15 Mai 2017

Sénégal: Centrale à charbon de Sendou - Bargny refuse le fait accompli

Bargny et Sendou continuent de s'opposer à la centrale à charbon. Les populations dans tous leurs segments se sont mobilisées samedi à la place publique pour relancer la lutte, cela en dépit des 75% du taux de réalisation des travaux.

Les populations des communes de Bargny et Sendou n'ont pas encore dit leur dernier mot. Loin de faiblir, la mobilisation contre la construction de la centrale à charbon a repris de plus belle.

Samedi, c'est une forte mobilisation qui a été organisée et les populations qui ont rallié aux cris de « centrale bi dou fi takké», (la centrale ne va démarrer) ont réitéré leur farouche opposition à ce projet phare du programme du Président Macky Sall.

En effet, les travaux en cours de la centrale à charbon, arrivés à un taux de réalisations de 75% d'après les autorités, n'ont en rien entamé la détermination des Bargnois dans leur combat contre l'érection de l'unité de production d'énergie. Le combat a repris après quelques semaines de léthargie.

«On était dans une phase de sensibilisation qui nous a pris un mois. Aujourd'hui, c'est notre premier rassemblement pour montrer à la population et aux autorités que nous ne sommes pas d'accord.

À partir de ce moment, Bargny sera debout pour montrer au monde entier qu'il refuse l'érection d'une centrale à charbon sur ses terres», a expliqué le conseiller municipal Pape Ndiambé Ndione parlant de cette journée baptisée "Bargny ville rouge".

A cette occasion, toutes les composantes de la population étaient de la partie, tout de rouge vêtues pour marquer le désaccord de toute la communauté vis-à-vis de cette centrale dont le démarrage de la production est calé au dernier trimestre de 2017.

«S'il y a un projet qui fait l'unanimité en terme de rejet par les populations c'est bien la centrale à charbon », a estimé Mamadou Pouye, coordonnateur du collectif de défense de l'environnement à Bargny.

« Nous avons droit à un environnement sain. Vouloir ériger une centrale à charbon à Bargny est une infraction puisqu'en le faisant, les autorités outrepassent les dispositions juridiques mises en œuvre avec le référendum ; ils peuvent être considérés comme des délinquants.

Nous ne pouvons plus continuer à vivre de ces politiques là. Ce qu'ils nous imposent est inacceptable», a-t-il martelé.

A travers la parole du coordonnateur, les populations de Bargny ont brandi la menace de vote sanction. «Bargny, c'est plus de 60 mille personnes et nous sommes prêts à sanctionner négativement le président Macky Sall aux législatives s'il ne revient pas sur sa position ».

Venu soutenir, la lutte des populations, Fadel Barro s'en est pris à l'Etat « L'état n'arrive pas à nous assurer des soins quand nous tombons malades, pourquoi donc ériger en plein cœur de Bargny une centrale qui va causer des maladies aux populations», s'est interrogé le coordonnateur du mouvement citoyen Y'en a marre.

«Quand on dit que Bargny va disparaitre avec l'érection de la centrale, c'est parce qu'une incertitude notoire plane sur nos lendemains.

Notre ville suffoque car à l'Ouest et au Nord, il y a la Sococim et ses carrières, au Sud l'Océan et à l'Est, on nous sert le Port minéralier et vraquier et la centrale à charbon», a précisé Ibrahima Diagne de l'association Takkom Jerry.

Moment fort de la rencontre des conseillers municipaux, (une vingtaine) membres de l'opposition comme du pouvoir, ont symboliquement déchiré le « faux protocole» qui lie la mairie de Bargny à l'Etat et la CES (Compagnie d'électricité du Sénégal).

«Le conseil n'a jamais validé un protocole. C'est un plan d'actions qui nous a été présenté. Devant les populations, l'Etat et le monde entier, nous démontrons ainsi que jamais le conseil n'a signé ce protocole et jamais nous ne le reconnaitrons puisque c'est un faux», a assuré le conseiller Pape Ndiambé Ndione.

«Un assassinat programmé»

Pour le député Me El Hadj Diouf, la construction de cette centrale sonne comme un «assassinat programmé d'un peuple». C'est pourquoi le Pr Malick Ndiaye a plaidé pour la poursuite du combat contre la centrale dont «les conséquences sur les populations seront désastreuses».

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