19 Mai 2017

Sénégal: «Citizen Mic» - Y'en a marre assure la relève

Sur près de 500 dossiers, 30 jeunes artistes rappeurs ont été sélectionnés pour être formés pendant trois jours, du 16 au 18 mai, donc hier, au Centre culturel Blaise Senghor. Initié par le Mouvement Y en a marre, le «Citizen Mic», ou micro citoyen, est parti de ce constat : le rap de chez nous manque de textes engagés ou de haute facture, étouffé qu'il est par le clash à deux sous, ou par une sorte de culte de soi : «Je suis le plus fort, le plus beau».

Lors de son point de presse d'hier, jeudi 18 mai au Centre culturel Blaise Senghor, le rappeur Simon, qui s'est surtout exprimé au nom du Mouvement Y en a marre, a annoncé que le «Citizen Mic», c'est aussi un concours, avec à la clé un studio d'enregistrement pour le vainqueur.

Dans le milieu hip hop, les anciens ou les pionniers étaient, ou sont toujours très engagés. Awadi, l'une des icônes de ce mouvement au Sénégal, a d'ailleurs gardé le tranchant de ses années Positive Black Soul, à tel point que certains de ses concerts passeraient quasiment pour quelque leçon de panafricanisme ou de militantisme. Il vous parlera de Sankara, de Cheikh Anta Diop ou de Malcolm X, vous dira par exemple que «l'Afrique n'est pas démunie mais seulement désunie»... Avec son légendaire sens de la rime et de la formule toujours bien emballée... Et c'est peut-être un peu tout cela qui manque aux plus jeunes, et pas à tous fort heureusement, pour reprendre les propos du rappeur Simon, lors de son point de presse d'hier, jeudi 18 mai au Centre culturel Blaise Senghor, où notre interlocuteur s'est surtout exprimé au nom du Mouvement Y'en a marre dont il est l'un des fondateurs... Un rendez-vous pour parler du «Citizen Mic», ou micro citoyen, qui aura servi à former une trentaine de jeunes artistes rappeurs, pendant trois jours (du 16 au 18 mai), sur des questions comme la citoyenneté et la gouvernance locale, avec à la clé des textes utiles, engagés.

30 dossiers retenus, sur «527», donc une «sélection (plutôt) rude», pour parler comme le jeune rappeur «rufisquois» OoThentik Zeus.

Simon estime à ce sujet que le «Citizen Mic» devrait justement permettre de tordre le cou à la «légèreté» de certains textes ou de certains propos, où l'on se contenterait d'être entre l' «ego trip» ou le culte de soi, «je suis le plus fort, le plus beau», et le «clash» à deux sous, où les populations ont plus ou moins de mal à «se retrouver»... Nous avons voulu «relever le niveau d'écriture» dit Simon.

Parmi les formateurs, des noms comme Moundiaye Cissé de l'ONG 3D, sur les questions liées à la gouvernance locale, et le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (Rnd), Dr Dialo Diop ou «l'un des disciples de Cheikh Anta Diop», qui a surtout parlé de citoyenneté et d'action citoyenne.

Ou alors citera-t-on quelqu'un comme le rappeur Djily Bagdad, venu avec ses techniques d'écriture, et Simon lui-même, ou l'art de faire du «business dans le hip hop», mais sans «perdre son âme».

Pendant ces trois jours de formation, les 30 jeunes artistes rappeurs réunis au Centre culturel Blaise Senghor ont aussi reçu la visite du rappeur Matador, le président d'Africulturban, avec dans ses bagages, un peu «de son cursus, de son vécu et de son engagement depuis (ses années) BMG 44». Idem pour le rappeur Thiat du groupe Keur Gui, l'un des piliers du Mouvement Y en a marre.

CONCOURS «CITIZEN MIC» : Un studio d'enregistrement à gagner...

A côté de la formation en tant que telle, il y a le concours, où le vainqueur aura l'opportunité d'avoir son propre studio d'enregistrement, d'une valeur de 2. 500. 000 francs CFA, en plus du million qui lui sera aussi remis pour «installer» le studio en question et «se formaliser»... Histoire de «sortir du takhalé», de l'à peu près ou de l'informel. Un concours qui commence au mois de juillet, donc après le ramadan ; avec deux demi-finales, suivies de la finale. Simon annonce que les 10 meilleurs d'entre eux se retrouveront dans une «compilation». Le «Citizen Mic» est co- financé par la Fondation Ford et le Mouvement Y en a marre, avec le soutien du Centre culturel Blaise Senghor.

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