12 Mai 2017

Burkina Faso: Parlons-en - Eternel Marley!

«Chacun retient ce qu'il veut de Bob Marley. Pour les rastas, c'est un prophète.

Pour certaines, il reste un amant... Mais pour moi, c'est juste mon papa!» Dixit Ziggy Marley, l'aîné des fils de ce grand nom du reggae, décédé le 11 mai 1981. Un papa de célèbre réputation toutefois, que personne n'oublie 36 ans après sa disparition. Un papa incroyable qui a semé à tout vent des messages d'espoir et de bonheur, et dont la voix résonne toujours aux quatre coins du monde comme une incontournable conscience morale. Celui-là même que l'on n'hésite pas à désigner comme «l'un des plus grands mythes du XXe siècle». Et pour Ziggy, il y a de quoi être fier. «Cela sera toujours un honneur d'être présenté comme le fils de Bob Marley. Si votre père est un homme bien, c'est logique», a-t-il déclaré, la main sur le cœur.

Je dirai à la suite de Ziggy que nombre de personnes se réclament d'une manière ou d'une autre de Robert Nesta Marley, et pensent à juste titre que c'est «un homme bien». En effet, à travers ses chansons, l'époux de Rita a vivifié l'humanité par ses messages engagés. S'érigeant en porte-voix des déshérités, des laissés-pour-compte et des opprimés de tous genres, «le musicien le plus connu et le plus vénéré du reggae» a toujours su mettre le doigt sur les plaies du monde. Des mots justes, des phrases choc et un reggae revigoré, personnalisé même, pour véhiculer des thématiques qui touchent tous les publics.

On continue de fredonner, voire même de chanter à tue-tête, ci et là, Redemption Song, Who the Cap Fit, et autre Rat Race. Même que pour notre bonheur, d'autres artistes revisitent, après l'avoir adopté, le patrimoine musical de cet artiste hors pair. Je noterai juste ici le formidable clin d'œil, que dis-je!, l'indicible hommage d'Alpha Blondy, qui a légué à la postérité au moins deux titres du célébrissime reggaeman, repris en français: War (La guerre) et I Shot the Sheriff (J'ai tué le commissaire). Même le Sénégalais Youssou Ndour y est allé de son «One love, no woman no cry, stand up... La musique de Marley m'a bien inspiré... Les Africains aiment bien le One drop dans le roots reggae... », reprenant dans une chanson des titres culte d'un chanteur désormais immortel.

Indéniablement, cet homme-là, Robert Nesta Marley, avait quelque chose d'unique, le chic pour soulever et emballer les foules. Mais pas seulement. La «magie Marley» opérait -- opère encore -- jusque dans les salons les plus huppés. Dans toutes les strates de la société, nul n'est resté insensible à son message, à sa foi en l'homme, à son combat. Toutes choses qui l'ont érigé en véritable icône de la libération des consciences et des peuples, qui a enseigné entre autres: «Essaie de devenir ce que tu veux plutôt que de devenir ce qu'ils veulent que tu sois.» Un visionnaire aussi, qui sait parler d'amour là où tout respire la haine: «Combat le diable avec cette chose que l'on appelle l'amour», conseille-t-il. Avant de marteler: «Dieu a créé les gens en technicolor. Dieu n'a jamais fait de différence entre un noir, un blanc, un bleu, un vert ou un rose».

Après avoir vendu plus de 200 millions de disques à travers le monde, Bob Marley, génial peintre de nos sociétés en déconfiture, reste, trente-six ans après sa disparition, l'objet d'un culte permanent, d'un hommage quasi-religieux. Musicien le plus vénéré du reggae, il suscite toujours des vocations, et le 11-Mai, date de son décès, fait l'objet de nombreuses manifestations culturelles.

Témoins de cette histoire partagée, écrite en partie par ce chanteur inclassable qui a prôné l'unité africaine (Africa unite) avec les Africains, et chanté pour l'indépendance du Zimbabwe, les jeunes reggaemakers de notre pays et d'Afrique ont le devoir de s'approprier son formidable héritage. J'en suis convaincu, Bob Marley restera dans le cœur de nombre de personnes, et sa formidable histoire ainsi que sa sublime musique continueront de se perpétuer de génération en génération.

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