16 Avril 2017

Afrique: Stanislas Kamanzi, ambassadeur du Rwanda à Conakry - «La France a joué un rôle dans le génocide rwandais»

La communauté rwandaise vivant en Guinée a commémoré, samedi 15 avril, l'an 23 du génocide contre les tutsis dans les années 1994. Une marche, allant du Pont 8 novembre au Palais du peuple, a été organisée à cet effet en présence des membres du gouvernement guinéen, des institutions nationales et internationales et des représentations diplomatiques.

Une centaine des personnes ont pris part à la marche commémorative. Certaines munies des pancartes sur lesquelles sont écrits: «combattons l'idéologie du génocide», « plus jamais ça», « justice aux victimes», «fortifions notre progrès». Des slogans en rapport avec le thème retenu cette année «Mémoire du génocide contre les tutsis».

Cette commémoration, introduit l'ambassadeur rwandais en Guinée Stanislas Kamanzi est "un droit important" et "un devoir de mémoire capital" que le Rwanda et toute la communauté internationale doivent observer à plus d'un titre. «C'est une opportunité de rendre hommage aux victimes de la tragédie du génocide et en même cette opportunité pour les rwandais et le reste de la communauté internationale de réfléchir sur les moyens à mettre en œuvre pour s'assurer que cette tragédie ne se reproduise plus. C'est également une opportunité de méditer d'un avenir meilleur. Nous allons commémorer le génocide parce que c'est un fait historique pour nous».

Ce génocide, avec plus d'un million des personnes massacrées en 100 jours en 1994, a eu comme facteur principal, l'ethnicisation de la société rwandaise par "le maitre colonial". L'ambassadeur prétend que c'est le colon qui, après avoir désarticulé l'organisation de la société, a transmis le pouvoir à un groupe ethnique majoritaire (Hutu) afin de concrétiser l'élimination de la minorité tutsi. «Donc, la fin des années 60 a été la première étape de la matérialisation du développement de l'idéologie du génocide. C'est en ce moment, que les tutsis ont commencé à être expulsés du pays et expoliés de leurs biens. Il est arrivé que les tutsis changent leurs noms pour aller à l'école. Certains ont été obligés d'aller dans d'autres pays pour étudier».

Le rôle de la France

Le rôle de la France dans ce génocide, selon le diplomate, se situe dans la formation et l'entrainement de certains miliciens qui se sont illustrés par leur cruauté en 1994. «Le gouvernement français a eu un rôle à jouer dans la perpétration du génocide au Rwanda. A commencer par les dirigeants politiques qui étaient en place. C'était le président Giscard d'Estain qui était aux affaires avec comme premier ministre Edouard Balladur et ministre des affaires étrangères Alain Juppé. Si vous vous referez à leurs propos pendant cette période, il n'y a pas d'équivoque quoique ce soit par rapport à la position qu'ils avaient. Le président Giscard disait qu'un génocide commis au Rwanda c'est comme si de rien était. Alain Juppé avait un engouement à faciliter aux dirigeants rwandais à l'époque au niveau des Nations unies et d'autres pays. Sur le terrain, il y avait des barrages qui étaient tenus par des militaires français. Les armes que les miliciens utilisées également on connait leur provenance. Il y a eu même des témoignages de ces hommes en uniformes. Il y en a qui ont écrit des livres. Ce sont des faits qui sont définis».

Du côté du Rwanda, indique l'ambassadeur Kamanzi, «on a des regrets que la France qui se réclame le pays des droits de l'homme ne reconnaisse pas ses bavures et fautes dans la perpétration du génocide. Par contre, on a assisté à des tendances de sabordages des efforts du Rwanda au niveau national et international. Mais, les portes restent ouvertes. On espère qu'avec le temps, la raison va prévaloir».

Toutefois, le diplomate souligne quelque part la responsabilité des rwandais eux-mêmes. «Au tant qu'il y a eu la responsabilité des dirigeants des grandes puissances, mais il y a eu les rwandais eux-mêmes. Pendant la perpétration du génocide on a eu des situations telles qu'un voisin tuer son voisin immédiat, un collègue de classe tuer son condisciple, un prisonnier tuer son compagnon d'infortune en prison».

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