17 Mai 2017

Congo-Kinshasa: Chute de Mobutu, ascension fulgurante de Mzee Kabila - 17 mai 1997 - Témoignage poignant de Lambert Kaboyi !

La contribution de la Radio politico-militaire de l'Afdl et la chute de Mobutu, Devoir de mémoire de M. Lambert Kaboyi.

Le Devoir de l'homme est de transmettre son savoir, ses connaissances et de présenter généreusement tous les clichés entreposés dans le cerveau. Clichés qui parlent et racontent des faits passés, qui montrent des images, des mouvements, des actes, des périodes touchant au déroulement de toute sa vie passée. De relater ses souvenirs encore vivants, les bons et les mauvais, avec sincérité, honnêteté et vérité.

Un homme doit apporter aux autres ses connaissances, les partager, en faire profiter, les offrir aux générations présentes et à venir, de son vivant.

Le Devoir de mémoire doit servir d'exemple dans ce qui touche les valeurs qui donnent un vrai sens à la vie. Il servira à l'élévation des connaissances, à la morale pour l'homme lui-même en même temps qu'à toute la société.

Le devoir de mémoire est d'utiliser tous les moyens pour que s'inscrivent dans les actions menées, l'hommage, la reconnaissance, à ceux qui nous ont devancés et accomplis des vies exemplaires, recherches, exploits, sacrifices ...

Devoir de mémoire pour montrer notre reconnaissance, notre respect également à ceux qui en sont revenus. Honorer ces hommes et ces femmes qui ont défendu le sol, la terre, la famille, leurs liens et la liberté. Pour se souvenir également de toutes ces personnes de France, de nos anciennes colonies, de nos amis étrangers, qui reposent dans tant de cimetières (certains perdus, abandonnés).

Devoir de mémoire pour construire la Paix, sans oublier les drames, les sacrifices, la folie des hommes. Parler aussi du courage, de la fidélité de l'homme pour défendre les causes honorables, nécessaires à la survie.

En notre qualité d'enseignant d'histoire à l'Université pédagogique nationale, nous sommes interpelé par notre conscience de garder pour nous-même certaines réalités quelque peu ignorées par les masses populaires. C'est dans cette optique que des documents inédits sur l'histoire sociale de notre pays sont encours d'édition notamment, la contribution de la radio politico-militaire dans la conquête du pouvoir à Kinshasa.

Nos publications ont pour base, l'histoire sociale. Il s'agit notamment du développement, sans doute, le plus important et le plus innovant, qui n'a pas moins été porté par l'histoire que par un fort mouvement au-delà du contexte scientifique.

En effet, l'histoire sociale identifie quatre aspects majeurs. Il s'agit de l'engagement aux côtés des gens que les historiens avaient jusqu'alors négligés : journalistes, ouvriers, femmes, minorités ou pauvres ; de l'étude des aspects de la vie de ces gens longtemps méconnus : la famille, l'enfance, le travail, les loisirs, la criminalité, plus généralement la vie quotidienne.

L'apport des médias dans la guerre de libération a été considérable dans la mesure où ils accompagnaient les actions militaires sur le terrain et décourageaient les forces ennemies.

Je me souviens de la date du 29 octobre 1996, lorsque les militaires de l'AFDL avaient envahi la ville de Bukavu. Comme dans des telles circonstances, les habitants de la commune d'Ibanda s'étaient réfugiés à Kadutu qui n'avait pas été envahi par les soldats de l'AFDL. Ceux de la commune dortoir de Bagira plièrent bagage pour aller à Mbobero et à Mbinza. Donc, la ville était vidée de ses habitants.

Il fallait donc, une sensibilisation tous azimuts pour le bien fondé de cette lutte et de convaincre la population à retourner chez elle afin à continuer à vaquer à ses occupations. C'est dans cette optique que trois jours plus tard, le président de l'AFDL, Mzee Laurent-Désiré Kabila fit appel au journaliste Lambert KABOYI, transfuge du journal JUA, de la Radio MAENDELEO et de l'Agence Zaïre Presse(AZAP) pour une étude de faisabilité de ce projet.Le même jour vers 20 heures, le document était prêt et déposé sur la table de Mzee.

Parmi les propositions, Mzee Laurent-Désiré Kabila décida de la création d'une radio. Alors où trouver lés équipements d'une radiodiffusion. L'option fut de réquisitionner l'émetteur de la télévision d'un particulier pour y passer le signal FM. La réquisition d'un autre émetteur ondes courtes d'un kilowatt de la REZATELSATavait été envisagée pour relayer le signal vers des horizons lointains suite à la structure du relief du Kivu montagneux.

