28 Avril 2017

Congo-Brazzaville: Hamad Kalkaba Malboum - «Mettre mon expérience à la disposition de l'Afrique»

interview

Hamad Kalkaba Malboum est candidat à la présidence de l'Association des comités nationaux olympiques d'Afrique (Acnoa) dont l'élection aura lieu le 10 mai 2017 à Djibouti.

Le Camerounais, actuellement à la tête de la Confédération africaine d'athlétisme, explique au micro de Christophe Jousset pourquoi il pense pouvoir enfin battre le patron sortant de l'Acnoa, Lassana Palenfo, après deux échecs.

Hamad Kalkaba Malboum, pourquoi êtes-vous candidat à la présidence de l'Association des comités nationaux olympiques d'Afrique (Acnoa) ?

Je suis candidat parce que le sport est le domaine où la jeunesse africaine s'exprime le mieux, sans complexe, face aux jeunes des autres continents. L'Afrique a un potentiel important. Si l'Acnoa est bien gérée, avec une stratégie visant à augmenter la performance de la jeunesse africaine, cela peut améliorer l'image et l'influence de notre continent sur la scène mondiale. [... ]

Ce qui s'est fait jusqu'à présent ne représente pas l'ambition de l'Afrique : c'est-à-dire capitaliser ce potentiel, pour que l'Afrique joue ce rôle important qu'elle devrait jouer. [... ]

Quelle est votre différence par rapport à Lassana Palenfo qui est président de l'Acnoa depuis 2005 ?

D'abord, le président Palenfo a exprimé très clairement son désir de passer la main, en 2013, quand il a été élu pour un troisième mandat. Je crois qu'il a envisagé un passage de relais entre générations.

Bien sûr, des choses ont été faites, mais je crois qu'on peut faire mieux. C'est pourquoi j'ai décidé de mettre mon expérience à la disposition de l'Afrique. Je suis dans la gestion du sport depuis une quarantaine d'années. [... ]

Tout d'abord, j'ai une stratégie fondée sur la réalisation de centres de formation pour les jeunes, en utilisant les moyens existants, comme les universités et les académies sportives qui se créent en Afrique. Je souhaite établir des partenariats qui permettent d'augmenter les moyens de production de bons athlètes. Je veux aussi mesurer le niveau scientifique et technique de notre continent par rapport aux moyens que les autres utilisent. [... ]

Est-ce dans ce domaine que le président Lassana Palenfo n'a pas fait suffisamment de choses ?

Je suis président de la Confédération africaine d'athlétisme (CAA) et ma discipline est l'un des sports les plus performants aux Jeux olympiques et aux Championnats du monde.

Nous avons des centres qui forment à la fois des athlètes, des entraîneurs et des officiels. Nous ne bénéficions pourtant pas du soutien de l'Acnoa. Elle compte seulement les médailles de l'athlétisme, sans investir pour augmenter leur nombre. Une telle perception ne peut être perpétuée.

J'ai dirigé une commission ad hoc pour préparer les sportifs africains aux Jeux de Rio. Je me suis renseigné sur l'existence de centres d'entraînement pour les autres sports. Mais l'appui souhaité n'était pas celui qui correspondait à nos aspirations. [... ]

Tout ceci est dû au fait qu'il manque une stratégie cohérente, établie de manière concertée. Il y a aussi une sorte d'absence d'adhésion à la stratégie en cours, parce qu'elle est fondée sur la navigation à vue.

Nous devons améliorer les choses en impliquant notamment les membres du CIO africain, les présidents des comités olympiques nationaux, les présidents des confédérations de sports olympiques, et les zones de développement qui sont les structures décentralisées de l'Acnoa.

Enfin, il faut maintenir une coopération fructueuse et apaisée avec les gouvernements et l'Union africaine. Cela permettra de capitaliser les moyens, parce que l'Afrique n'a pas beaucoup de ressources pour développer véritablement le sport. [... ]

Etes-vous surpris que le président Lassana Palenfo se soit représenté pour un quatrième mandat ?

J'avais entendu parler de son intention de changer d'avis. Mais je ne pensais pas qu'il irait jusqu'au bout... L'argument avancé est que la plupart des présidents de comités nationaux olympiques lui ont demandé de se présenter. Mais cette hypothèse [... ] ne me paraît pas vraie. [... ]

L'athlétisme rapporte beaucoup de médailles aux Jeux olympiques et aux Championnats du monde. Faut-il toutefois développer d'autres sports comme le taekwondo, qui a rapporté plusieurs médailles à l'Afrique aux JO 2016 ?

Je suis parti de critères très concrets pour monter le projet, lorsque j'ai été désigné à cinq mois des Jeux olympiques pour présider la commission ad hoc chargée de gérer la participation de l'Afrique aux JO.

Tout d'abord, j'ai fait le bilan des sports de 2000 à 2012 ; ceux qui ont régulièrement été qualifiés aux JO et ceux qui ont gagné des médailles. Nous avons ainsi identifié sept sports individuels : taekwondo, athlétisme, judo, boxe, haltérophilie, etc.

Nous sommes ensuite allés chercher les athlètes classés parmi les dix premiers au ranking mondial dans ces disciplines. Ils ont bénéficié d'un appui particulier. Ils ont reçu des fonds que l'Acnoa affecte habituellement à l'organisation des Jeux africains. [... ]

Cinq mois, c'est court pour préparer nos athlètes. Il ne faut pas cinq mois mais quatre ans. Mais j'ai conduit la préparation qu'on m'a demandée et ça a payé puisque le taekwondo a pu décrocher des podiums. [... ]

Si on prépare nos athlètes tôt, on peut accroitre notre nombre de médailles. [... ] Si nous organisons notre préparation sur la base des statistiques, nous pouvons aller jusqu'à dix ou douze sports performants, en ajoutant notamment les sports collectifs autres que le football qui a déjà gagné des médailles. [... ]

Nous pouvons aussi nous ouvrir aux autres partenaires internationaux de développement du sport.

Nous avons la capacité d'aller au-delà des 45, 50, 60, ou 70 médailles. [... ]

Est-ce que l'organisation en Afrique des Jeux olympiques est un objectif pour vous ?

C'est un grand souhait. La contribution de l'Afrique aux Jeux olympiques est importante. Et il n'y a pas de raison qu'elle n'accueille pas les JO. Mais l'environnement économique et international fait que les dirigeants politiques de notre continent hésitent à s'engager fermement. Autant nous nous sommes réjouis de la bonne organisation de la Coupe du monde 2010 de football, autant nous exprimons notre déception de ne même pas pouvoir organiser les Jeux du Commonwealth 2022.

Notre volonté d'organiser les Jeux olympiques demeure. Il faut voir quelles conditions l'Afrique doit réunir pour qu'un de ses pays accueille les Jeux. Ce n'est pas impossible pour nous.

N'est-ce pas illusoire alors qu'une ville aussi développée que Durban a renoncé aux Jeux du Commonwealth 2022 ?

L'Afrique n'est pas condamnée à vivre ces moments difficiles au plan économique. L'Afrique a suffisamment de ressources. [... ] Il n'y a pas de raison qu'on n'envisage pas de progrès économiques en Afrique. [... ] L'Afrique est un continent riche [... ] Je ne doute pas que l'Afrique puisse organiser un jour les Jeux olympiques.

Congo-Brazzaville

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