisants en ce qui concerne le sexe. De l'autre, vous avez les médecins qui sont convaincus que ces boissons sont mauvaises pour la santé.

Comme l'on pouvait s'y attendre, la culture populaire a elle aussi embrassé cette tendance. Il n'y a pas si longtemps, une vidéo virale d'une jeune femme charismatique exerçant dans le domaine du commerce des boissons amères circulait sur les médias sociaux. Cette dernière avait les noms les plus inspirés pour ses mélanges. Dans sa courte interview, elle a valorisé le pénis, utilisant la métaphore plutôt inhabituelle du lavage de voitures pour décrire les bienfaits du pénis pour le vagin, avant d'attirer l'attention sur ses mélanges, dont les plus célèbres étaient le Sobotone et le Pokriyon. Un sondage auprès de quelques-uns de ses clients a révélé leur satisfaction à l'égard de sa pharmacie locale. En général, ils utilisent rarement ces mélanges pour autre chose que la purification du corps et l'amélioration des performances sexuelles.

Une source de préoccupation

Il existe cependant une préoccupation persistante au sujet de ces pharmacies locales et de leurs mélanges. Certains hôpitaux tertiaires ont déclaré des cas d'insuffisance -- habituellement rénale et hépatique -- associés à la consommation de ces mélanges. Même si le contenu de ces derniers ne relève pas vraiment du mystère, leurs ingrédients réels et propriétés pharmacologiques restent inconnus.

En vérité, il existe deux courants de pensée. D'un côté, vous avez les consommateurs locaux qui trouvent les bitters revigorants en ce qui concerne le physique et satisfaisants en ce qui concerne le sexe. De l'autre, vous avez les médecins qui sont convaincus de ce que ces boissons sont mauvaises pour la santé.

Il est clair que le désir d'une performance sexuelle satisfaisante est perçu comme un droit humain fondamental que les hommes poursuivent sans relâche, parfois en dépit du danger que présentent les « solutions » auxquelles ils ont recours. Et les chansons populaires à la gloire de « ces bitters » n'aident certainement pas à sensibiliser les uns et les autres sur les dangers potentiels qu'ils présentent.

Nigeria

Aiteo nouveau sponsor titre des CAF Awards

Le géant nigérian du secteur énergétique, Aiteo, un des leaders du continent africain dans… Plus »

Copyright © 2017 This is Africa. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.