18 Avril 2017

Burkina Faso: Un soldat français accusé de pédophilie - Souillure à Ouaga, jugement à Paris

Photo: Rfi
Intervention de Barkhane au profit des victimes

Il devait avoir la braguette aussi facile que la gâchette, mais le soldat Sébastien L s'est pourtant tiré une balle dans le pied. Depuis hier en effet, le militaire des forces spéciales françaises comparait devant le tribunal correctionnel de Paris où il est poursuivi pour attouchements sexuels sur des mineurs et enregistrement d'images à caractère pornographique.

Nous sommes le 28 juin 2015 dans un hôtel de Ouagadougou, l'accusé et un de ses camarades, deux des quelque 200 éléments de l'opération Barkhane basés au Burkina, lézardent au bord de la piscine. Rencontre avec une expatriée française venue se détendre avec sa fille de 3 ans et une autre fillette de 5 ans.

Ils sympathisent, passent la journée ensemble, le prévenu passant la plupart du temps à jouer avec les enfants dans la piscine.

La Française les convie ensuite à manger des crêpes chez elle. Elle finira par leur demander de partir après l'avoir surpris plusieurs fois dans la chambre de sa fille où il avait prétexté la consoler d'un cauchemar.

Ce n'est que le lendemain que la mère découvre que l'un des deux hommes a oublié une caméra portative. Elle visionne les images et découvre des scènes filmées sous l'eau où l'on voit des attouchements sexuels sur chacune des fillettes.

Elle se rend alors à l'ambassade de France pour y dénoncer les faits. Les deux soldats sont immédiatement suspendus et rapatriés en France avec l'accord de nos autorités. Rapidement mis hors de cause, le second soldat n'a pas été inquiété.

Mais comme c'est souvent le cas, quasiment pris la main dans le sac, ou plutôt sous la jupette, celui qui voulait tirer sur tout ce qui bouge, a d'abord nié les faits avant d'être confondu par l'enregistrement fait dans la piscine. Pour ainsi dire piégé par lui-même, il a sauté sur une mine numérique qu'il avait égarée.

Il faut déjà se réjouir du fait que le soldat lubrique soit traîné à la barre où il risque une peine d'emprisonnement de 10 ans.

Mais on ne peut que regretter avec Ben Ouédraogo, le père d'une des deux fillettes, l'exfiltration expresse dont les deux hommes avaient bénéficié, alors que la justice burkinabè aurait tout aussi bien pu se saisir de l'affaire.

Ainsi, l'amateur de petites filles aurait goûté aux rigueurs de la Maison d'arrêt et de correction de Ouagadougou, au lieu, comme il l'a fait hier, de comparaitre libre.

Cette malheureuse affaire vient nous rappeler que sous le couvert de missions humanitaires, de maintien de la paix ou de lutte contre le terrorisme, certains militaires ne sont que de vulgaires touristes sexuels, des prédateurs à la recherche de proies faciles.

Il n'y a pas pire manière de souiller ce treillis qu'on respecte tant, mais sous lequel se cachent parfois des monstres déviants.

Alors il faut espérer que les juges de Paris sortiront l'artillerie lourde contre ce militaire indigne.

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