18 Mai 2017

Madagascar: Accusée de déstabilisation, Fanirisoa Ernaivo menacée de poursuites judiciaires

Fanirisoa Ernaivo est désormais dans le collimateur des tenants du régime. A l'allure où vont les choses, le risque de « clash » entre le Corps des magistrats et le régime Rajaonarimampianina n'est pas à écarter.

Le monde à l'envers. C'est le moins que l'on puisse dire du rapport du Conseil du gouvernement évoquant des poursuites judiciaires contre des magistrats.

« Le Premier ministre, Chef du gouvernement a donné un ordre formel et catégorique aux membres du gouvernement concernés pour prendre des mesures fermes contre tout acteur de déstabilisation, quel qu'en soit son statut. Et ce, jusqu'à ouvrir des poursuites judiciaires même contre certains magistrats ayant abusé de leurs prérogatives légales ».

C'est ce qui est évoqué dans le communiqué. Décidément, le régime Rajaonarimampianina est bien décidé à défendre Claudine Razaimamonjy par tous les moyens et de « combattre le bien par le mal ».

Tous ceux qui s'attaquent ou se sont attaqués à la Conseillère spéciale du président Hery Rajaonarimampianina sont dans le collimateur des tenants du pouvoir.

Bon nombre d'observateurs considèrent cet « ordre » du locataire de Mahazoarivo comme une menace à peine voilée lancée à l'encontre notamment de la présidente du Syndicat des Magistrats de Madagascar (SMM), Fanirisoa Ernaivo.

En effet, le Chef du gouvernement considère l'action entreprise par le numéro Un du SMM comme « une opération de déstabilisation ». La lutte pour le respect de l'Etat de droit est donc désormais considérée comme une manœuvre de déstabilisation.

« Clash ». Si l'on se réfère à la Constitution, le Premier ministre, en tant que Chef de l'Administration doit veiller sur le respect de l'Etat de droit. Il est donc le garant de l'application des décisions de Justice.

Depuis le début de l'affaire Claudine Razaimamonjy, Fanirisoa Ernaivo et le bureau du SMM se sont toujours levés pour réclamer l'indépendance de la Justice et pour exiger le respect des procédures légales.

Bon nombre d'observateurs accusent également Olivier Mahafaly Solonandrasana de bafouer le principe de la séparation des pouvoirs en donnant un ordre « formel et catégorique » à ses ministres de prendre des mesures fermes contre des magistrats.

En tout cas, à l'allure où vont les choses, le risque de « clash » entre le Corps des magistrats et le régime Rajaonarimampianina n'est pas à écarter.

Après le Conseil Supérieur de la Magistrature, c'est désormais au tour du gouvernement de lancer une mise en garde contre les leaders du SMM.

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