20 Avril 2017

Congo-Kinshasa: Mgr Fulgence Muteba - Non aux fausses solutions aux vrais problèmes du pays !

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Le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, Archevêque de Kinshasa, n' pas l'unique prélat catholique à effectuer une plongée dans la politique congolaise à l'occasion de la fête des Pâques.

Mgr Muteba, Evêque de Kilwa-Kasenga, a fait autant. Dans son pascal, il a exhorté toutes les parties signataires de l'Accord du décembre 2017 à respecter leurs engagements. D'où, un acte comme nomination d'un Premier ministre non issu de la véritable apparait à ses yeux comme une volonté délibérée de bloquer transition et de pousser le pays vers le chaos.

Par conséquent, Mgr Muteba s'insurge contre la manie de solutions aux vrais problèmes de la Nation.

Chers frères et sœurs,

Chers diocésains,

Pendant quarante jours, nous nous sommes préparés à célébrer la du Seigneur, solennité des solennités dans la vie de l'Eglise, de notre foi. Nous y voici parvenus dans la joie. En effet, comme l' si bien dit l'Apôtre Paul : « Et si le Christ n'est pas ressuscité,

vaine est votre foi » (1 Co 15, 16). Cette parole de l'Apôtre Gentils souligne avec clarté que la résurrection de notre Seigneur le cœur de la foi de l'Eglise. De fait, Christ est au centre de foi. Il est vraiment ressuscité. Il est à jamais vivant. Nous confessons et nous le proclamons avec la plus solide conviction.

JESUS, DIEU VIVANT, TRIOMPHE LES Dieu, en qui nous croyons, est un Dieu vivant. Dans la de son Fils Jésus Christ, que nous commémorons aujourd'hui, nous avons la preuve la plus irréfutable. Christ est vivant. Il est à ses disciples. Avec une vive émotion et une exceptionnelle, Pierre témoigne : « Mais Dieu l'a ressuscité ; de nombreux jours, il est apparu à ceux qui étaient montés avec lui Galilée à Jérusalem, ceux-là même qui sont maintenant ses auprès du peuple » (Ac 13, 30-31).

Jésus Christ est vivant parmi nous, dans sa Parole que nous chaque jour, nous interpelle, nous réconforte et nous console. Il vivant dans cette Parole qui nourrit notre foi et nous rend de nous pardonner les uns autres ou de poser des actes de justice de charité. Il est vivant dans les sacrements de l'Eglise, à lesquels Il nous transmet la vie qui vient du Père. Dès lors, sommes appelés à l'annoncer au monde entier. Saint Paul ne nous dit- pas que l'essentiel de sa prédication, c'est l'annonce de Jésus mort et ressuscité (Cf. 1 Co 15, 1-12) ? Voilà pourquoi il dit : « Malheur à moi si je n'annonçais pas l'Evangile ! » (1 Co 9, 16).

En ressuscitant, Jésus Christ notre Seigneur a vaincu la mort. Il triomphé des ténèbres. Cette victoire historique traverse tous temps et donne la force à tous les chrétiens. Forts de cette victoire,

nous qui croyons en Lui, nous n'avons plus rien à craindre dans monde. Le ressuscité nous rend forts, de la même manière qu'il a les Apôtres de la peur et de la torpeur au lendemain de résurrection. Il faut préciser, cependant, qu'il ne s'agit pas d' force physique d'abord, mais bien évidemment de la force de la foi.

C'est la foi en la résurrection qui nous rend victorieux avec Christ. C'est elle qui est notre arme la plus redoutable devant péché et aussi devant toutes les forces des ténèbres qui nous esclaves. Répétons-le : la foi en Jésus ressuscité est notre arme. elle, le Christ nous libère de toutes sortes d'esclavages qui tiennent prisonniers. Ces esclavages ne sont pas que de spirituel, mais aussi culturel, social, économique et politique. C' de tout cela que le Christ, en ressuscitant, nous libère. (... ).

