30 Mai 2017

Centrafrique: L'exigence de la paix

La prise de service du procureur de la Cour pénale spéciale de la République centrafricaine annonce l'ouverture des procès contre les fauteurs de trouble. Eux qui les 8 et 13 mai derniers se sont encore négativement illustrés en tuant six casques bleus lors d'une embuscade et en s'attaquant aux communautés peules et musulmanes de Bangassou.

Ces groupes armés font commerce de la guerre de religions. Les Centrafricains ne sont pas naïfs pour tomber dans ce genre de pièges. C'est la raison pour laquelle, le président de la République centrafricaine, Faustin Archange Touadéra, a placé sa gouvernance sous la trilogie de la paix, de la réconciliation nationale et de la relance économique.

Le chef de l'Etat centrafricain est descendu, plusieurs fois sur le terrain, pour insister sur la nécessité de préserver la paix, d'œuvrer pour la réconciliation nationale et favoriser la relance économique du pays .Les autorités religieuses ont également multiplié des initiatives au profit de la paix.

Le pape François leur a d'ailleurs prêté main forte en se rendant en Centrafrique et élevant par la suite Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, à la dignité de cardinal lui donnant ainsi l'opportunité de persévérer dans son ministère de paix.

Ces initiatives étaient censées favoriser le retour à la paix. Malheureusement, les extrémistes persistent dans leur logique de guerre qui, de 2013 à 2016, a plongé la Centrafrique dans les pires exactions depuis son accession à l'indépendance. Encore faut-il ajouter qu'en dehors de la crise qui perdure, ce pays a connu d'autres secousses institutionnelles.

Le président Touadéra a cependant choisi de sortir de cette logique de guerre. C'est donc à dessein qu'il a désigné, en février dernier, le colonel Toussaint Muntazini Mukimapa, un magistrat originaire de la République démocratique du Congo, pour enquêter sur les crimes ayant été commis depuis 2003 et donner l'orientation des enquêtes et des futurs procès.

Puisqu'ils persistent dans le désordre, il faut bien que les fauteurs de troubles répondent de leurs actes devant la Cour pénale spéciale. C'est une exigence de respect de l'ordre républicain. C'est l'exigence de la paix.

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