18 Mai 2017

Burkina Faso: Lutte contre l'impunité au pays

La Coordination des comités de défense des acquis de l'insurrection populaire (CDAIP) de la ville de Ouagadougou, en collaboration avec des organisations de la société civile, a animé une conférence de presse, le lundi 15 mai 2017 à Ouagadogou, pour dénoncer les crimes impunis au Burkina Faso.

A l'occasion, les organisateurs ont invité leurs militants et la population de la capitale à la Maison du peuple pour un forum et un meeting, respectivement les 19 et 20 mai 2017.

La gestion des dossiers relatifs aux crimes de sang et économiques ne sont pas du goût de certaines Organisations de la société civile (OSC). Elles l'ont fait savoir le lundi dernier au cours d'une conférence de presse dans la capitale burkinabè.

Ce sont au total dix OSC constituées notamment de la Coordination des comités de défense des acquis de l'insurrection populaire (CDAIP) de la ville de Ouagadougou, le Mouvement burkinabè des droits de l'Homme et des peuples (MBDHP), le Réseau national de lutte anti-corruption (RENLAC), l'Organisation démocratique de la jeunesse (ODJ) et la Coalition contre la vie chère (CCVC) de la ville de Ouagadougou.

Pour le coordinateur des CDAIP de la ville de Ouagadougou, Elie Kaboré, de nombreux crimes de sang commis sous le règne de l'ancien président Blaise Compaoré comme celui de Dabo Boukary, Norbert Zongo et ses compagnons d'infortune, Thomas Sankara, les élèves de Garango, Flavien Nébié et bien d'autres, sont toujours pendants.

« C'est la déception et la frustration totale. Ces dossiers dont on pensait que les conditions de jugement étaient créées avec la chute de pouvoir de Blaise Compaoré ne connaissent pas un avancement véritable.

Plus grave encore est la situation des dossiers judiciaires de l'insurrection et de la résistance au putsch », s'est-il indigné.

Il en veut pour preuve les conclusions du rapport d'enquête sur l'insurrection. « Ce document indique clairement que l'ex- Premier ministre Yacouba Isaac Zida et d'autres officiers de l'ex-RSP ont supervisé la tuerie des 30, 31 octobre et 2 novembre 2014.

Les complices civils et militaires du putsch de septembre 2015 sont également connus. Arrêtés sous la pression populaire, la majorité de ces personnes qui doivent des comptes au peuple devant la justice sont remises en liberté, pendant que des « brûleurs » de feux tricolores, des auteurs de larcins croupissent dans les prisons dans l'oubli total de la justice », a-t-il déclaré.

Il a aussi souligné que les promesses de jugement des dossiers de l'insurrection et du putsch manqué avant fin 2016 n'ont donné lieu qu'à « des jugements de menus fretins comme les soldats impliqués dans l'attaque de Yimdi et dans la fameuse tentative d'attaque de la MACA ».

Une invite à la mobilisation les 19 et 20 mai

Fort de ce constat, Elie Tarpaga, a affirmé qu'ils ne se font pas d'illusions, convaincus que l'indépendance de la justice et la manifestation de la vérité et de la justice dans les dossiers de crimes de sang ne peuvent provenir que de la pression populaire.

« Sinon, le peuple vivra toujours une justice à deux vitesses : une justice clémente pour les riches, les pilleurs de l'Etat et les grands criminels d'un côté, et une justice cruelle pour les gens pauvres et faibles du peuple de l'autre », a-t-il prévenu.

D'où son invite à une grande mobilisation pour le forum de dénonciation de l'impunité, le vendredi 19 mai et le meeting du 20 mai prochain, à la Maison du peuple.

Ces journées de dénonciation sont-elles opportunes au regard du contexte ? Il n'y a pas de doute, ont répliqué les organisateurs à la presse. « Prenez la question de l'impunité des crimes économiques qui a la peau dure dans notre pays.

Les rapports d'enquêtes du REN-LAC, de l'ASCE-LC, les chiffres fournis par le syndicat des impôts, le SNAID, révèlent que des hommes politiques, de grands commerçants et opérateurs économiques véreux, qui sont les soutiens économiques des pouvoirs successifs depuis plus de 30 ans, doivent des centaines, voire des milliers de milliards de francs CFA à l'Etat », a confié M. Tarpaga.

Selon même les estimations du SNAID, a-t-il poursuivi, le pouvoir actuel n'aurait pas eu besoin de recourir à un endettement auprès des officines étrangères, « véritables morgues sociales », pour financer son fameux Plan national de développement économique et social (PNDES).

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