CHRIST RESSUSCITE NOUS ILLUMINE

Chers frères et sœurs,

Chers diocésains,

La solennité de Pâques nous rappelle également que Jésus Christ lumière du monde (Cf. Jn 8, 12). Telle est la signification du de la lumière qui a introduit notre célébration de la veillée et dont le cierge pascal est le symbole le plus éclatant. seulement que cette lumière éclaire le chemin qui nous conduit à vie éternelle, mais aussi elle illumine les conditions dans nous vivons.

La lumière de la résurrection nous amène à porter un regard sur nos conditions de vie dans notre société. Elle nous conduit mesurer à quel point notre pays est enchaîné dans les ténèbres péché, asservi par la volonté de certains d'entre nous, corrompu plongé dans une crise profonde. Au plan politique, toutes institutions électives sont au-delà de leur mandat constitutionnel ;

ce qui est d'une extrême gravité en démocratie. L'économie est en déliquescence. Notre monnaie connaît une inflation précédent. La pauvreté se généralise. L'inquiétude et le s'installent dans les cœurs et les esprits des Congolais. Ici même Kilwa, manger le foufou de maïs, la nourriture de base préférée Katangais, tend à devenir un luxe pour certaines familles. Nous au bord de la famine. L'argent ne circule pas. Dès lors, beaucoup gens s'interrogent : que doit-on faire pour sortir de cette impasse ?

Ces problèmes sont complexes et demandent sans doute des entières pour être résolus. Pour le moment, il est urgent d'éviter chaos. Nous affirmons avec force la primauté de l'Accord de la Sylvestre, contenant des acquis incontestables sur lesquels toutes parties prenantes aux négociations du Centre Interdiocésain Kinshasa se sont mises d'accord. Cet Accord est un politique, négocié au prix d'immenses sacrifices. Il est pour sauver la République, en cette période où toutes les à mandat électif ont perdu leur légitimité.

Conformément à la volonté des participants à ces directes entre le Pouvoir et l'Opposition, nous recommandons application intégrale, et non sélective, dans l'immédiat, pour la République Démocratique du Congo de la crise et arrêter sa aux enfers ; avant qu'il ne soit trop tard. Une application ou partielle, et donc sélective, dénature cet Accord et peut porteuse des germes de conflits qui risquent d'aggraver une politique déjà très tendue.

L'application intégrale de l'Accorde de la saint Sylvestre commencer concrètement par la signature solennelle de l' particulier. Pour rappel, celui-ci fait partie intégrante de l' de la saint Sylvestre. Dès lors, on ne peut pas prétendre l'Accord sans en même s'engager à signer l'Arrangement particulier. serait une contradiction flagrante.

Les deux points de divergences ayant conduit à l'impasse actuelle, devant trouver solution dans le dialogue, ne diminuent en rien valeur juridique et politique de cet Accord que tout le congolais et toute la communauté internationale ont salué. Il illogique, voire insultant autant aux parties prenantes qu'à médiation, de passer outre cet Arrangement particulier, d'intenses concertations et de multiples concessions de part d'autre.

Outre la signature de l'Arrangement particulier, l'application l'Accord doit consister à mettre en application les mesures décrispation politique arrêtées par tous les participants de consensuelle. Le bon sens nous amène à croire que sans décrispation, l'Accord ne pourrait résorber la crise actuelle, dont gravité se mesure à la détérioration affligeante des conditions de de notre peuple et à la montée inquiétante de l'insécurité.

L'exécution de ces mesures est, à coup sûr, une judicieuse de la cogestion apaisée du pays par les parties aux négociations pendant cette période délicate. Tout bien considéré,

c'est un gage d'apaisement et une preuve de patriotisme consolider l'unité de la nation congolaise ; en tout cas une de la tenue d'élections réellement transparentes, crédibles démocratiques.

Par contre, la non-exécution de ces mesures de décrispation traduit, à n'en point douter, la volonté implicite du Pouvoir en d'écarter délibérément certains candidats gênants, qui sont en dehors du pays pour des motifs peu convaincants, ou de priver moyens de propagande à ceux qui sont dans l'Opposition. tactique affecte inexorablement la crédibilité des scrutins à venir n'augure nullement leur apaisement. Comment ne pas croire qu'il s' là d'une manœuvre pour éviter une compétition électorale démocratique, ouverte à tous ?

