26 Avril 2017

Congo-Kinshasa: L'église catholique promet de ne pas se taire et de poursuivre son combat pour la justice

L'église catholique n'est pas restée muette après les différentes critiques dont elle fait l'objet après la publication de la dernière déclaration de la CENCO (Conférence Episcopale du Congo) sur la non application de l'accord de la sainte Sylvestre.

Par le biais de la commission Justice et paix, une structure de l'église catholique chargée de promouvoir la paix et le développement de la population, celle-ci est revenue sur son rôle au sein de la communauté, non seulement celui de prêcher l'évangile mais aussi de participer au rétablissement de l'ordre social fondé sur la justice et la vérité.

En clair, c'est le lundi 24 avril 2017 à l'Hôtel Reine de la Paix à Gombe, qu'a été officiellement lancée la rencontre nationale des commissions diocésaines « Justice et Paix » et des noyaux de dynamique « Femme pour la Paix ».

Parmi les points qui seront exploités au cours de ces travaux qui réunissent 47 diocèses venus de quatre coins du pays, il y a notamment l'actualité en rapport avec l'accord de la Saint Sylvestre qui a été sous la conduite des évêques catholiques. Les participants seront sensibilisés sur ses fondamentaux afin de la vulgariser dans leurs diocèses respectifs pour une appropriation massive.

C'est à cette occasion que le Secrétaire Exécutif de la commission Paix et Justice, le Révérend Père Clément Makiobo, a expliqué que ladite commission a pour mission de révéler au peuple que notre foi en Jésus-Christ, mort et ressuscité, se situe une dimension sociale.

Et cela doit être constamment rappelé, surtout en ce moment crucial du pays là où, selon lui, les principes fondamentaux sont bafoués, le mensonge prend l'habit de la vérité, les droits élémentaires sont ignorés et que les acteurs de la justice et paix sont sommés de se taire.

« Nous sommes comme tout citoyen congolais, comme tout chrétien... Nous avons le droit et le devoir de participer au débat public surtout lorsque celui-ci concerne notre avenir commun.

Nous ne pouvons pas nous taire malgré les menaces, malgré les critiques et je vous assure que nous en avons eu suffisamment surtout ces derniers jours après la publication de la dernière déclaration des évêques», a-t-il martelé.

Il a affirmé que malgré ces menaces, les évêques ne se tairont pas, car c'est leur droit et leur devoir de participer au nom de leur foi comme disciples du Christ dans la restauration de l'ordre et de la justice.

« Nous sommes fiers d'être des héritiers des prophètes d'Israël pour qui, connaître Dieu, c'est avant tout chercher la justice pour les pauvres et les opprimés », a-t-il ajouté, tout en soulignant que le combat de l'église catholique pour la justice et la paix n'est pas un choix aléatoire. Selon lui, ce combat fait partie intégrante de l'annonce de l'évangile au monde.

« Voilà pourquoi cette rencontre annuelle des commissions diocésaines « Justice et Paix » est placée sous le signe de l'écoute des expériences des autres, des cris de notre peuple qui a tant espéré de l'accord de la Saint Sylvestre, à l'écoute des faibles que l'on tue en silence dans le grand Kasaï, dans le Nord et Sud Kivu, dans nos quartiers et villages, des enlèvements, des violations des droits humains... Nous devons apprendre à écouter les cris de ceux qui se sentent humiliés », a poursuivi le Révérend Père Clément Makiobo.

Paraphrasant son prédécesseur, Fidèle Nsielele, Evêque de Kisantu et Président de la Commission Episcopale Justice et Paix, a indiqué que les acteurs de cette commission, éparpillés dans leurs différents diocèses, étudient et approfondissent les divers problèmes ayant trait à la justice dans nos milieux de vie.

Au regard de la crise que traverse le pays, cet évêque s'est dit inquiet de constater que l'Accord de la Saint Sylvestre qui ouvrait une porte d'espoir se referme petit à petit par le manque de volonté politique pour signer un arrangement particulier et par des manœuvres politiques qui tentent de saboter l'accord lui-même.

« Cet accord est indispensable en cette période où toutes les institutions ont perdu leur légitimité. Cet accord devait aboutir à l'organisation d'un gouvernement de transition, à la restauration du CNSA devant conduire aux élections en fin décembre », a-t-il soutenu.

Il a confié que les évêques souhaitent voir être adopté, après les travaux, un programme à mettre sur pied pour accompagner et encadrer le peuple en ce moment crucial. C'est l'objet même de cette rencontre, a-t-il lâché.

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