18 Mai 2017

Burkina Faso: Services payés de la police nationale - Flagrant délit de barbotage!

Une équipe de 14 inspecteurs ont conduit du 4 au 28 avril une enquête sur toute l'étendue du territoire pour faire la lumière sur les services payés de la police qui fait couler beaucoup d'encre et de salive. Elle a conclu à des gestions opaques surtout en ce qui concerne la rubrique fonctionnement et formulé des recommandations. C'était lors d'une rencontre présidée par le ministre de tutelle, Simon Compaoré le 17 mai 2017.

S'il y a bien un sujet qui a troublé la quiétude de la police nationale ces derniers temps c'est assurément les services payés qui ont engendré des mouvements d'humeur du corps. En effet la structure syndicale UNAPOL a fait boycotter les services dans les structures privées comme les banques, les hôtels, les sociétés minières pour ne citer que ceux-là. Les poulets dénonçaient ainsi une gestion opaque de la manne générée par ce type de services et pointaient du doigt leur DG, Lazare Tarpaga, dont ils ont exigé et obtenu la démission.

Avant d'agir, le ministre de la Sécurité, Simon Compaoré, a commis une équipe d'enquêteurs conduite par l'inspecteur général des services Zétiyenga Saïdou pour mener des investigations dans les 13 régions du pays sur le sujet. L'enquête a concerné la période de janvier 2016 à février 2017 et a conclu à des pratiques disparates selon la région et selon l'autorité.

En effet, la cagnotte destinée au personnel varie entre 66,33% et 84,50% tandis que elle allouée au fonctionnement s'établit entre 15,15% et 33,47%. Là où le bât blesse c'est la rubrique fonctionnement qui fonctionne comme une caisse de mini- dépenses sans en respecter les règles : non définition préalable des dépenses; non-définition de la nature et des pièces justificatives; gestion opaque; absence de comité de gestion avec des attributions claires... Conséquence : sur la période, plus de 130 millions de francs Cfa ont été distribués à 28 personnes dont le DG (22 millions) son adjoint (14 millions), le directeur des unités d'intervention (10 millions)...

Au cours des 14 mois concernés, le SP a fait une recette totale de 2 166 877 541 FCFA dont 683 433 678 F pour les sociétés minières et 1 483 443 863 F CFA pour les autres structures (hôtels banques...). Quant à la répartition, elle est de 1,1 milliard de FCFA pour le personnel soit 74,67% contre 373 millions (25,33%) pour le fonctionnement. Les recettes moyennes mensuelles s'élèvent, elles, à 153 776 967 F CFA.

Le hic c'est que 53% des dépenses liées au fonctionnement n'ont pas de pièces justificatives. Ces conclusions confirment donc qu'il y avait un barbotage dont les premiers bénéficiaires étaient dans les rangs de la hiérarchie. C'est pourquoi les inspecteurs ont fait 17 recommandations : signer tous les contrats sans délai; harmoniser la clé de répartition ; obtenir des justifications pour toute dépense; mettre formellement en place un comité de gestion dans chaque service; préciser les dépenses illisibles; relire le décret et prévoir des textes d'application; faire approuver tous les contrats par le DG...

Après l'exposé de l'inspecteur général, la parole a été donnée à l'assistance composée en majorité des autorités policières aux plans régional et provincial. Seules trois d'entres elles ont pris la parole pour tenter de se justifier. Comme pour rassurer les uns et les autres, le ministre de tutelle, Simon Compaoré, a d'emblée relevé que cette rencontre de restitution est loin d'être une séance de justification ou un tribunal mais un moyen de faire constater ensemble les défaillances et y trouver des solutions idoines.

Selon lui, les conclusions confirment qu'il y avait deux poids deux mesures qui justifient les plaintes des policiers même si cela ne saurait justifier des actes d'indiscipline qui ne peuvent que ternir l'image du corps. «Tout cela a eu pour soubassement les failles du décret du 17 septembre 1979, il faut donc un nouveau. Mais en attendant, il faut des mesures conservatoires. C'est pourquoi il n'y aura plus de prélèvements jusqu'à nouvel ordre", a dit le ministre d'Etat.

Le commissaire Sénou Wakilou, SG de l'UNAPOL, a dit avoir un sentiment mitigé car cette enquête devrait se faire depuis 2011 où une centaine de ses camarades ont été "injustement radiés" parce qu'ils demandaient justice.

Burkina Faso

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