21 Avril 2017

Cameroun: L'Effet Boomerang - Le cas Samba-Tchiroma

Cette semaine, le régime de Yaoundé à l'image souvent si soigneusement contrôlée et maitrisée, nous a offert un spectacle d'une dissonance cognitive jamais égalée, où l'absence notoire de moralité et de décence a rivalisé avec l'escroquerie politique. L'ancien directeur général du budget Antoine Félix Samba nous a presenté une mini-basilique financée à coup de millions d'Euros que ses revenus ne peuvent justifier. Dans le même temps le ministre de la communication, Issa Tchiroma Bakary s'empreessait quant à lui de parachever son meurtre symbolique en tentant encore une fois de poignarder le ministre d'État Marafa Hamidou Yaya dans le dos, aboutissant bien malgré lui à un résultat quasiment inverse. Car les faits sont têtus et le gouvernement se retrouve lui-même enterrer par ces mêmes faits dont ils accablent avec acharnement depuis des décennies quelques grands serviteurs de l'État comme le ministre d'État Marafa Hamidou Yaya, sans avoir jamais produit un commencement de preuve credible.

C'est cette culture toxique du mensonge institutionnalisé, installée par une dictature trentenaire, est qui en train de se retourner contre elle.

Et comme à son habitude, le gouvernement en tentant de défendre l'indéfendable a fini par tribaliser le débat, parce qu'il n'a en réalité aucun autre argument credible pour expliquer à l'opinion publique pourquoi l'ancien directeur général du budget Antoine Félix Samba ne fait pas l'objet de poursuites dans le cadre de sa fameuse opération Épervier. En envoyant ainsi Issa Tchiroma faire diversion devant la presse et s'en prendre à un homme d'État reconnu internationalement comme prisonnier politique, et que l'ancien ambassadeur américain au Cameroun Garvey présentait dans Wikileaks comme "un homme à la compétence et l'intégrité impeccables", IssaTchiroma Bakary qui ne doit son poste qu'aux louanges qu'il récite à longueur de journée en faveur de "l'homme-lion" Paul Biya, apparait pour ce qu'il a toujours été: un petit et minable escroc politique, comparativement au ministre d'État Marafa Hamidou Yaya dont il a souvent eu le toupet de vouloir se hisser à son niveau, au motif qu'ils sont tous les deux "Nordistes" dans le système de gouvernance tribale mis en place depuis 1982 par Paul Biya.

Ce petit roquet idéologique du régime Biya a bien du mal à expliquer pourquoi deux poids deux mesures?

En effet par leurs agissements, il est très difficile de discerner où se niche la vérité, la décence, et la civilité dans le spectacle pittoyable qui est offert par messieurs Tchiroma et Samba. Une politique aussi violente et sauvage contre la vérité et la décence est naturellement vouée à l'échec. À long terme, elle est toujours préjudiciable à la société toute entière parce que le tribalisme qu'elle répand et soutend sera l'expression par excellence d'une pratique politique du courtermiste qui finit hélas régulièrement dans un bain de sang. C'est en cela que l'avidité et le mensonge ne peuvent pas être des modèles en politique. Les Camerounais se souviendront toujours qu'au début de son régne, le président Biya leur avait demandé "quel Cameroun voulons- nous pour nos enfants?" Pourquoi le ministron IssaTchiroma Bakary s'avère bien incapable aujourd'hui de répondre à cette question simple?

Cameroun

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