11 Avril 2017

Afrique du Sud: Zones d'ombre autour du projet nucléaire sud-africain

La possible relance du plan nucléaire agite l'Afrique du Sud. Le projet devrait coûter environ 73 milliards d'euros, dans un pays aux finances exsangues, d'autant que les irrégularités ne manquent pas dans le dossier.

Le remaniement ministériel, décidé il y a deux semaines par le président sud-africain Jacob Zuma, a crée une vague de choc qui n'est pas encore prêt de s'atténuer. Le bruit court au sein de la population que la première cible de ce remaniement, le ministre des finances Pravin Gordhan aurait été évincé pour permettre au gouvernement de Jacob Zuma de signer un contrat avec le géant du nucléaire russe Rosatom, pour la construction de réacteurs.

Gordhan était en effet le principal opposant au programme nucléaire civil. Le gouvernement dément avoir signé quoique ce soit. Sans réussir à écarter les soupçons de corruption.

"Je pense que s'ils cherchent tant à accélérer le processus, c'est parce qu'il y a des jeux troubles. C'est sûr qu'il y a des organisations, et particulièrement l'entreprise russe Rosatom qui amasseront d'énormes sommes d'argent s'ils gagnent le marché. Ils essaient de forcer la main du gouvernement et les Sud-Africains pensent qu'à cet effet, ils ont soudoyé certains de ses membres", estime Harmut Winkler, professeur de physique à l'université de Johannesburg.

Eskom, la société nationale d'électricité, informe que de nombreuses compagnies, de Chine, de France de Corée du Sud et de Russie, auraient manifesté leur intérêt pour la construction des réacteurs. Une organisation partenaire d'Eskom a même prétendu récemment que Rosatom n'était plus favorite.

Opposée au projet, l'organisation environnementale Earthlife Africa a décidé de recourir à la justice pour y voir plus clair, ce qu'explique l'activiste Makoma Lekalakala:

"Ce projet est devenu urgent pour le gouvernement parce qu'ils ont déjà passé un marché avec Rosatom. Un marché qui a été signé secrètement... Il y a violation de l'essence de la constitution puisque le principe de transparence n'est pas respecté et qu'il n'y a pas de consultations démocratiques"

Avec pour principaux perdants, les contribuables sud-africains qui pourraient voir le prix de l'électricité augmenter. Et les producteurs d'énergies renouvelables, éoliennes ou solaires. Eskom a annoncé dimanche un ralentissement des investissements, faute de fonds suffisants.

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