18 Mai 2017

Sénégal: Les freins au financement des collectivités locales partagés

Somone (Mbour) — Le ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l'Aménagement du territoire, Abdoulaye Diouf Sarr, a admis que les mécanismes classiques, jusque-là mis en œuvre pour le financement du développement local, n'ont pas "véritablement" permis aux collectivités territoriales sénégalaises de surmonter leurs difficultés.

Pourtant, depuis son lancement en 2013, l'Acte 3 de la décentralisation ouvre des mécanismes innovants de financement du développement territorial, dont le financement bancaire.

Celui-ci est prévu afin de faciliter aux collectivités territoriales l'accès au système bancaire et aux banques de s'ouvrir davantage aux collectivités territoriales, notamment pour le financement de projets d'investissements.

"Le défi est énorme mais nous devons le relever si nous voulons atteindre les objectifs de la réforme et assurer l'émergence de territoires viables, compétitifs et porteurs de développement durable", a lancé Abdoulaye Diouf Sarr.

Le ministre présidait jeudi à Somone (Mbour, ouest) le démarrage des travaux d'un atelier sur le thème : "Financement des collectivités locales par le système bancaire : enjeux et opportunités".

Organisé à l'initiative de l'agence de développement municipal (ADM), cet atelier constitue, pour le ministre, "une belle plateforme d'échanges autour de la problématique du financement par le système bancaire".

Selon lui, les élus locaux, les autorités administratives ainsi que les agents territoriaux ont l'occasion de se familiariser avec le système bancaire, de mieux connaître les modalités et procédures d'accès au financement de projets locaux.

"Ma conviction est que les banques dont la mission première est de financer l'économie et les collectivités territoriales peuvent travailler ensemble et participer, dans une confiance mutuelle et dans un esprit gagnant-gagnant, à la réalisation de projets d'infrastructures et d'équipements, afin de fournir à nos concitoyens des services publics de qualité", a-t-il suggéré.

Pour Abdoulaye Diouf Sarr, tout l'enjeu de la rencontre est de susciter l'intérêt du secteur bancaire pour contribuer au financement du développement territorial, mais aussi d'amener les collectivités territoriales à s'imprégner des conditions d'accès au financement bancaire.

"Ce rapprochement Banques-Collectivités territoriales est nécessaire. Il est devenu un impératif dans ce contexte où les dotations de l'Etat et les produits de la fiscalité locale, à eux seuls, ne suffisent plus à procurer aux communes et aux départements les ressources dont ils ont besoin pour accomplir leurs missions", a insisté le ministre.

"Il est vrai que depuis 2013, le gouvernement du Sénégal a fait d'énormes efforts pour accroître les ressources locales, mais les demandes de services sont tellement nombreuses que toutes les sources de fonds doivent retenir notre attention", a-t-il ajouté.

De ce point de vue, la tutelle, fidèle à l'esprit de l'Acte 3 de la décentralisation, souhaite explorer en profondeur le financement bancaire, le partenariat public privé et en faire bénéficier les territoires.

Copyright © 2017 Agence de Presse Sénégalaise. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.