19 Avril 2017

Madagascar: Affaire Claudine Razaimamonjy - Six ministres dans la tourmente

Un remaniement gouvernemental est de mise pour redorer l'image du régime. L'affaire Claudine Razaimamonjy continue de défrayer la chronique. Ce feuilleton commence à prendre une dimension internationale. Pas plus tard que le week-end dernier, ce fut au tour du leader de l'opposition mauricienne, Paul Bérenger de demander des comptes à l'Exécutif de l'île sœur pour avoir accepté l'accueil d'une personnalité frappée par une double interdiction de sortie du territoire.

Du côté du gouvernement malgache, six ministres sont dans la tourmente par rapport à cette « évasion organisée ». En tout cas, ils ne peuvent pas dégager leur responsabilité. En tête de liste se trouve le Premier ministre et non moins ministre en charge de l'Intérieur et de la Décentralisation, Mahafaly Olivier Solonandrasana.

Le chef du gouvernement est particulièrement pointé du doigt en tant que signataire des subventions exceptionnelles de plusieurs milliards d'Ariary octroyées à une trentaine de communes dont Ambohimahamasina, Ialananindro et Mahasoabe.

D'ailleurs, lors de son arrestation au Palais des Sports et de la Culture de Mahamasina, Claudine Razaimamonjy a demandé à ses proches d'appeler le locataire de Mahazoarivo pour solliciter une « intervention ».

« Orthodoxie financière ». Jouant la politique de la discrétion, le ministre des Finances et du Budget Gervais Rakotoarimanana a aussi sa part de responsabilité dans cette affaire. En tant que premier responsable de la gestion des deniers publics en général et des marchés publics en particulier, il n'a pas fait montre de vigilance.

Pour faire respecter la bonne gouvernance, son staff doit faire preuve de rigueur dans le contrôle et suivi de l'utilisation de l'argent public. Pourtant, le Grand argentier est connu par son slogan : « Rigueur, transparence, orthodoxie financière ».

Le ministre de la Justice, Charles Andriamiseza risque, lui aussi son « seza » dans cette histoire. Le Garde des Sceaux a convoqué la presse tard dans la nuit du 5, à 23 heures, pour jouer le rôle de l'avocat de Claudine Razaimamonjy.

A l'occasion, le numéro Un du ministère public n'a pas hésité à réclamer t la libération immédiate de la conseillère spéciale auprès de la Présidence de la République.

Inculpée de détournement de deniers publics et de blanchiment d'argent. Par ailleurs, des témoins affirment que le ministre de la Justice a été présent à l'hôpital HJRA dans la nuit du 10 avril, lorsque Claudine Razaimamonjy a quitté en catimini le service des urgences pour s'envoler vers l'île Maurice.

Descente nocturne. Les mêmes accusations sont aussi portées contre le ministre de la Santé publique, Mamy Lalatiana Andriamanarivo qui a également été présent lors de cette descente nocturne d'une délégation gouvernementale à l'HJRA. Son implication dans cette EVASAN n'est pas à écarter. L'efficacité du ministre de la Sécurité intérieure risque également d'être remise en cause.

Nommé à ce poste au début du mois de mars, le Contrôleur Général de Police Andrianisa Mamy Jean Jacques est particulièrement pointé du doigt pour avoir autorisé l' « exfiltration » d'une personne faisant l'objet d'une double interdiction de sortie du territoire.

D'ailleurs, considéré comme celui qui allait redorer l'image de la Police nationale après le départ de l'ancien ministre, Anandra Norbert, le nouveau patron de la Sécurité intérieure n'a pour le moment pas réussi à faire la lumière sur l'affaire Antsakabary où une quarantaine de policiers sont accusés d'avoir incendié 487 maisons d'habitation. Autorisation de vol.

Le ministre des Transports et de la Météorologie, Benjamina Ramanantsoa est aussi sur la sellette pour avoir donné une autorisation de vol au jet privé immatriculé « 5R-AAH » de la Compagnie Madagascar Transport Aérien (MTA). En tout cas, cette liste de membres du gouvernement dans la tourmente n'est pas exhaustive. D'autres ministres sont également sur la sellette.

Pour ne citer que le cas du ministre de la Jeunesse et Sports Andriamosarisoa Jean Anicet qui est connu comme étant « très proche » de Claudine Razaimamonjy.

Des questions se posent notamment sur le financement et l'octroi des marchés publics lors de la réhabilitation du stade d'Ampasambazaha. Pour redorer l'image du régime et pour regagner la confiance des bailleurs de fonds, le président Hery Rajaonarimampianina devrait procéder à un remaniement gouvernemental et sanctionner tous ceux qui sont impliqués de près ou de loin à cette affaire.

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