15 Mai 2017

Cameroun: Pesticides - La Suisse accusée d'exporter des produits interdits vers le Cameroun

Selon Public Eye, une ONG basée en Suisse, le Paraquat et l'Atrazine deux herbicides interdits dans l'Union européenne en raison de leur dangerosité pour la santé, ont été exportés à destination des pays en développement entre 2012 et 2016.

C 'est Public Eye, une ONG basée en Suisse qui donne cette information. Quatre exportations de Paraquat et treize d'Atrazine, deux puissants herbicides pourtant interdits sur le territoire helvétique, ont été enregistrés depuis la Suisse à destination des pays en développement entre 2012 et 2016.

Les pays concernés sont le Brésil, la Chine, l'Inde, le Pakistan, le Pérou, la Thaïlande et surtout le Cameroun, révèle l'ONG en s'appuyant sur des documents confidentiels provenant de l'administration fédérale.

Ces produits, fabriqués par le géant bâlois Syngenta qui « détient entre 40 et 50% du marché global du Paraquat et de l'Atrazine, et dispose de plusieurs sites de production en Suisse. Il s'agit d'un quasi-monopole, puisque le premier concurrent de Syngenta n'atteint même pas 1% de ce marché », a affirmé dans les médias suisses Laurent Gaberell, responsable du dossier auprès de Public Eye.

Le Paraquat et l'Atrazine ont été interdits en Suisse et dans l’Union européenne en raison de leur dangerosité pour la santé et l'environnement, apprend-on. Ils font partie des pesticides les plus toxiques au monde et ne peuvent en aucun cas être utilisés de manière sûre dans les pays en développement. Le Paraquat cause chaque année des milliers d'empoisonnements.

Il est lié à plusieurs maladies chroniques, dont la maladie de Parkinson, comme le montre un récent rapport. L'atrazine est quant à lui, un perturbateur endocrinien qui affecte le système reproducteur et augmente les risques de cancer.

Si l'information rendue publique le 08 mai dernier par Public Eye fait l'effet d'une bombe, elle ne surprend guère les experts Camerounais. Selon Julbert Konango, le président de la Chambre d'agriculture pour le Littoral, « notre marché est inondé par des produits (intrants par exemple) d'origine douteuse. Il peut arriver qu'un pesticide interdit se retrouve sur le marché à cause des commerçants véreux qui vont l'acheter à vil prix.

Ils procèdent à toute sorte de manipulation ; changent même parfois d'emballage », ditil. Un avis que ne partage pas la délégation régionale du ministère de l'Agriculture et du développement rural. D'après M. Moussong Ezo'o, le responsable bureau vulgarisation régionale, le Paraquat et l'Atrazine ne sont pas mentionnés dans la liste des produits interdits actualisés le 09 mai 2017 par le Minader. Mais, poursuit-il, ils peuvent passer par le marché noir pour se retrouver sur le territoire national.

Mais comment se fait-il que ces pesticides se retrouvent dans ces pays alors même qu'ils sont interdits en Suisse et dans l’Union européenne? Les autorisations de mise sur le marché de pesticides se font uniquement au niveau national, selon Laurent Gaberell. Cependant, en vertu de la Convention de Bâle, apprend-on, la Suisse a l'obligation d'interdire l'exportation de déchets dangereux dans les pays signataires.

Or, plusieurs pays africains, dont le Cameroun, où ont été exportés ces deux pesticides, ont inclus dans leur définition des déchets toxiques, les substances dangereuses frappées d'interdiction dans les pays de production. « C'est pourquoi, nous demandons à la Confédération de respecter ses engagements et de mettre fin à ces exportations illégales », estime Laurent Gaberell.

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