19 Avril 2017

Burkina Faso: Grogne pour services mal payés - «Cette affaire doit être réglée le plus vite possible, sinon... » (Soumaïla Ouédraogo)

Photo: fasozine
Les policiers burkinabé

Le lendemain du sit-in des éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS), nous avons fait le tour de quelques établissements privés dans le but de constater la reprise ou non du service de sécurisation. Si au Splendid Hotel l'absence des policiers est perceptible depuis un mois, selon un agent privé de sécurité, à Bravia Hotel ou au Sopatel Silmandé, les dispositifs de sécurité venaient d'être levés.

Dans cette dernière infrastructure hôtelière, le responsable à la sécurité, Soumaïla Ouédraogo, a émis un souhait : «Cette affaire doit être réglée le plus vite possible, sinon elle risque de porter un coup à l'économie nationale.»

10h30 : Nous sommes au Splendid Hotel, dont la devanture manque cruellement de voitures depuis un certain 15 janvier. En lieu et place des policiers, des agents d'une compagnie de sécurité privée. «Les policiers ne viennent plus depuis un mois.

Nous avons appris que leur contrat est fini et que ça doit être renouvelé avant qu'ils ne reprennent», nous fait savoir un agent, fusil en main. Il a dit que l'absence constatée n'est pas due au sit-in de la veille.

Celui-ci n'avait pas fini de s'exprimer qu'un cargo de policiers débouchant du côté de Taxi brousse se fait remarquer par des coups de klaxon.

Notre interlocuteur ne pouvant en dire plus, nous nous dirigeons dans la foulée vers Bravia Hotel. «Je suis arrivé au service à 6h et des policiers étaient déjà là. Mais ils viennent de repartir, il y a moins de 15 minutes, à bord de leur véhicule», nous confie un vigile les bras croisés.

Il n'a pas une idée exacte de leur nombre, mais les estime à une dizaine. Le cap est mis ensuite sur Sopatel Silmandé, dont l'entrée, jadis gardée par des policiers, l'est à présent par des vigiles d'une société privée. Après que nous avons décliné l'objet de notre présence, nous sommes conduit chez « le boss » de la sécurité des lieux.

Devant son écran large qui lui donne une vue sur différents coins et recoins de l'infrastructure hôtelière, Soumaïla Ouédraogo nous apprend que la sécurité de l'hôtel est assurée conjointement par des éléments de la Brigade anticriminalité et de la structure évoquée plus haut. «La BAC est venue ici après l'attaque du Radisson Blu à Bamako», déclare-t-il.

Et de préciser que c'est vers 10h40 que le dispositif la police, présent sur les lieux dans la nuit, a été levé. Il dit avoir reçu un coup de fil d'un officier lui disant qu'il était préférable que les éléments de la BAC replient, pour des raisons de sécurité aussi.

«J'ai dû faire un remaniement rapidement», ajoute-t-il. Son avis sur cette question des services payés est le suivant : «Je pense que cette affaire doit être réglée le plus vite possible ; les banques, ce sont des salariés qui y vont, dans les hôtels on a des gens qui viennent de partout, et s'il y a beaucoup de bruit autour de cela, il ne serait pas étonnant que des clients téléphonent pour annuler leurs réservations.

Cette affaire peut donc porter un coup à l'économie nationale». Parlant des terroristes, il utilise cette métaphore : «Un voleur est tenté d'aller là où le chien de garde est ailleurs.»

Plus tôt, une source au commissariat central nous faisait état de ce qu'ils ont refusé de regagner les banques qu'ils devaient sécuriser et ont été redéployés à des carrefours ou pour assurer des patrouilles ; chose qu'ils ne refuseraient point.

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