2 Mai 2017

Sierra Leone: Un foyer pour les jeunes femmes vulnérables

Josephina Akamarg est devenue orpheline alors qu'elle avait quatre ans. Élevée par une grand-mère âgée au sein d'un ménage pauvre de Freetown, la capitale de la Sierra Leone, Josephina a souvent séché les cours, jusqu'au jour où elle est partie de chez elle. Sans parents pour lui venir en aide et avec peu de chances de survie livrée à elle-même, elle a fini par gagner sa vie comme professionnelle du sexe - un destin qu'elle partage avec des milliers d'autres jeunes femmes que la guerre et la maladie ont laissées orphelines. « Je n'avais pas de famille et j'étais seule. J'ai fini dans la rue », explique Josephine, aujourd'hui âgée de 25 ans.

La pauvreté, les conflits, l'inégalité de genre et la perte des parents sont quelques-uns des nombreux facteurs de risques qui font que les adolescentes et les jeunes femmes sont exposées au commerce du sexe. En Sierra Leone, un pays qui poursuit son redressement après une guerre civile, la flambée de maladie à virus Ébola en 2014 a engendré un nouveau groupe vulnérable : les orphelins que la maladie a privés de leurs parents.

Un rapport que vient de publier l'organisme caritatif britannique Street Child estime que l'épidémie d'Ébola a fait 12 000 orphelins rien qu'en Sierra Leone. Âgés de 9 ans en moyenne, ces « orphelins Ébola » se retrouvent aux prises avec le rejet social, la faim, la marginalisation et des risques de grossesses, selon ce même rapport. Les experts mettent en garde contre le fait que de nombreuses filles seront, à terme, contraintes de se livrer au commerce sexuel, ce qui ne fera qu'alimenter encore plus la crise liée au VIH si rien n'est fait pour les protéger.

En association avec des partenaires dont l'action principale est de préserver les jeunes filles du commerce du sexe, le Fonds mondial cherche à aider des jeunes femmes comme Josephina à rester en bonne santé et à reconstruire leur vie. Mis en œuvre par l'intermédiaire de la Rufutha Development Association (RODA), le programme soutenu par le Fonds mondial propose un soutien psychosocial, des conseils en matière de santé et des services de prévention à l'intention des professionnelles du sexe de la Sierra Leone, afin de les aider à se protéger du VIH.

« RODA est une famille pour nous et nous rend plus fortes », explique Josephina. RODA offre également un foyer à de nombreuses jeunes femmes vulnérables qui sont tombées dans le piège du commerce du sexe et de la violence fondée sur le genre. L'association organise des formations à l'usage des professionnelles du sexe afin de leur enseigner des métiers comme la coiffure, la couture ou la restauration, et leur permettre ainsi de gagner leur vie loin de la rue. Beaucoup de ces jeunes femmes ne savent ni lire, ni écrire, de sorte que l'association leur prodigue également des rudiments de lecture et d'arithmétique. RODA organise en outre des réunions communautaires avec les services de police et les autorités municipales pour aider à en finir avec le harcèlement et les problèmes juridiques auxquelles les jeunes femmes se heurtent chaque jour.

« Nous expliquons à ces jeunes femmes qu'elles ont un avenir en dehors du commerce du sexe et qu'elles peuvent se protéger de la maladie, aller à l'école ou suivre une formation pour sortir de la rue », indique Aruna Rashid, responsable de projet pour RODA à Makeni, une ville à l'est de la capitale.

RODA travaille avec quelque 3 500 professionnelles du sexe à Makeni. Selon Mme Rashid, la plupart de ces femmes sont devenues professionnelles du sexe dans leur enfance, pour gagner de quoi se nourrir après la mort de leurs parents, dont beaucoup ont perdu la vie au cours des dix années de guerre civile qui ont pris fin en 2002. Le VIH et d'autres maladies ont aussi prélevé un lourd tribut parmi les parents de ces jeunes femmes qui sont désormais elles-mêmes les plus vulnérables à l'épidémie. En Sierra Leone, la prévalence du VIH au sein de la population générale est de 1,5 pour cent. Chez les professionnelles du sexe, elle peut atteindre jusqu'à 9 pour cent.

Pour le personnel de RODA - qui a été créée en pleine guerre -, la seule façon de régler les problèmes de développement complexes qui frappent la Sierra Leone est de s'attaquer à leurs causes profondes, sachant que les projets communautaires peuvent faire toute la différence. « La pauvreté et le développement forment un problème structurel en Sierra Leone, mais il faut travailler à l'échelon communautaire pour avoir une influence sur la vie des gens », explique Abu B.B. Koroma, formateur pour RODA.

M. Koroma a insisté sur l'importance d'une action en partenariat pour venir à bout des nombreux problèmes de développement que connaît la Sierra Leone, y compris la protection des orphelins et des autres groupes vulnérables. « Nous devons nous concentrer sur le développement des personnes. »

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