21 Avril 2017

Cameroun: Automobile - Aes promesses du « Made in Cameroon »

interview

Vingt spécimens de véhicules assemblés en Chine et à reproduire au Cameroun sont au centre d'une exposition qui ouvre ce matin au palais des Sports de Yaoundé.

Le 1er salon automobile du Cameroun devait ouvrir hier, 20 avril et se refermer le mercredi 26 avril prochain. Mais, pour davantage peaufiner l'organisation de cet événement inédit, la « China Cameroon Auto Show » ouvrira finalement ce vendredi matin, 21 avril 2017. Mais hier déjà, malgré le rendez-vous décalé, de nombreux Camerounais ont accouru au palais des Sports de Yaoundé, où ont été parqués les premiers véhicules « Made in Cameroon ». 20 prototypes flambants neufs, constitués de berlines, 4x4 et de véhicules utilitaires (camion, camionnette, bus, car, Coster, jeep, monospaces, V3, V5, N2, X25, etc.). Les nombreux curieux pouvaient être classés en trois catégories : d'abord, ceux qui étaient prêts pour l'achat. « Ils ne sont pas encore à vendre.

C'est juste pour l'exposition », n'a eu de cesse de répéter Guy Dzeuguem, l'un des concessionnaires présents. Il indique que ces prototypes ont été fabriqués en Chine, juste pour l'exposition. « Nous allons bientôt lancer l'assemblage au Cameroun. Mais déjà, vous pouvez passer vos commandes », expliquait-il aux potentiels clients. Mais l'on voulait néanmoins avoir une idée des prix. « Ce sera très moins cher par rapport aux voitures neuves que vous achetez souvent. C'est la douane qui gonfle généralement les coûts. Produits sur place, une voiture de 80 millions F peut vous revenir à 25 millions de F. Imaginez vous-mêmes les prix. Les taxis pourront bientôt acheter des véhicules neufs à deux millions de F », annonce le concessionnaire noyé dans la foule de curieux. Sauf qu'il y avait une catégorie de gens sceptiques. « Avec ces prix, on comprend pourquoi il faut se méfier des productions chinoises... », lance une voix dans la masse.

Guy Dzeuguem est au rebond : « Il faut qu'on arrête de penser que le Chinois bricole. Ce sont eux qui fabriquent désormais la plupart des voitures et même les avions de marques reconnues à travers le monde. S'ils fabriquent pour les autres, ils peuvent également le faire pour les Camerounais. D'ailleurs, ils vont nous transférer la technologie pour qu'à l'avenir, nous produisons nous-mêmes, ici au Cameroun ». C'est justement à propos de transfert de technologie qu'une troisième catégorie de personnes était hier au palais des Sports. Des mécaniciens et jeunes ingénieurs en quête d'emplois. « Nous allons lancer des appels d'offres d'emplois dans les prochaines semaines. Les mécaniciens seront privilégiés dans un premier temps, puisqu'ils ont l'habitude d'assembler les véhicules. Ce sera facile et rapide de leur transférer la nouvelle technologie. Les autres postes d'emplois se créeront progressivement », assure ce responsable de l'entreprise « Cameroon Automotive Holding Company », promotrice de la « Cameroon Auto ».

L'explication

Guy Dzeuguem: « D'ici janvier 2018, on pourra vendre »

Concessionnaire des véhicules Star of Africa (Made in Cameroon)

Quel est l'intérêt du salon automobile du Cameroun qui ouvre ce matin à Yaoundé ? Il faut préciser d'emblée que ce sera le premier salon du genre au Cameroun, en marche vers l'émergence. Nous voulons y contribuer en produisant sur place, des véhicules neufs « Made in Cameroon ». C'est un exploit, voulu par le chef de l'Etat en personne. L'idée du salon est de permettre aux autorités du pays et aux Camerounais de voir et toucher du doigt les prototypes « Cameroon Auto ». Notre marque c'est « Star of Africa », puisque nous visons le marché continental, à partir du Cameroun. Les véhicules qui seront exposés durant ce salon ont été assemblés en Chine et acheminés au Cameroun, question de montrer ce que nous allons bientôt faire sur place. Où en est-on avec l'usine de production au Cameroun ?

Le projet de production des véhicules Made in Cameroon est né il y a environ quatre ans. Le porteur du projet avait rencontré le président de la République, qui lui a donné son haut accord, pour créer une usine de production dans le pays. Le gouvernement a apporté les facilités nécessaires pour que l'on puisse se déployer avec nos partenaires chinois. Un site nous a été octroyé à Kribi où nous allons démarrer dès la semaine prochaine, avec les travaux de construction de l'usine d'assemblage des premiers véhicules. Il y a plus de 30 ingénieurs qui viendront de Chine pour apprécier l'environnement et envoyer progressivement le matériel dont on aura besoin. Il y aura aussi sur place des pièces détachées pour d'éventuels dépannages. Les paiements pourront se faire par tranches et un service après-vente sera mis sur pied pour le suivi de tous les clients. Il y a beaucoup d'emplois en vue.

Concrètement, à quand la commercialisation des premiers véhicules ?

Ce sera après le montage de l'usine de Kribi, qui devra prendre sensiblement six mois, puisque pour le moment, il sera simplement question d'assembler les véhicules. C'est dire que d'ici janvier 2018, on pourra vendre et mettre les véhicules Made in Cameroon en circulation. Pour ce qui est de la fabrication proprement dite, on devra encore attendre quelques années, le temps que se fasse le transfert de technologie et d'autres formalités d'usage. Nous avons du fer au Cameroun et la plupart du matériel nécessaire à la production des voitures. Il faut juste organiser le circuit d'approvisionnement afin de lancer la production sur place.

Cameroun

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