21 Avril 2017

Cameroun: Ayissi Le Duc - 35 ans en dansant

Le 29 avril prochain, le célèbre danseur et chorégraphe camerounais fêtera l'événement au Musée national de Yaoundé.

Il est le célèbre aîné d'une fratrie passée reine dans l'univers artistique camerounais. Ayissi Le Duc fête cette année, plus précisément le 29 avril, ses 35 ans de carrière dans la musique, et ses 55 ans d'âge. Cette coïncidence heureuse, car la date correspond à la journée internationale de la danse et à son anniversaire de naissance, il veut la partager avec le maximum d'invités. Les participants de tous horizons, jeunes comme adultes, sont attendus au Musée national à Yaoundé. Ce sera un samedi portes ouvertes. Les différentes articulations commencent à partir de 11h, avec un stage public de danse.

A partir de 15 h, des foras et conférences de presse vont meubler la journée jusqu'à 17h. Ensuite, des spectacles de danse traditionnelle vont prendre le relais, animés non seulement par l'orchestre national et le ballet national mais aussi plusieurs artistes contemporains camerounais. Tombé dans la marmite de la danse alors qu'il n'était encore qu'un petit garçon, Ayissi le Duc, en 35 ans, a fait de cet héritage familial qu'est la danse traditionnelle, un trésor du patrimoine culturel camerounais. Il l'exporte et l'a fait éclore aux yeux du monde entier. Entre spectacles sur nombre de scènes, récompenses et reconnaissances nationales et internationales, sa carrière a connu plusieurs virages qu'il décide d'aborder aujourd'hui avec CT. Danseur, chorégraphe, auteur, compositeur (il est le père de cinq albums), Luc Séraphin Fouda Ayissi dit « Ayissi Le Duc » a visiblement bien plus à offrir qu'un coup de reins dévastateur.

Ayissi Le Duc: « Je veux fêter avec tout le monde »

Danseur, chorégraphe et musicien

Le 29 avril prochain, vous allez célébrer vos 35 ans de carrière dans la danse. Comment se prépare l'événement ? J'ai pensé à venir les célébrer au Cameroun parce que c'est ma terre natale. Il y a 40 ans, j'ai commencé avec la danse. J'ai fait le ballet national et en 1982 j'ai commencé une carrière professionnelle personnelle. Aujourd'hui, j'ai 55 ans d'âge et 35 ans de carrière artistique. L'événement aura lieu au Musée national de Yaoundé le 29 avril, date de la journée internationale de la danse. Comme il n'y a pas de hasard dans la vie, je suis né un 29 avril. Je demande à tous de venir se joindre à nous ce jour-là, parce que je veux dire merci à Dieu pour ce double anniversaire. Je veux fêter avec tout le monde, m'amuser avec eux, et danser jusqu'au soir. J'aimerais remercier tous les médias et les artistes qui m'ont encouragé depuis toutes ces années. Je remercie le chef de l'Etat, car j'ai été fait Chevalier de l'ordre du mérite camerounais en 2013. C'est un signe de grâce et de reconnaissance. Est-il possible de raconter une épopée de 35 ans de danse à travers le monde ? 35 ans de danse c'est une expérience de la vie. J'ai beaucoup voyagé au niveau national et au niveau international où j'ai obtenu beaucoup de récompenses et de médailles. En 2015, j'ai été récompensé par la République française, avec la Médaille de la ville de Paris. C'est un long chemin, et tant que Dieu me donne la vie, je continuerai, et je préparerai même la nouvelle génération. Aujourd'hui, tant de jeunes sont perdus, déracinés, et je pense que mon rôle, c'est de les aider à revenir à la source. Beaucoup de jeunes ne parlent plus la langue maternelle, ne connaissent plus les traditions de nos ancêtres.

Pourtant, l'Homme est l'Homme de par sa racine, ses traditions. En parlant de vos 35 années de carrière dans la danse, avez-vous uniquement exploré la danse traditionnelle ?