Mzee Laurent-Désiré Kabila décida de commencer les émissions de cette radio par l'hymne nationale «Le débout congolais » trouvé dans l'audiothèque de l' OZRT de Bukavu. Signalons qu'à l'étape de Bukavu, Mzee Laurent-Désiré Kabila ne voulait par la prise en force des équipements de l'OZRT, de la Radio Agatasha des Nations unies ni même de la Radio... Devant ces trois médias, il y plaça une garde pour éviter le vol ou pillage.

Cette radio fut baptisée « Radio politico-militaire » avec pour objectif d'accompagner les militaires sur le champ de bataille, de décourager l'ennemie et d'encourager la population à l'adhésion de la cause du mouvement. Les médias internationaux qui couvraient le déplacement de nos troupes l'appelaient « Radio rebelle de Bukavu».

Le lancement de la Radio politico militaire du Kivu a eu lieu le 31 octobre 1996 par l'éditorial écrit de la plume de Mzee Laurent-Désiré Kabila appelant les masses populaires de se rallier à la cause du mouvement visant la libération du Zaïre.

C'est à cette occasion que le pays fut rebaptisé « République Démocratique du Congo » et l'OZRT, la Voix du Peuple. Dans son éditorial, Mzee Laurent Désiré Kabila parlera pour la toute première fois de « forces Démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre » (AFDL) et de l'objectif du mouvement de renverser le régime dictatorial de Kinshasa.

Il est important de souligner que deux de mes collaborateurs ayant répondu à mon appel lors du recrutement des journalistes.

A la chute de Goma, le 31 octobre 1996, je fus détaché de la Radio politico-militaire pour le poste d'attaché de presse de Mzee, étant donné qu'on venait de créer un commissariat en charge de l'information dirigé par Raphaël Genda. Pour job description, je me suis vu confié la rédaction du monitoring matinal.

Ce sont des notes de presse notées sur les radios étrangères à grande audience notamment BBC, RFI, VOA et Deutsche Welle. Ces notes de presse devraient lui être présentées chaque matin à 7 heures. Nous n'avions ni machine à écrire, encore moins un ordinateur. Tout se faisait à la main.

Le monitoring servait notamment à répliquer aux fausses informations en organisant des points de presse animés par certains collaborateurs de Mzee qui étaient chargés d'informer la presse internationale sur les donnes du terrain.

Les monitorings étaient également lus devant les membres de l'Etat-major dirigé par Mzee lui-même. Des informations du terrain des opérations militaires étaient dictées par Mzee pour nous permettre de rédiger les communiqués de presse et les dépêches à déposer à la permanence de la presse étrangère logée à l'occasion à l'hôtel « La frontière » de Goma avec des copies à la base du commissariat en charge de l'information. Recommandation avait été faite de les confier à Magloire Paluku et à José Kajangwa.

15 mars 1997, Kisangani tombe, à la surprise générale des Congolais étant donné qu'on y avait érigé une forteresse sous le commandement de mercenaires serbes et croates. Ici, Lors d'un rassemblement populaire au stade Lumumba, Mzee demanda l'avis de la population, devant un représentant du secrétaire général de l'ONU s'il pouvait envisager une descente sur Kinshasa en vue de prendre le pouvoir. C'était donc là une sorte de referendum populaire. Avec cet avis favorable de la population en liesse, Mzee annonça, à la presse, l'objectif d'envoyer une expédition à Kinshasa pour en terminer avec le régime de Mobutu.

Avec la chute de Lubumbashi, le 9 avril 1997, des délégations de l'AFDL se déferlèrent au Katanga où Mzee affréta des charters pour transporter les populations dans leurs régions d'origine particulièrement au Kivu et dans l'ancienne province du Katanga.

A l'étape du Katanga, Mzee Laurent Désiré Kabila décida de la création de la presse présidentielle qu'il baptisera « Unité de la presse Présidentielle ». Cette tâche fut confiée à M. Lambert KABOYI de recruter les membres de cette structure au quota de trois personnes par province. De Goma, les trois journalistes qui prestaient déjà à nos côtés, Persévérance Ndegey et Iliza étaient appelées à nous rejoindre au Katanga. Sur place, dans la capitale cuprifère, nous avons fait appel à André Ngwej Katot, Jacques Mukaleng Makal et Ernest Mulumba.

Arrivé à Kinshasa, le 20 mai 1997, nous avions fait appel à Séverin Bamany et Kibambe Somwe suivi d'autres jusqu'à la constitution complète de l'équipe en place, actuellement.

La presse présidentielle était un créneau pilote avec entre autres objectifs de recruter les éléments représentant toutes les provinces dans le cadre de la lutte contre les raines de la division ethnico-tribales dans l'administration publique.

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