10 Mai 2017

Sénégal: Kédougou - Les émigrés invités à revenir s'investir dans leurs terroirs

Kédougou — Le manager général de l'ONG Keoh, Dialiba Tanjan, a plaidé mardi pour un retour des émigrés de Kédougou au bercail, afin de contribuer à développer leurs terroirs.

Il a lancé cet appel au cours d'une journée de réflexion organisée par l'Association d'appui aux initiatives locales et à l'environnement (AILE), en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer, au CDEPS de Kédougou ce mardi.

Et, c'est avec insistance qu'il a invité les émigrés de la région de Kédougou à revenir entreprendre dans la zone. Selon lui, "personne d'autre que nous viendra développer notre région". Mais pour celui qui a vécu 9 ans à Paris, "revenir peut être perçu comme une marque de folie par la famille et les proches restés au pays".

Malgré tout, il reste convaincu qu"'aucune aide, qu'aucun autre que les Africains, ne pourra (assurer) le développement de l'Afrique". Levant un coin du voile sur la vie des émigrés en Occident, M. Tandian a déclaré que "les émigrés survivent et s'entassent comme des pots de sardines dans des chambrettes exigües ».

Même si l'accompagnement peut faire défaut pour quelqu'un qui vit à Kédougou, il faut s'ériger en modèle pour les jeunes, a-t-il exhorté.

Outre son cas, il a cité celui de Bélé Sow qui, après la Sorbonne, est revenu s'investir dans l'agriculture comme lui.

A en croire Dialiba, "il faut que l'Etat aille plus loin dans l'assistance et le management des projets en capacitant les promoteurs et en leur accordant des subventions".

Parlant de son projet de pisciculture, il a rappelé que "tout le monde venait filmer jusqu'au jour où les eaux ont tout emporté". Plus personne ne s'est préoccupé de sa situation et le financement du plan REVA ne lui est jamais parvenu, s'est-il désolé.

"Ce n'est pas en prenant les pirogues qu'on donnera à l'Afrique son émergence mais en affrontant les difficultés sur place", a-t-il lancé aux jeunes. Pour lui, "les capitaux immenses rapatriés en Afrique sont certes importants mais ne suffisent pas à eux seuls à réaliser le développement".

Le président du conseil régional de la jeunesse, Ousmane Mamadou Soumaré, a lui appelé les jeunes à plus de responsabilité, à plus d'initiatives et d'engagement "pour sortir la tête de l'eau".

Ute Bocandé de la Fondation Konrad Adenauer a quant à elle plaidé pour une valorisation des ressources locales, gage d'un développement endogène.

Selon elle, "les parents qui vendent bijoux, bétail, meubles pour pousser les jeunes à la mer sont aussi responsables" des morts notés dans le cadre de l'émigration clandestine.

Le président de l'AILE, Abdou Karim Camara, dit vouloir inverser la tendance actuelle en envisageant un retour massif vers le terroir et vers la terre. "Il faut entreprendre et avoir l'esprit positif en ayant confiance en nos propres capacités".

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