Appliquer l'Accord du 31 décembre 2016, c'est également mettre œuvre son Conseil National de suivi (CNSA). A ce propos, le tour force herméneutique et les supputations sur la présidence de importante institution, après la mort du regretté Etienne Tshisekedi,

relèvent de la mauvaise foi. Il est absurde qu'un poste de mois fasse l'objet de tant de convoitises.

En somme, l'application de l'Accord nécessite, de part et d'autre, confiance mutuelle, la bonne foi, l'honnêteté et surtout la politique, sans lesquelles on ne saurait bâtir une nation. Ces vertus,

qu'il faut à juste titre considérer comme des qualités politiques,

sont impérieuses dans le monde politique, surtout en ce temps crise, pour garantir le bien commun du peuple congolais. A cet effet,

il ne sert à rien de tergiverser: la nomination récente d'un ministre sans le consentement du chef de file de l'Opposition est,

sans plus ni moins, un faux pas dans l'application de l'Accord. C' une violation pure et simple de cet Accord, dont tout le monde réclame des bouts des lèvres. A vrai dire, ce faux pas n'est l'autre paire de manche d'une stratégie politique de sabotage l'Accord qu'augurait déjà la signature « sous réserve » du même par la Majorité présidentielle dans la nuit du 31 décembre 2016.

Manifestement, il y a carence de volonté politique de cette politique qui, par moment, souffle le chaud et le froid.

Pour nous, la période actuelle de l'histoire de notre pays est tournant, un virage que la classe politique dans son ensemble négocier avec sagesse. Pour cela, il faut absolument repousser d' part la tentation des fausses solutions aux vrais problèmes, nous faisons face et, d'autre part, éviter de développer la de créer des boucs émissaires. Séduisantes, les fausses solutions par nature et par essence aléatoires. Ce sont des alléchants, des « provisoires », qui ont tort d'esquiver les enjeux. Parallèlement, en occultant les solutions aux vrais problèmes,

la tentation de fausses solutions conduit, très souvent, à créer et charger des boucs émissaires en s'innocentant. Telle nous l'attitude de la frange de la classe politique qui est au pouvoir aux divergences qui ont bloqué la signature l'Arrangement de l'Accord du 31 Décembre 2016. Nous avons l'impression que querelles intestines du camp de l'Opposition ont servi de pour amplifier la crise par la nomination d'un premier ministre, de gouvernement, en violation des prescrits de l'Accord. Il faut hâter pour revenir aux bons sentiments en empruntant le chemin l'application sans-faute de l'Accord, seule feuille de route pour garantir des élections libres, démocratiques, transparentes apaisées, dans le délai convenu.

L'Opposition, quant à elle, doit faire preuve de plus de sens responsabilité en évitant d'offrir des prétextes de blocage à frange de la classe politique qui est au pouvoir. Le spectacle qu' présente actuellement au peuple congolais ne contribue pas au commun. La cogestion de la nation avec les adversaires n'est pas une sinécure. Elle nécessite une politique de la de crises qu'il faut anticiper ou, lorsque celles-ci adviennent, les résorber sans perdre la face. Une Opposition digne de ce nom construit autour et avec des hommes d'honneur et des convictions,

capables de résister à la tentation de la corruption et l'enrichissement facile.

Que les uns et les autres profitent de la grâce du ressuscité sortir notre beau pays de cette crise qui ne nous honore point.

DEVENIR DES HOMMES NOUVEAUX ET DES FEMMES Chers frères et sœurs,

Chers diocésains,

Le Christ ressuscité nous invite à devenir des hommes et des nouveaux. Nous devons nous défaire du vieil homme avec ses pour revêtir l'homme nouveau (Cf. Col 3, 10), munis de la grâce de résurrection(... ).

Mgr Fulgence Evêque de Kilwa-Kasenga

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