10 Avril 2017

Cameroun: Serge Eteki Eloundou « Il faut des assises nationales de l'innovation pour que le pays soit émergent »

Ainsi s'est exprimé jeudi dernier à Yaoundé, l'économiste et expert en gouvernance et développement économique, chargé d'Etudes assistant au ministère de la Recherche scientifique et de l'Innovation (Minresi). C'était lors de la 3ème édition de la « Tribune des sciences » tenue à l'université agricole de management et de métiers de la production (Uammp).

Le 06 avril 2017, l'Uammp de Yaoundé, a abrité les Journées entrepreneuriales jeunes. Les débats, avaient pour fil d'ariane, « Performances du système camerounais d'innovation : impact sur la compétitivité de l'économie nationale ».

Pour cette session d'avril 2017 de La Tribune des sciences qui a vu des étudiants de niveau I de l'Uammp présenter leurs projets agricoles et agroalimentaires, via son centre d'incubation, le système national d'innovation (Sni), a été passé au scanner.

Hôte de marque de ce numéro de La Tribune des sciences, Serge Eteki Eloundou, par ailleurs chercheur - enseignant et écrivain, avec une audace peu commune aux fonctionnaires d'Etat, a passé au scanner, le Sni du Cameroun.

Pour l'économiste, le Sni du Cameroun, compromet son ambition de devenir émergent en 2035. « L'innovation est au cœur du développement, et est une arme qui permet de se regarder en face », a-t-il argué d'entrée de jeu.

A en croire Serge Eteki Eloundou, le Cameroun qui déjà ne dispose pas d'une stratégie d'innovation, ne met pas l'accent sur la recherche sensée lui apporter le développement « La recherche

publique et universitaire ne peut pas impulser le développement. Elle permet seulement aux gens d'accéder aux grades universitaires et aux strapontins administratifs.

A l'instar de la Suisse, du Danemark et autres qui sont devenus des paradis où il fait bon vivre, la recherche est plutôt orientée vers les entreprises, le secteur privé », dira-t-il, avant de citer des pays-apprentis de l'innovation comme le Kenya, l'Afrique du Sud, l'Ile Maurice, le Maroc, le Sénégal qui selon lui, sont devenus prospères.

Serge Eteki Eloundou poursuit qu'il y a une corrélation entre innovation et développement. « Le Cameroun a pourtant le potentiel y afférent, mais il y a absence de politique nationale, de stratégie de recherche et de cadre réglementaire ».

Et pour pallier cette insuffisance, le chargé d'Etudes assistant au Minresi, propose des Assises nationales de l'innovation. Une grand'messe scientifique qui selon lui, devrait regrouper au moins 800 chercheurs, afin d'avoir toutes les sensibilités.

Entre autres goulots d'étranglement dénoncés par Serge Eloundou Eteki, le trop grand nombre de structures publiques dédiées à la recherche, ainsi que leur manque de cohésion. « Le Cameroun se doit aussi d'intégrer la culture de l'innovation dans ses habitudes.

Et cela, passe par la tenue d'activités qui amènent les populations à s'imprégner de cette culture. D'autre part, des partenariats doivent être noués entre les instituts de recherche, les universités et les entreprises, pour une vulgarisation rapide et une exploitation efficace des résultats de recherche », a-t-il proposé.

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