17 Mai 2017

Cote d'Ivoire: Mouvement d'humeur dans l'armée - Abidjan à moitié paralysée

L a capitale économique de la Côte d'Ivoire n'est pas restée en marge des mouvements d'humeur des mutins. Débutés le vendredi dernier, ces mouvements se sont plus ressentis, hier, à Abidjan.

En effet, dans la nuit du dimanche, aux environs de 23 heures selon des témoignages, des coups de feu ont été entendus aussi bien dans l'ancien camp que le nouveau camp d'Akouédo, dans la commune de Cocody sur la route de Bingerville.

Ces tirs, assurent des riverains, se sont poursuivis, avant de s'estomper entre 3 heures et 4 heures du matin. Mais contre toute attente, les tirs des soldats mécontents retentissent à nouveau aux alentours de 6 heures pour s'arrêter vers 8 heures.

Le camp Gallieni, dans la commune des affaires, le Plateau, est lui aussi, au petit matin, sous le coup des tirs des hommes en armes. Immédiatement, un dispositif de sécurisation, notamment de la Présidence de la République et de la Primature qui se trouvent au Plateau, se met en place.

« La gendarmerie a dépêché un char pour aider la Garde Républicaine à sécuriser ces deux institutions », nous confie un élément du camp d'Agban.

Avant d'indiquer qu'un autre char a été envoyé vers la télévision nationale, la RTI, où se trouvent des éléments de la Garde Républicaine et des gendarmes ; pour protéger la Maison bleue et son personnel.

Quand notre équipe de reportage arrive au Plateau vers 11 heures, en passant par l'AIP (Agence Ivoirienne de Presse) pour se rendre compte de la situation, c'est le désert total. Bâtiments administratifs, banques, restaurants, représentations diplomatiques et consulaires, hôtels, etc. tout est fermé.

A peine des véhicules - pour la plupart des voitures personnelles- circulent. Pour une commune dont l'embouteillage est le maître mot, ce jour ouvrable ressemblait fort bien à un dimanche.

Plus loin, ce sont des blindés de la BAE (Brigade Anti-Emeute), des pick-up du CCDO (Centre de Coordination des Décisions Opérationnelles) et des véhicules de la police nationale qui sont postés devant le ministère d'Etat, ministère de l'Intérieur et de la Sécurité.

Le portail bleu de la préfecture de police est fermé et l'on aperçoit un véhicule de police de type 4*4 stationné à quelques mètres.

Nous continuons notre tournée quand l'on aperçoit des véhicules rebrousser chemin au niveau au carrefour de l'Indénié. Notre instinct de journaliste nous amène à voir de près ce qui s'y passe. Un militaire descend de sa moto et se met à tabasser un chauffeur de taxi. « Tu ne vois que c'est barré », s'énerve le mutin.

Le constat est implacable. La voie de l'Indénié (Sapeurs-pompiers) est fermée et tenue par les soldats mécontents. Nous décidons de passer vers le ministère de la Défense.

C'est le même constat. Des barrages de fortune y sont érigés. Alors nous reprenons la route pour nous retrouver sur le boulevard en partance pour Adjamé. Une fois après l'ancien café de Rome vers le pont de Fraternité Matin, pas d'accès. Des barricades ont été posées par les mutins. Les véhicules font demi-tour.

Certains passagers sont obligés de regagner leur domicile à pied. Pendant ce temps, des Forces Armées de Côte d'Ivoire (FACI) et du Groupe de sécurité du président de la République (GSPR) arrivent. Elles tentent de convaincre leurs frères d'arme de libérer la circulation. En tout état de cause, la commune du Plateau était sous contrôle des forces régulières.

A Abidjan Sud, les commerces et la circulation au rendez-vous Dans la commune d'Adjamé, c'est le branle-bas au niveau de Liberté.

Car les populations sont informées que le personnel du journal pro-gouvernemental (Fraternité Matin) a été prié de quitter ses bureaux. Information confirmée par un journaliste de la rédaction joint au téléphone.

Du côté de la Riviera 2, 3 et Palmeraie, les éléments du CCDO, du GSPR, de la BAE et de la police sont postés sur les grandes artères. Les riverains sont, pour certains, terrés chez eux, et pour d'autres sur la voie pour suivre ce qui se passe. Le corridor nord, dans la commune de Yopougon, a été libéré par les agents du CCDO.

En effet, des éléments en civil se réclamant des démobilisés avaient bloqué le corridor de Gesco, entravant la circulation des biens et des personnes ainsi que le trafic routier pendant des heures. Ce qui avait créé des mouvements de panique au sein de la population et des opérateurs économiques qui ont fermé leurs magasins et interrompu leurs activités.

Aux environs de 12h, une colonne de la Garde Républicaine (GR) en patrouille est arrivée sur les lieux et a interpelé ces ex-démobilisés afin qu'ils lèvent leurs barrages. Ce qu'ils auraient refusé.

Les éléments de la GR ont levé de force les barrages érigés, non sans tirer en l'air pour les dissuader de recommencer et éviter un affrontement. Mais ceux-ci déterminés à se faire entendre ont tenté à nouveau de dresser les barrières, ce qui a fait dégénérer la situation.

Mais l'arrivée des éléments de la gendarmerie et du CCDO, qui se sont interposés, a permis d'éviter un affrontement. L'excorridor a été ouvert, vu que le trafic routier a repris son cours. Peu avant cet incident, il avait été signalé des tirs à la base navale de Locodjro empê- chant ainsi la circulation aussi bien navale que terrestre.

Dans l'après-midi, des témoignages ont fait état de tirs sporadiques dans la commune d'Abobo causant au passage un blessé par balle.

Dans la commune sœur, celle d'Anyama, des tirs intermittents ont été entendus. Enfin, dans la partie Sud de la capitale économique (Treichville, Marcory, Koumassi et Porte-Bouët), rien n'a été signalé. Néanmoins, c'était la prudence.

Les commerces étaient à moitié ouverts. Les transports au ralenti. En un mot comme en mille, Abidjan était sous l'effet du mouvement d'humeur des soldats mutins. Les Abidjanais se sont réveillés avec la peur au ventre, tout en espérant que les choses rentreront rapidement dans l'ordre.

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