14 Mai 2017

Congo-Kinshasa: Gouvernement Tshibala - Divin Mutombo crie au statu quo !

"Il n'accorde aucune chance de réussite au Gouvernement Bruno Tshibala. Cependant, il euphémise en disant que si celui-ci fait preuve de beaucoup de dynamisme ou de rigueur dans la gestion de la Res publica, il peut bien s'en sortir.

Ce qui, malheureusement, ne sera pas le cas, vu le contexte du moment et l'emprise du pouvoir Pprdien qui pèse sur ce "renégat". Lui, c'est Divin Mutombo Mwan'a Godefroid, Haut cadre indépendant et Analyste Politologue qui donne sa lecture des faits, par rapport au gouvernement Bruno Tshibala dont l'Ordonnance de nomination des ministres d'Etat, Vice-premiers ministres, ministres et Vice-ministres est tombée le 08 mai 2017, soit un mois plus tard, celle nommant le chef de l'exécutif central lui-même.

C'était au cours d'un entretien à bâtons rompus, le vendredi 12 mai 2017. Sans toutefois vouloir être prophète de malheur, Divin Mutombo scrute à la loupe le fonctionnement du gouvernement Tshibla qui, selon lui, porte déjà le stigmate d'échec pour s'être écarté de l'esprit et la lettre de l'Accord du 31 décembre 2017, pourtant, acclamé par les Congolais et toute la Communauté internationale.

Dans son analyse projective et systématisée, il met en exergue la manière dont l'intérêt du peuple congolais est mis en jeu.

Il souhaite que les choses se passent comme il se doit. Car, insiste-t-il, l'on ne peut pas priver aux Congolais de jouir de leurs droits. "Nous ne sommes plus à l'Accord, nous sommes plutôt ailleurs".

C'est ici l'occasion pour cet analyste politologue, d'en appeler à la sagesse du Chef de l'Etat de continuer à marquer son temps. Car, alerte-t-il, "c'est vers la fin qu'on pourrait voir son œuvre détruite". Personne n'a l'intention d'y en arriver là.

Seulement, il y a bien moyen de regarder sur le rétroviseur, conseille l'interlocuteur du Quotidien La Prospérité qui, par ailleurs, n'ignore pas la souffrance du peuple congolais. Lui, non plus n'étant pas à l'écart de cette souffrance.

Par ailleurs, il aurait péché contre sa conscience et contre le peuple, s'il affirmait que Badibanga a bien travaillé. "Rien du tout". La majorité présidentielle ne doit pas fermer les yeux devant les abus que commettent les leurs.

Le Chef de l'Etat Joseph Kabila détient encore tout son pouvoir régalien, martèle Mwan'a Godefroid. De ce fait, il doit veiller sur le gouvernement, sur ses animateurs et sur le Parlement.

Rapatrier le corps de Tshisekedi dans la dignité

A l'instar des saintes écritures, Divin Mutombo est d'avis que le Chef de l'Etat est capable de dire un mot pour que les choses s'accomplissent.

Autrement dit, l'Analyste indépendant invite le Chef de l'Etat à peser de tout son poids pour le rapatriement du corps d'Etienne Tshisekedi qui, compte tenu de son statut social, soit enterré en toute dignité.

Il gagnerait plus en termes de grandeur nature, lui qui est le garant de la paix. S'il avait accepté le déblocage de près de 250.000 USD pour l'organisation de ces obsèques, de ce que Joseph Kabila aurait marqué aussi son accord de principe pour des hommages dignes d'une icône, d'une personnalité emblématique aux multiples facettes, le Nelson Mandela de la RDC, soutient Divin.

"L'illustre disparu mérite bien d'être décoré conformément aux hautes fonctions exercées au pays. Si on a décoré des musiciens, pourquoi ne le ferait-on pas à lui"? Se demande Divin Mutombo.

A la question de savoir s'il est encore possible de revenir à l'Accord?

L'hôte du Journal La Prospérité répond par l'affirmation.

A l'en croire, il n'y a que des "imbéciles" qui ne reculent pas. Ici, il est question d'une vie de la nation. A qui profiterait une telle situation? Tous souhaitent un gouvernement d'union nationale qui soit à mesure de conduire les Congolais aux élections crédibles et apaisées, argue-t-il.

Contre toute attente, à voir de près la configuration du gouvernement actuel, "je doute fort qu'il y ait élections en 2017, même pas en 2018. "Je présume qu'il y aura plus des conflits qu'il en apportera des solutions" au regard des intérêts égoïstes que chacun voudrait bien s'arroger.

Tshibala risque de mettre au premier plan, ses intérêts. Il n'aura pas l'effectivité du pouvoir devant quelques gabarits du PPRD ou de la Majorité au pouvoir qui peut, à tout instant le rabrouer. Et pourtant, regrette Mutombo, "j'aurai souhaité qu'il soit un Premier ministre d'actions et non d'explications".

Kabila avance

Dans un autre chapitre, quoiqu'on puisse pérorer, la machine de Kabila avance à pas de géant. Ainsi, dans un communiqué officiel de la Présidence de la République, daté du 13 mai dernier, dûment signé par son Directeur de Cabinet, Néhémie Mwilanya Wilondja, le Chef de l'Etat a sollicité à toutes les composantes de la classe politique et sociale, parties prenantes à l'Accord global et inclusif du Centre Interdiocésain, de lui transmettre endéans, 48 heures, la liste de leurs délégués au Conseil National de Suivi de l'Accord (CNSA).

Comme quoi, les Congolais risquent d'être surpris, dès ce lundi 15 mai, par la promulgation d'une Ordonnance portant nomination des membres de CNSA. Aujourd'hui lundi encore, Bruno Tshibala va présenter avec toute son équipe, le programme du gouvernement au Parlement et par la suite, y être investi.

Mais au-delà, c'est demain mardi, qu'il y aura la traditionnelle cérémoniale de remise-reprise entre le Premier ministre sortant, Samy Badibanga et son successeur Bruno Tshibala.

Dans l'entretemps, les Congolais vivront en spectacle, un défilé militaire monstre, ce jeudi 17 mai, marquant le Vingtième anniversaire de prise de pouvoir par l'AFDL, sous la clairvoyance de Mzee Laurent Désiré Kabila.

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