18 Avril 2017

Tchad: Pression sur les libertés publiques

Trois acteurs de la société civile sont toujours détenus en lieux inconnus. Les autorités promettent de les déférer devant la justice.

Au Tchad, les acteurs de la société civile dénoncent un acharnement du pouvoir contre les organisations indépendantes. Certains des leaders ont été arrêtés, détenus dans des lieux inconnus, d'autres vivent dans la clandestinité.

C'est un simple appel au port du rouge qui a attiré à ces acteurs, les foudres des autorités tchadiennes, selon Dobian Assingar, représentant de la FIDH en Afrique centrale.

Après Nadjo Kaina du mouvement citoyen "Iyina", enlevé le 6 avril au lendemain de la mobilisation contre la mauvaise gouvernance dans le pays, trois autres activistes dont Bertrand Sollo du mouvement "Tournons la page" et Dingamnayel Nelly Versinis, du "mouvement contre la vie chère" ont été interpellés et détenus dans des endroits tenus secrets. Selon Dobian Assingar, il s'agit d'une descente aux enfers: «C'est une avalanche qui ne finit pas.

L'étau s'est resserré autour des défenseurs des droits de l'homme. Et on a l'impression que le Tchad a reculé de plus de vingt cinq ans, de trente ans.... comme au temps de Hissène Habré, ou la DDS sévissait sans que personne ne puisse parler ».

La promesse du ministre de la justice

Dobian Assingar déplore, en outre, que ces acteurs de la société civile n'aient pas encore été déférés devant la justice, alors que certains sont détenus depuis plus d'une semaine. De son côté, le ministre de la justice et des droits de l'homme affirme n'avoir pas été au courant de ces enlèvements.

Le ministre Mahamat Ahmat Hassane promet de se pencher sur ce dossier, mais il estime que les activistes ont pu être arrêtés pour avoir organisé un rassemblement illégal: « la Constitution leur donne le droit de manifester, mais nous avons des lois de 1961 - qui ne sont pas encore abrogées. Selon la Constitution le droit de manifester s'exerce selon les conditions définies par la loi. Et pour le moment, la loi de 1961, conditionne une autorisation préalable du ministère de l'intérieur ».

D'autres activistes ont subi les foudres du pouvoir tchadien. Parmi eux, Daniel Ngajadoum journaliste tchadien enlevé le mois dernier pour avoir publié un article incitant à la révolte.

Il a été relâché après avoir été torturé par des éléments de l'ANS, l'Agence nationale de sécurité, comme l'avait déclaré Daniel Ngajadoum à la DW.

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