4 Mai 2017

Congo-Kinshasa: Massacres et fosses communes au Kasaï - Le pays toujours dans le collimateur de l'ONU

Les Nations Unies, à travers leur Haut-Commissariat aux Droits de l'Homme, ne font qu'accentuer les pressions sur les autorités de Kinshasa en vue d'obtenir une enquête internationale indépendante sur les massacres et les fosses communes qui jalonnent le feuilleton de l'insécurité dans les quatre provinces éclatées de l'espace kasaïen.

La dernière interpellation en date est venue de Zeid Ra'ad Al Hussein, Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, qui a dénoncé, le lundi 1er mai, la persistance d'une situation sécuritaire catastrophique en RDC et au Sud-Soudan.

S'agissant spécialement de la RDC, il a fait savoir que ses équipes continuaient de suivre la situation de près sur le terrain, en faisant parler des témoins et des victimes. Il a réitéré la demande formulée il y a un mois, à savoir l'ouverture diligente d'une enquête neutre sérieuse, en vue d'identifier les vrais auteurs des massacres de plus d'une centaine d'innocents, parmi lesquels les enquêteurs onusiens Michael Sharp (USA) et Zaida Catalan (Suède). « Nous en appelons à des enquêtes indépendantes et à la justice, peu importe qui sont les auteurs et les instigateurs de ces meurtres », a-t-il martelé.

On rappelle que depuis le mois d'août 2016, après l'exécution du coutumier Kamuina Nsapu par les armes, cette partie de la Démocratique du Congo est entrée dans la spirale des violences, avec la clef des bavures sans nombre attribuées aux miliciens, à la et à l'armée nationale.

Mais l'un des tableaux sombres de ce climat de chasse à l'homme miliciens et éléments en uniforme a été la diffusion, en mars dernier, d'une vidéo montrant des militaires des FARDC en train de des civils sans défense dans un village de la province du Kasaï. avoir parlé d'un montage grossier, le gouvernement congolais fini par admettre la réalité des faits et chargé l'Auditorat des FARDC d'une enquête qui a abouti, non seulement à l'arrestation sept officiers et sous-officiers impliqués dans lesdits massacres, mais aussi à la découverte de trois fosses communes.

Et pendant que l'enquête du parquet militaire était en cours en vue rechercher d'autres présumés auteurs des atrocités décriées à le monde, une enquête du Haut Commissariat des Nations Unies Droits de l'Homme et une autre, menée conjointement sur le terrain des journalistes de Reuters et RFI, faisaient état de l'existence plus d'au moins 19 fosses communes. A ce jour, le nombre des communes a dépassé la quarantaine, ce qui tend de plus en plus asseoir la thèse de violations graves des droits de l'homme, dans chef des troupes régulières, dans leur campagne de répression non seulement les miliciens, mais aussi tous ceux qui, surtout jeunes, sont soupçonnés d'être en collusion avec eux.

Les pressions onusiennes sur le pouvoir en place à Kinshasa sont vives, et les répliques des autorités congolaises, si cinglantes, l'on assiste pratiquement à un bras de fer entre la RDC et communauté internationale. A l'ONU et à l'Union Européenne, sanctions sont brandies à l'endroit des officiels, civils militaires, soupçonnés de commanditer l'insécurité dans l' Kasaï. Le décor d'un isolement diplomatique de Kinshasa, qui ne pas son nom, semble en train d'être planté à New York, Washington, Ottawa, Bruxelles, Paris, Londres, Bonn, etc. L'ONU, l'UE, les USA, Canada, la Belgique, la France semblent prêtes à tout pour la vérité dans ce qui se passe au centre de la RDC.

Agenda caché de glissement du calendrier électoral

La face cachée de l'insécurité dans les 4 nouvelles provinces l'espace kasaïen (Kasaï, Kasai Oriental, Kasaï Central, Lomami) est spectre du glissement du calendrier électoral. A ce sujet, la de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) d' suspendre les opérations d'enrôlement est une indication sur l'intention de cette dernière de ne pas organiser les élections 2017, prenat le contre-pied des parties signataires de l'Accord du décembre 2016.

La mesure de la centrale électorale est d'autant surprenante qu' Nord-Kivu, en Ituri et au Sud-Kivu, où les forces négatives internes qu'étrangères tuent, pillent, violent tous les jours, la n'a pas envisagé l'arrêt des opérations d'enrôlement. En dépit vols et pillages des kits électoraux ainsi qu'embuscades contre les équipes chargées de l'identification et de l'enrôlement, tout s'est passé dans l'Est du pays comme si la paix durable y revenue, alors que des milliers de déplacés internes écument forêts, vallées et savanes, fuyant l'insécurité au loin, et que envahisseurs étrangers s'implantent dans des villages congolais, faisant délivrer au passage des cartes d'électeurs. Des millions Congolaises et Congolais voudraient savoir ce que cache le « » du fichier électoral dans la partie Est du pays, infestés rebelles sud-soudanais, ougandais, rwandais et burundais ainsi groupes armés locaux et l'incapacité pour la CENI de se livrer au exercice dans l'espace kasaîen, où les autorités civiles militaires, centrales et provinciales, soutiennent que la est sous contrôle.

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