21 Avril 2017

Afrique: Plus de 11.000 Congolais contraints de se réfugier en Angola pour fuir la violence au Kasaï

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que plus de 11.000 Congolais se sont réfugiés en Angola suite au pic de violence qui a frappé le Kasai en République démocratique du Congo (RDC).

« Les points frontaliers et les villages situés en Angola ont connu une forte augmentation des arrivées de réfugiés, avec plus de 9.000 personnes arrivées jusqu'à présent pour le mois d'avril », a déclaré le porte-parole du HCR, Babar Baloch lors d'un point de presse à Genève.

La violence et l'instabilité au Kasaï ont débuté en août 2016 après la mort d'un chef traditionnel lors de combats avec les forces de sécurité et la situation s'est détériorée au cours des trois premiers mois de 2017. Selon le HCR, le conflit brutal dans cette région autrefois pacifique a déjà déplacé plus d'un million de civils à l'intérieur de la RDC depuis mi-2016. Ceux qui fuient vers l'Angola continuent d'arriver principalement à Dundo, la capitale du nord-est de la province de Luanda-Norte.

« Les réfugiés ont signalé fuir des attaques de groupes de milices qui visent la police, les militaires et les civils soupçonnés de soutenir ou de représenter le gouvernement », a indiqué M. Baloch. « Après avoir fui les forces rebelles et gouvernementales, certains réfugiés ont du se cacher dans la forêt pendant plusieurs jours avant de fuir en Angola », a-t-il ajouté, soulignant que ces derniers arrivent dans des conditions désespérées, sans accès à de l'eau potable, à de la nourriture ou à un abri.

La situation chez les enfants réfugiés est désastreuse. Beaucoup d'entre eux arrivant malnutris et malades, souffrant de diarrhée, de fièvre et de paludisme. Deux enfants sont déjà décédés de malnutrition sévère et le HCR est préoccupé par le sort d'autres personnes qui souffrent de niveaux inquiétants d'insécurité alimentaire et de maladies.

« Les nouveaux arrivants sont terrifiés. Ils craignent encore pour leur vie et ont indiqué n'avoir aucun plan immédiat de rentrer chez eux », a dit le porte-parole. « Certains parents auraient envoyé leurs enfants de l'autre côté de la frontière, inquiets à l'idée qu'ils puissent être recrutés de force par les milices s'ils étaient restés en RDC ».

Le HCR, le gouvernement angolais et les partenaires coordonnent leur aide aux réfugiés congolais

L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés coordonne actuellement la réponse aux réfugiés avec le gouvernement angolais, les autorités locales et ses partenaires sur le terrain. « Nous négocions également avec le gouvernement pour disposer de sites d'hébergement appropriés, car les emplacements frontaliers actuels sont surpeuplés et ne conviennent pas », a déclaré M. Baloch, précisant que le HCR enverra une équipe d'urgence supplémentaire à Dundo ce samedi pour appuyer les efforts de secours.

Le HCR expédie actuellement des tentes familiales, des kits de cuisine, des couvertures, des moustiquaires, des matelas et d'autres articles de secours essentiels dans la région.

« Davantage d'aide est nécessaire, car les réfugiés sont contraints de rester dans des immeubles de fortune dans les villages frontaliers », a prévenu le porte-parole. La saison humide de l'Angola atteint un sommet en avril et le HCR est particulièrement préoccupé par les pluies en cours - ce qui pourrait compliquer davantage les conditions de vie et la santé des réfugiés, en particulier les plus vulnérables, tels que les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes handicapées.

Le HCR a salué la réponse du gouvernement angolais pour maintenir ses frontières ouvertes pour les arrivées continues de réfugiés. « Nous espérons que ce geste de bonne volonté continuera car la situation reste grave dans la région du Kasaï de la RDC », a dit le porte-parole du HCR qui souligne également l'importance de ne pas renvoyer des personnes ayant besoin de protection internationale vers la RDC.

1,5 million d'enfants touchés par la violence au Kasaï

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a indiqué vendredi que que plus de 1,5 million d'enfants, dont 600.000 déjà déplacés, sont à risque en raison de la violence extrême qui frappe le Kasaï. Le Fonds a réitéré son appel à toutes les parties au conflit afin qu'elles garantissent le respect des droits des enfants.

« Les enfants de Kasaï sont contraints de subir des épreuves horribles », a déclaré le Représentant de l'UNICEF a.i. en RDC, le Dr Tajudeen Oyewale, dans un communiqué suite à une visite dans la région touchée par la violence. « Des centaines d'enfants ont été blessés au cours des violences, avec des rapports faisant état d'enfants détenus, violés et même exécutés. Cet abus horrible d'enfants ne peut pas se poursuivre et les auteurs doivent être tenus responsables », a-t-il prévenu.

La violence a également eu un impact dévastateur sur les systèmes éducatifs et de santé dans la région. Plus de 350 écoles ont été détruites. Dans la province de Kasaï Central, un centre de santé sur trois n'est plus en état de fonctionnement, exposant ainsi les enfants à un risque accru de maladie.

«Ces enfants devraient être en sécurité dans leurs maisons, leurs écoles et leurs aires de jeux, et non contraints de se battre sur le champ de bataille ou blessés ou tués dans la violence», a déclaré le Dr Oyewale.

À moins que la situation ne s'améliore rapidement, l'UNICEF a prévenu que les six millions d'enfants des trois provinces du Kasaï sont à risque.

Le Fonds a également lancé un appel pour davantage de financements. À ce jour, l'organisation n'a reçu que 3,5 millions de dollars sur les 20,6 millions nécessaires pour répondre à la crise au Kasaï.

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