7 Mai 2017

Burkina Faso: Pôles de croissance et de compétitivité

Le comité national de pilotage des pôles de croissance et de compétitivité a tenu sa première réunion statutaire de l'année, vendredi 5 mai 2017 à Ouagadougou. Les membres se sont accordés, entre autres, sur la nécessité de finaliser la politique nationale des pôles de croissance.

«Même s'il s'agit d'entreprises familiales, il faut accepter débourser un peu d'argent». C'est par cette sorte de boutade que la Ministre de l'Economie, des Finances et du Développement (MINEFID), Rosine Coulibaly, a répondu à un appel à l'aide d'exploitants de périmètres agricoles sur le site du pôle de croissance de Bagré. C'était à l'occasion de la première session annuelle du Comité de pilotage des pôles de croissance (CNPPC), tenue le vendredi 5 mai 2017 à Ouagadougou. Cette session a analysé la place de l'exploitation familiale dans les agropôles ; en témoigne le thème « Agropôles et agriculture familiale : faire des agropôles un levier d'émergence d'exploitations familiales modernes et compétitives ». Un thème qui trouve son essence dans la situation socioéconomique du Burkina Faso, 80% de la population active du pays étant occupée par le secteur agricole, avec notamment des exploitations de type familial.

C'est-à-dire, de petites unités agricoles orientées principalement vers la culture de subsistance.Le CNPPC a d'abord fait remarquer que le premier pôle de croissance à vocation agricole au Burkina est Bagré, et il est d'ailleurs toujours en construction. De l'état des lieux qui en a été fait, il est ressorti que 3380 ha de terres y ont été aménagés au stade actuel pour une prévision de 6000 ha au total. Aussi, 3250 exploitants familiaux sont installés. Leur porte-voix à la session du Comité était Issaka Sango. Ce dernier a confié que Bagrépôle a renforcé les capacités des exploitants familiaux, en termes de techniques de production, d'organisation des groupements de producteurs, de mise en relation d'affaires entre les différents acteurs des chaînes de production agricole, ainsi que l'accès au crédit auprès des institutions financières... «Les paysans sont satisfaits des nouvelles connaissances qu'ils ont acquises», a-t-il laissé entendre. Encore que les productions ont augmenté avec ces différentes interventions. Ce faisant, depuis 2012, les populations ont un intérêt de plus en plus porté vers la sécurisation foncière.

Développer l'approche pôles de croissance

Ils sollicitent une mise à disposition diligente des documents officiels des superficies aux exploitants, afin de pouvoir s'engager auprès des banques en toute confiance. En sus de cette difficulté, M. Sango a déploré l'accompagnement insuffisant dans l'aménagement des terres. Relayant les sollicitations de ses collègues exploitants, il a souhaité un soutien pour un meilleur accès aux intrants et équipements agricoles, des mécanismes de financement plus souples et supportables et des magasins de stockage. C'est à ce propos que Rosine Coulibaly a souligné qu'il faut se départir de la propension à toujours solliciter des subventions de l'Etat. Toutefois, elle s'est réjouie que Bagrépole offre la possibilité d'entreprendre. «Ce sont des exemples qui doivent être relayés auprès de la jeunesse. Pour qu'elle comprenne qu'elle peut se réaliser à travers la terre», a-t-elle expliqué. Les échanges entre participants ont également souligné l'importance d'attiser cet intérêt. Le Comité de pilotage a été d'avis qu'il y a lieu de faciliter l'accès des exploitants familiaux aux documents de leurs terres, pour les rendre davantage crédibles auprès des banques. La session a également ouvert une brèche à l'intention des agro- businessmen pour avoir une idée de ce qui est effectivement réalisé sur le site de Bagrépôle. Yacouba Koné, représentant la fédération des Farmers, une entreprise professionnelle d'exploitation agricole, a présenté leur exemple. Cette structure emploie 400 petits producteurs, et leur apporte tous les soutiens possibles pour la production de souchet, de paprika, de soja et de sésame. Elle garantit également le marché puisqu'elle achète toute la production bord-champ. Un exemple qui a été salué par les membres du CNPPC.

Au terme de la session, le comité a dégagé comme perspectives, la finalisation d'ici à 2020 de la politique nationale des pôles de croissance et de compétitivité ainsi que l'actualisation de leur dispositif institutionnel. Il convient de noter qu'en plus du pôle de croissance à vocation agricole (agropôle) de Bagré, le gouvernement ambitionne de développer un pôle de croissance et de compétitivité au Sahel, deux autres agropoles dans le Sourou et à Samandéni ainsi que des technopoles et des zones économiques spéciales à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, pour lesquelless les études de faisabilité seraient déjà bouclées.

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