19 Mai 2017

Cameroun: Affaire Edwige Keutchiamen - La justice confisque la dépouille de la défunte

Programmée pour vendredi 12 mai dernier, la levée de corps suivi de l'inhumation de la jeune femme a été repoussée à une date ultérieure ; le juge d’Instruction a refusé de libérer le corps avant l'aboutissement des enquêtes en cours. La famille menace.

C'était la consternation à l'hôpital de district de Kribi. Amis et connaissances et autres membres de la famille de la défunte s'étaient déjà vêtus de noir, afin d'assister à la levée de corps de Edwige Flore Mougang Keutchiamen, la jeune femme de 33 ans assassinée le mois dernier au lieu-dit « antenne Orange » alors qu'elle était enceinte des jumeaux de sept mois.

La nouvelle est tombée comme un couperet. La levée de corps de la jeune femme ne se fera plus comme initialement prévue par la famille dont certains membres, venus des quatre coins du pays, étaient déjà à Kribi.

Raison évoquée : le juge d’Instruction à qui a été confiée cette affaire refuse de restituer la dépouille à la famille avant la fin des enquêtes qui se poursuivent en son cabinet. « Sa dépouille ne sera remise à la famille qu'après le bouclage du dossier d'Instruction par le juge. Il y'a l'autopsie à faire et les enquêtes se poursuivent. Le bureau du procureur doit se faire sa propre idée de cette affaire.

La famille n'a pas contacté le procureur avant d'établir le programme des obsèques de la défunte. Il s'agit d'un assassinat ! »Nous explique-t-on au bureau du procureur de la République près des Tribunaux de Kribi. Pour les membres de la famille, c'est un moyen de leur extorquer de l'argent. « On nous dit au Parquet que le médecin légiste qui doit faire l'autopsie vient de Douala et que sa prestation va couter 300.000 F CFA et que pour extraire les bébés cela va coûter 75.000 FCFA. C'est de l'arnaque.

Nous allons leur abandonner le corps si on nous exige de payer ces frais », menace un membre de la famille. Dans la ville, c'est le ras-le bol. « Il s'agit d'une enquête criminelle. C'est la justice qui veut faire une autopsie pour déterminer les causes exactes de la mort. Cela revient à la Justice de prendre en charge toutes les charges y afférentes. On veut nous dire quoi ? Il ne faut pas exagérer ! », S'indigne Nana Darius, un ami de la défunte.

Pourtant, dans les couloirs du parquet de Kribi, on parle d'une enquête demandée en haut lieu afin de faire toute la lumière sur l'assassinat de cette jeune femme. D'après des enquêtes qui se poursuivent, il s'avère que ce dernier n'est que la victime d'une machination sordide savamment orchestrée par la famille de la défunte afin de faire libérer leur fils Mougang Jean-Paul Gires qui serait impliqué dans cette affaire. Dans la cité balnéaire, cette mise en détention provisoire du célèbre quincailler révolte plus d'une personne.

« Cette manière d'agir de la justice camerounaise doit cesser. On ne peut pas mettre quelqu'un en prison juste parce qu'un suspect a dit qu'il est complice. C'est trop facile comme ça ! Après on dit qu'il est en prison pour calmer la tension sociale et pour sa sécurité aussi. Si les preuves sont à décharge pour quelqu'un, il doit être libéré ou tout au moins mis sous liberté provisoire», raisonne Romaric Atangana, un étudiant en droit.

Dans la ville, des voix se lèvent de plus en plus contre cette situation, d'autant plus que vendredi dernier, un autre citoyen a failli se faire lyncher, accusé de viol par une fillette de huit ans. Heureusement, le mis en cause venait de subir une opération chirurgicale d'une hernie à Douala et n'était rentré que la veille du jour du supposé viol, les parties génitales encore couvertes de bandages.

Il s'est déshabillé tout nu devant une foule ahurie afin d'avoir la vie sauve. Menacée par la foule, la fillette a dû dire la vérité en pointant ses parents comme étant ceux qui lui avaient demandé de pointer ce voisin totalement étranger à l'affaire.

Certains détenus bénéficiant des mesures de corvée libre ne cessent de clamer l'innocence du quincailler. « Bekalé est un vieux prisonnier. Il a avoué qu'il a fait cela pour le mauvais cœur parce que Tchinda l'avait insulté un jour quand il était en liberté. C'est faux !

C'est Gires (neveu de la défunte) qui les a envoyés. Nous on sait ça en prison. Basile est vraiment innocent », raconte un détenu que nous avons rencontré.

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