18 Mai 2017

Algérie: Les bibliothèques, un atout de taille en quête de valorisation

Tous les espaces de lecture, qui se comptent par centaines dans tout le pays, sont peu rentabilisés. C'est un triste constat. Placée sous l'égide des communes, la conduite des bibliothèques municipales est souvent confiée à des fonctionnaires sans réelle connaissance dans le domaine du livre, qui se contentent d'ouvrir et de refermer les portes de ces lieux d'instruction et de savoir.

N'ayant ni programme d'action, ni savoir-faire pour créer l'ambiance et l'attractivité nécessaires, ces cercles de la lecture sont partout très peu fréquentés, voire carrément désertés. Un véritable drame national ! Tout un patrimoine, destiné à la conscientisation et à la préparation du peuple aux défis de son époque, se trouve ainsi paralysé.

La formation et le recyclage de ces personnels à la mission qui est la leur s'impose, donc, d'elle-même, en impératif fondamental. Car, ces conservateurs doivent penser, par exemple, à convier des auteurs pour des conférences ou des séances de ventes-dédicaces.

Une telle action est de nature à attirer les lecteurs pour aller à la rencontre de nos écrivains qui se plaignent, d'ailleurs, de la rareté de ce type d'occasions. On peut également nouer des relations avec des éditeurs, notamment privés, pour bénéficier de lectures fraîches et, du coup, promouvoir les produits en question.

Ce serait aussi un contrat gagnant-gagnant. Se rapprocher des établissements scolaires, qui sont en train de relancer la lecture sur instruction du ministère de l'Education nationale, est autre initiative mutuellement bénéfique.

Organiser un petit atelier d'écriture pour enfants, une séance de lecture, un concours de dessin ou même accueillir une petite exposition picturale, voire des concerts de musiques savantes, sont autant de petites choses qui auraient impacté certain sur le lectorat local et les citoyens de manière générale.

Piloter une bibliothèque - oui, c'est un peu comme conduire un avion - est un exercice exigeant qui requiert de la compétence, de l'imagination et un bon réflexe.

La mission du bibliothécaire ne consiste pas uniquement à prêter des livres aux adhérents, à les recevoir pour consulter un ouvrage quelconque, les orienter dans leur quête, faire de nouvelles acquisitions, organiser les rayonnages et s'occuper des inventaires périodiques, bien que cette corvée routinière soit essentielle dans la vie d'un tel établissement.

Ce travail strictement administratif doit être complété par une dynamique culturelle régulière à travers l'accueil d'événements, l'ouverture sur la société environnante et la participation active à la vie locale.

La direction de la culture de Tizi Ouzou s'est penchée sur la question, en organisant un cycle de formation au profit des gestionnaires des bibliothèques municipales de toute la wilaya, avec l'objectif déclaré d'améliorer l'exploitation de ces espaces en termes de gestion quotidienne, de qualité de service et de fréquentation.

«Le rôle d'une bibliothèque ne doit pas se limiter au prêt de livres et à la lecture, mais doit aussi intégrer l'organisation d'autres activités pouvant contribuer à l'épanouissement de la vie culturelle dans les communes et les villages.

Les bibliothèques doivent être attractives et constituer des espaces de rencontre et d'échange à travers l'élargissement de leurs activités à d'autres créneaux de la vie culturelle et l'organisation d'évènements capables de leur conférer une nouvelle dimension», soutient la directrice de la culture de la ville des Genêts, Nabila Goumeziane, à l'ouverture de ce séminaire, dédié à la socialisation de la lecture publique, à l'animation artistique, à l'échange et au débat.

Toutes les communes du pays ont été dotées de bibliothèques dans le cadre d'un programme lancé par le ministère de la Culture.

Mais tous ces établissements, qui se comptent par centaines dans tout le pays, sont peu rentabilisés. C'est un triste constat. Placées sous l'égide des communes, la conduite de ces bibliothèques municipales est souvent confiée à des fonctionnaires sans réelle connaissance dans le domaine du livre, qui se contentent d'ouvrir et de refermer les portes de ces lieux d'instruction et de savoir.

N'ayant ni programme d'action, ni savoir-faire pour créer l'ambiance et l'attractivité nécessaires, ces cercles de la lecture sont partout très peu fréquentés, voire carrément désertés. Un véritable drame national ! Tout un patrimoine, destiné à la conscientisation et à la préparation du peuple aux défis de son époque, se trouve ainsi paralysé.

La formation et le recyclage de ces personnels à la mission qui est la leur s'impose, donc, d'elle-même, en impératif fondamental. Ils doivent être initiés aux petits secrets du métier pour changer cette situation. Dorénavant, ces conservateurs doivent penser, par exemple, à convier des auteurs pour des conférences ou des séances des ventes-dédicaces.

Une telle action est de nature à attirer les lecteurs pour aller à la rencontre de nos écrivains qui se plaignent, d'ailleurs, de la rareté de ce type d'occasions. On peut également nouer des relations avec des éditeurs, notamment privés, pour bénéficier de lectures fraîches et, du coup, promouvoir les produits en question. Ce serait aussi un contrat gagnant-gagnant.

Se rapprocher des établissements scolaires, qui sont en train de relancer la lecture sur instruction du ministère de l'éducation nationale, est une autre initiative mutuellement bénéfique.

Organiser un petit atelier d'écriture pour enfants, une séance de lecture, un concours de dessin ou même accueillir une petite exposition picturale, voire des concerts de musiques savantes, sont autant de petites choses qui auraient un impact certain sur le lectorat local et les citoyens de manière générale.

Il s'agit de «faire feu de tout bois» pour remettre la bibliothèque communale au centre de communauté locale. Bref, en faire une espèce de maison commune où l'on viendrait pour s'instruire, apprendre, découvrir, rencontrer des gens et s'émanciper.

Les petites bibliothèques municipales constituent, en effet, un atout de taille pour promouvoir la culture, le savoir et les arts. Elles renferment un énorme potentiel en la matière.

Il suffirait juste de les doter d'un encadrement adéquat à même d'y mettre toute la passion qui leur manque présentement !

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