14 Mai 2017

Congo-Kinshasa: Après l'affaire Tshibala, voici la lutte de succession à Tshisekedi - CNSA - Joseph Kabila attend d'urgence les listes de délégués !

Officiellement, c'est depuis le vendredi 12 mai dernier que le Chef de l'Etat, Joseph Kabila Kabange, dans un communiqué, a demandé aux parties prenantes aux discussions directes, telles qu'elles s'étaient tenues au Centre Interdiocésain, sous les bons offices des Evêques catholiques, du 8 décembre 2016 jusqu'au 27 mars 2017, de lui présenter, endéans 48 heures, les listes de leurs délégués au Conseil National de Suivi de l'Accord du 31 décembre 2016.

Cette démarche s'inscrit, soutient ce communiqué, dans la droite ligne de l'invitation du Président de la République qui, dans son discours à la nation, le 5 avril 2017, pressait la classe politique et sociale à accélérer les tractations en vue de la désignation, dans la foulée de l'entrée en fonction du gouvernement Bruno Tshibala Nzenzhe, aujourd'hui, lors de son investiture au Parlement, d'une personnalité consensuelle devant présider à la destinée du Conseil de Suivi de l'Accord.

A Limete, cet appel du Chef de l'Etat est véhément rejeté par le Rassemblement de Félix Tshisekedi. Donc, Lumbi ne rivalisera point. A Kasa-Vubu, pendant ce temps, l'heure n'est plus aux discussions stériles, ni aux combats oiseux. Joseph Olenghankoy se dit prêt à succéder à Etienne Tshisekedi, en tant que Président du Conseil de sages de son aile du Rassemblement.

De son côté, Eve Bazaïba, engageant le Front pour le Respect de l'Accord et le Mlc dont Bemba, le Chairman, continue à exercer une influence décisive, depuis sa Cellule de Scheveningen, de la CPI, à la Haye, va, non seulement déposer sa liste, mais également, participer à la bataille pour la conquête de ce poste qui, à son avis, avait été confié à Etienne Tshisekedi de façon "intuitu personae".

Dès de le départ, Vital Kamerhe, de l'UNC et de l'Opposition signataire de l'Accord du 18 octobre 2016, s'était déjà signalé comme candidat au même poste. Il y va de même d'Odette Babandoa Etoa, dans une démarche à classer dans les rangs des "Outsiders", qui s'invite à la compétition. Elle avait déjà écrit à ce sujet, au Chef de l'Etat ainsi qu'aux Présidents de deux Chambres du Parlement.

Langage des sourds

Très préoccupé par les derniers développements de la situation politique en RD. Congo autour des obsèques d'Etienne Tshisekedi wa Mulumba, décédé depuis le 1er février à la Clinique Sainte Elisabeth, à Bruxelles et dont le corps n'a toujours pas été inhumé, et, surtout, par les dernières rixes survenues, la semaine passée au siège de l'Udps, à Limete, le Rassemblement du tandem Félix-Lumbi qui, depuis la signature de l'Arrangement Particulier, le 27 avril 2017, crie à la violation de l'Accord du 31 décembre 2016 et récuse le gouvernement Bruno Tshibala, n'a vraiment pas de cœur à l'ouvrage. Il se dit, par contre, non partant et relance, par conséquent, un appel au respect stricto sensu, de l'Accord de la Saint Sylvestre.

Page tournée

Chose qui ne passe pas, du côté de la Majorité présidentielle où l'heure est venue, selon elle, de passer aux actes. Les partisans du Président Kabila insistent, désormais, sur la tenue des élections. L'affaire du partage des postes ou des querelles centrées sur des individualités relève d'un combat à conjuguer au passé. A la Majorité, la page est tournée pour ce type de discussions dont le résultat fait tourner, selon elle, la nation en rond. Comme quoi, le chien aboie, la caravane passe... Mais, en réalité, le langage des sourds persiste.

Impasse

Est-il possible que dans un tel contexte, l'on puisse avoir des élections apaisées en RD. Congo ? Pas si sûr. Puisque le décor planté fait tellement peur que la crise, loin d'être conjurée, est, plutôt, décalée. Certainement qu'à l'avenir, si la décrispation politique n'est pas au rendez-vous, si la cogestion de la transition rate, si la reconfiguration partielle de la CENI ou du CSAC n'est pas réalisée, il va falloir, un beau jour, à l'horizon fin 2017, que les uns et autres y reviennent. Tous, alors tous, seront rattrapés, le moment venu, dans la même nasse. Car, on aura perdu énormément du temps autour de la virgule et du point, en lieu et place de se préparer réellement à l'alternance démocratique. Donc, l'impasse d'aujourd'hui reviendra, sans nul doute, à la surface.

Que va-t-il se passer ?

De toute évidence, il va de soi qu'à l'expiration du délai de 48 heures que le Président de la République, tirant des leçons du passé, en ce qui concerne les titillements du Rassemblement, dans ses multiples ailes, puisse valider les noms de ceux qui lui seront transmis sur les listes de Joseph Olenghankoy, Eve Bazaïba et Vital Kamerhe. Il n'est pas exclu que l'exploit qui a prévalu avant la nomination de Bruno Tshibala, le 7 avril dernier, soit réédité. Ainsi, le groupe de Limete irait-il de surprise en surprises devant la Majorité élargie à tous les éléments piochés dans les rangs de l'Opposition, qu'elle soit dure ou modérée. Autant que cette même recette semble avoir produit ses premiers fruits, avec l'investiture du nouveau Premier Ministre et de son gouvernement, ce lundi 15 mai 2017, autant les caciques de la Majorité n'y trouveraient aucun inconvénient, si le Président Kabila, conformément à l'Accord du 31 décembre 2016 et à l'Arrangement Particulier, signé au Palais du Peuple, le 27 avril dernier, validait, au courant de cette semaine, les membres du CNSA, à l'insu de tous les Opposants radicaux et des Evêques.

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