18 Avril 2017

Cameroun: Ces curiosités qui désespèrent le peuple

Il y a des choses curieuses qui étonnent le petit peuple et qui, probablement, le désespére de voir sa situation changer durablement. Il y a d'abord cette pratique de la session du parlement des jeunes. Une curiosité bien camerounaise qui détonne et étonne en même temps.

En raison de l'absence certaine de base légale. Nous avons lu et relu les lois qui régissent l'assemblée nationale et l'activité des députés, nous n'avons pas trouvé une seule ligne qui dispose sur le parlement des jeunes.

Nous avons cependant compris qu'étant également un service public, l'assemblée nationale comprend une administration générale qui, comme toutes les administrations générales, exerce des activités internes ordinaires ou spécifiques. Une sorte de "cuisine interne". Le parlement des jeunes serait donc une affaire de cuisine interne.

Une activité interne spécifique. Dès lors, comment expliquer la présence des membres du gouvernement à une activité interne de l'administration de l'assemblée nationale? Comment expliquer et convaincre, dans un contexte de séparation pouvoirs, la présence des membres du gouvernement devant ces élus d'un genre nouveau?

Comment l'expliquer, enfin, quand on sait que la loi encadre strictement et sévèrement les interventions des ministres devant le parlement notamment à l'assemblée nationale. Sauf à considérer que ce qui n'est pas interdit par la loi est autorisé. Mais tout de même!

A cette occasion, nous avons vu des jeunes camerounais des deux sexes, de toutes origines arborant l'écharpe tricolore, poser des questions à des membres de l'exécutif, en dehors d'une session régulièrement convoquée. Sans qu'on puisse justifier suffisamment, irréfutablement et indiscutablement la légalité de ce parlement

dit des jeunes. Comment ces jeunes ont-ils été élus? Quand cette élection a-t-elle eu lieu? Nous n'avons pas encore obtenu la réponse à ces questions au demeurant légitimes. Le plus affligeant est que les ministres interpellés ont répondu aux questions posées!

L'autre curiosité nous est inspirée par la notion de travail en équipe. Les dernières frasques autour de l'équipe nationale de football à Bruxelles d'une part, et surtout le comble atteint par le tonnerre et le canon de Yaoundé d'autre part illustrent bien la conception camerounaise du travail en équipe.

L'histoire des Lions indomptables qui ont perdu le match amical contre la Guinée en Belgique il y a quelques semaines, faute de déjuener, est quand même étonnante et désespérante.

Il a suffit qu'un responsable administratif ne joue pas son rôle pour que toute l'équipe perde un match amical et une partie de son honneur de champion d'Afrique.

La défaillance d'un administratif met ainsi en péril tout le capital de solidarité, d'unité et de cohésion accumulé à la dernière coupe d'Afrique des Nations, où une bonne équipe camerounaise, sans vedette et presque sans nom, au départ, à gagné le trophée le plus convoité en Afrique.

Bâtir une équipe est donc si difficile! Les cas "tonnerre" et "canon", tous de Yaoundé, illustrent le chaos qui peut s'installer dans une organisation où l'esprit d'équipe a "foutu le camp".

Et l'on comprend mieux les problèmes auxquels peut être confronté un président de la République dans la conduite des affaires du pays.

Lui à qui le peuple confie son destin pour un ou plusieurs mandats, en lui assignant entre autres charges, la mission de constituer une équipe gouvernementale cohérente, solidaire, efficace, compétente, proche du peuple, soucieuse de l'intérêt général, responsable, prête à servir et capable de le faire.

Nous savons tous les résultats obtenus dans ce domaine depuis le 06 novembre1982. Quelle timidité parfois! Quelle manque de cohésion souvent! Quelle manque d'hardiesse aussi! Et que dire, lorsqu'elle a manqué de flamboyance ou de loyauté? Que dire encore, lorsqu'elle a péché par négligence?

Qui a dit que dans une équipe gouvernementale, seul le chef doit tout dire, tout autoriser, tout inspirer et tout réaliser? Qui a dit que le chef d'équipe est responsable de tout y compris du traintrain quotidien?

Qui a dit que servir c'est exposer, y compris sur les moindres choses au demeurant anondines, le chef d'équipe?

Pourquoi faut-il que le chef d'équipe rappelle tout le temps à chaque membre de l'équipe son rôle dans l'équipe? Qui peut imaginer un entraineur rappelant à chaque match à un attaquant que son rôle est de marquer des buts dans le camp adverse?

Assurément, c'est le rôle du chef d'équipe. Mais que faire lorsque les membres de l'équipe y compris les plu talentueux ne suivent pas? Sachant que le vrai rôle du chef d'équipe est de prendre dan l'équipe les meilleurs talents du moment.

Malgré les dipositions qui sont donc prises pour que le travail soit efficient, efficace et économique, le peuple continue d'attendre, lassement des décisions et des actes contenus dans des mètres cubes de parapheurs qui s'amoncellent dans les cabinets, attendant, nous dit-on, des instructions de la Très Haute Hiérarchie ou PR.

Pourtant, que de moyens légaux et règlementaires a-t-on donné aux uns et aux autres! Que de moyens budgétaires ont été affectés d'un exercice à l'autre! Que ressources humaines ont été déployées pour que ça marche!

Pourquoi l'impression fâcheuse que rien n'est fait persiste-t-elle? L'inertie, la corruption et le corporatisme seraient-ils donc plus forts qu'on ne pensent? Ces fléaux seraient-ils plus forts que la République?

Le corporatisme est la troisième et dernière curiosité qui désespère le peuple camerounais. Tous ceux qui s'intéressent au secteur public au Cameroun savent qu'il est en sous effectif, anormalement tentaculaire, inerte, fortement centralisé, écartelé entre la volonté politique de satisfaire les populations et la difficulté réelle de servir.

Le secteur public manque également de ressources de capacité, surtout dans les services déconcentrés. Il est également gangréné par la corruption et le corporatisme. Le corporatisme est ce fléau qui bloque depuis de nombreuses années toute évolution statutaire de la fonction publique. Le corporatisme est l'exaltation extrême des vertus d'un corps.

Il est donc essentiellement une doctrine clivante. Depuis 1975, les statuts particuliers de certains corps sont restés tels quels! La constitution de 1972, qui est le texte de droit le plus rigide de l'Etat a été modifiée six fois déjà! Et ce n'est pas fini.

Il se dit à tort ou à raison qu'il faut encore la modifier avant l'élection de 2018! Savez-vous que depuis 1975, les statuts particuliers des principaux corps des fonctionnaires sont restés quasiment inchangés,malgré leur visible étroitesse et leur incapacité à apporter des réponses au désir d'épanouissement des personnels d'une part, et de modernisation des services d'autre part?

C'est probablement pour cette raison que l'harminsation de l'âge de départ à la retraite est un dossier compliqué, alors que la simple logique commande cette harmonisation. Il en est de même pour l'harmonisation des salaires.

Tenez!

Dans le secteur public, on va à la retraite à 50 ans, à 55 ans, à 60 ans, et à 65 ans et 69 ans(si contrat biennal renouvelable une fois avec une université d'Etat).

Savez-vous que dans le secteur public, on applique actuellement quatre grilles salariales selon qu'on sert dans un ministère, dans une commune, dans un établissement public administratif, dans une société d'économie mixte ou dans une ambassade?

Les effets pervers de ces particularismes règlementaires sont désastreux sur le mental des personnels. Souhaitons que le Cameroun, un jour, s'en relève!

Cameroun

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