La tradition c'est la base, mais on peut faire un métissage pour l'exporter. Ce métissage s'opère d'abord au niveau national, avec l'association des différentes danses des régions locales. C'est pourquoi, j'ai pris ce patronyme de Le Duc, une abréviation de Les danses unis du Cameroun, mais qui a aussi une relation avec la signification du mot « béti » : ce qui est digne. D'où mon nom Ayissi Le Duc. La danse est faite pour être exportée ici ou ailleurs, car nous avons des danses qui sont la source même de notre authenticité, de notre culture. On peut mélanger le moderne et le classique, juste un peu, pour ne pas perdre la racine et garder le patrimoine. Votre famille est passionnée de divers domaines artistiques.

Pourquoi avoir choisi la danse ?

La danse est un héritage familial chez les Ayissi. Elle nous vient des grands-parents du côté maternel. Dans la vie, chacun a sa mission, et je me dis que la mienne, c'est de faire émerger la danse, la culture et d'aider les autres à ne perdre leurs racines. Avant, on ne pouvait pas s'imaginer que la danse pouvait faire émerger quelqu'un. C'était surtout pour le plaisir qu'on le faisait, dans la famille ou pour les fêtes. Il fallait aller à l'école pour être quelqu'un. Et voilà, j'ai démontré que la danse n'est pas insignifiante, car je représente le Cameroun depuis plusieurs années grâce à la danse. Tout en préservant le patrimoine, car je représente tout un peuple, mais aussi les ancêtres.

Que faîtes-vous concrètement pour préserver ce patrimoine culturel ?

J'ai créé la fondation Otitié qui signifie l'étoile. Donc il s'agit de l'étoile du Cameroun, où toutes les ethnies viennent apprendre la danse, mais aussi le civisme. Cette fondation est faite pour ramener les jeunes à leur culture. Trois fois par semaine, les jeunes viennent au siège familial des Ayissi à Yaoundé pour suivre des cours de danse. J'ai également pour projet de construire une académie des arts et de la culture « Ayissi Le Duc » pour la jeunesse. J'ai déjà un hectare de terrain bien titré pour réaliser ce projet, avec mes partenaires européens. Je veux en faire un symbole de tourisme et pourvoyeur d'emplois pour la jeunesse. La danse dépend de ce que chacun a à offrir. On dit que chacun est unique dans ce qu'il fait. Il n'y a pas deux Ayissi Le Duc par exemple. La jeune génération de danseurs camerounais actuels est admirable, mais il leur faut encore beaucoup travailler sur le plan spirituel, en gardant la racine authentique, celle de la tradition. Vous avez également touché à la musique.

Pourquoi ce pan de votre carrière est-il moins visible ?

Tout simplement parce que j'ai commencé par la danse. Après, je me suis dit que je pouvais faire la musique, car j'étais un peu fatigué de danser sur la musique des autres. J'ai choisi de faire la musique parce que j'ai également le don d'écrire des chansons. J'ai sorti cinq albums, et le dernier date de 2008 « Soul bikutsi », avec pour titre phare « Je m'engage ». Dans cette chanson, je dis merci au bon Dieu pour tout ce qu'il fait pour nous. Je suis en train de préparer un album, qui sera une comédie musicale : « Nos ancêtres les Africains ».

Est-ce un devoir d'embrasser une carrière artistique quand on appartient à la famille Ayissi?

C'est une question d'habitude. Quand vous portez une étoile, tous les yeux sont sur vous, et vous passez par des hauts et des bas. Il y a des éloges et en même temps des mauvaises langues. Nous vivons avec, nous sommes au-dessus de tout cela. Il faut aussi pardonner et aller de l'avant. Ce nom que nous portons, nous le prenons comme une mission à remplir.

D'abord un père boxeur, Jean Baptiste Ayissi Ntsama « Ayissi Bikoura », ancien médaillé olympique et champion de l'Île-de-France en 1956 décédé le 5 avril 2016. Et une mère, Julienne Ayissi Eyenga, première Miss de l'Indépendance au Cameroun en 1960 après avoir été Miss Yaoundé Nyong et Sanaga en 1959. Je suis l'aîné de neuf frères et sœurs. Il y a ceux qui ont embrassé le métier de papa avec la boxe, et ceux qui ont choisi celui de maman, avec la beauté, la danse, la mode, etc. Chantal Ayissi a commencé dans mon groupe de danse traditionnelle il y a 30 ans aujourd'hui. Après, elle a décidé de voler de ses propres ailes, mais de temps en temps, quand elle a besoin de moi pour des vidéos clips, je lui donne un coup de main en tant que grand frère.

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