21 Avril 2017

Gambie: Une nouvelle génération d'avocats pleine d'espoir

Une cinquantaine d'avocats gambiens ont été formellement intronisés, ce jeudi, à Banjul, lors de la cérémonie. Après six ans d'études, les voici officiellement accueillis au sein du système judiciaire gambien. Une cérémonie toute particulière puisque ces jeunes avocats vont faire leurs premiers pas dans différentes cours de justice en pleine transformation après la fuite de Yahya Jammeh et le changement de régime.

Les jeunes aspirants se sont mis sur leur 31 : chemise blanche, robe noire de magistrat, chaussures cirées. A la main, leur perruque blonde, qu'ils n'auront le droit de porter qu'une fois officiellement diplômés.

C'est un moment solennel pour Mohammed Boubacarr Sowe, car pour la première fois depuis 22 ans, son métier est enfin respecté : « Avant, sous le régime de Jammeh, c'était difficile de défendre ses clients devant la cour.

Des fois, les avocats avaient peur de se saisir de certains dossiers, lorsque le gouvernement était impliqué. Mais avec le nouveau gouvernement, on est sûrs qu'on aura un vrai rôle à jouer dans le système judiciaire ».

Au milieu de la cour où se déroule la cérémonie, une statue trône : une jeune femme, les yeux bandés et une balance à la main, symbole de la justice.

A ses pieds, Alhagie Sambou espère qu'elle retrouvera bientôt tout son sens : « Les espoirs sont grands comparé à avant où l'environnement n'était pas favorable. On sait tous ce qui se passait. Parfois, un magistrat pouvait tout d'un coup recevoir sans raison une lettre de licenciement. Aujourd'hui, la Constitution et les lois vont être appliquées ».

Mariatou Newlands est la major de sa promotion. Au début de ses études, elle voulait travailler pour l'Etat, mais elle a finalement changé de voie : « J'ai senti qu'être un avocat de l'Etat allait me pousser à commettre des injustices, c'est pourquoi j'ai décidé de travailler pour un cabinet privé.

On a des devoirs et plus de responsabilités pour remettre notre système judiciaire sur pieds. La justice est encore lente, il est trop tôt pour pouvoir voir les transformations qu'on espère ».

Premier changement notable : les filles sont présentes en nombre dans cette promotion, puisqu'elles représentent près de la moitié des nouveaux avocats.

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