20 Avril 2017

Congo-Kinshasa: Feu vert !

opinion

Plus personne ne sait comprendre ce qui se passe dans la classe politique congolaise. Le 5 avril, dans son discours sur l'état de la nation, le Chef de l'Etat, Joseph Kabila, avait annoncé avec pompe la nomination du Premier ministre dans les 48 heures à venir, ce qu'il a réalisé le 7 qui a suivi, en nommant Bruno Tshibala.

Puis, c'est le suspense total. L'on se demande pourquoi la formation de l'équipe gouvernementale traîne, alors que les consultations menées par ce dernier sont arrivées à terme. Certes, avec beaucoup de contradictions, parce qu'il y a non seulement multiplicité des listes transmises au Premier ministre, mais aussi d'acteurs politiques se désignant comme mandant.

C'est toute la bataille au sein de la société civile, dans sa diversité, et de l'opposition politique, dans ses différents segments notamment, les plateformes. Faudrait-il un feu vert du Président de la République ?

C'est le cas de le dire. Seule son intervention apportera un arbitrage entre ceux qui désirent ardemment faire partie du Gouvernement, et les compétences qu'il impose dans le choix.

Parallèlement, s'impose aussi dans la classe politique la mission des bons offices menée par le Représentant spécial du Secrétaire général des nations unies en RDC, Maman Sidikou Sambo. Lui n'a le feu vert que sur pied de la Résolution 2348 du Conseil de sécurité.

Ce qui lui donne d'entamer des consultations. Sidikou Sambo a été successivement avec le Premier ministre, Bruno Tshibala, le vendredi passé. Le samedi, c'était avec Pierre Lumbi du Rassemblement/Limete. Le lundi, il a conféré avec Jean-Marc Kabund de l'UDPS.

Le mardi de cette semaine, c'était le tour des Evêques de la CENCO. Et, hier mercredi, il a échangé avec Aubin Minaku, Secrétaire général de la Majorité présidentielle. Il se dégage, de toutes ces rencontres, que les parties voudraient bien parvenir à la signature de l'arrangement particulier.

Comment Maman Sidikou va-t-il s'y prendre ? Faudrait-il organiser, à son niveau, des discussions directes ou amener les parties à signer le texte séparément ? Qui y prendrait part, alors qu'il y a des sons discordants ? N'est-ce pas que les uns arguent que la signature doit l'être devant le Chef de l'Etat, qui gère le dossier pour le moment ?

C'est l'avis de Me Lumeya du Rassemblement, aile Olenghankoy. Quoi qu'il en soit, deux scénarii sont possibles et, avec eux, des conséquences logiques. D'un, c'est en cas de succès des bons offices, avec comme conséquence, la mise sur pied d'un nouveau Gouvernement.

Celui de Bruno Tshibala n'aura vécu, dans ce cas, que l'espace de quelques jours. C'est la thèse défendue par Christophe Lutundula du Rassemblement/Limete. Il explique que la signature de l'arrangement particulier conduirait au limogeage de Bruno Tshibala.

Pour y arriver, certains analystes affirment qu'il va falloir que Joseph Kabila donne, là encore, son feu vert. Sinon, et c'est la deuxième alternative, Kabila se passe des bons offices des Nations Unies et fonce avec Tshibala, mais s'arrange pour que certains cadres du Rassemblement Félix Tshisekedi viennent allonger la liste de ceux qui vont faire défection de cette plateforme pour intégrer le Gouvernement Tshibala.

S'il aura bien joué son coup, Joseph Kabila va certainement s'attirer la foudre de cette organisation, mais aussi des congolais qui attendent beaucoup de cet Accord du 31 décembre 2016. Il reste que dans l'un comme dans l'autre cas, c'est Joseph Kabila qui tient les manettes, pour actionner le feu vert, qui jouerait en sa faveur ou en sa défaveur.

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