1 Juin 2017

Afrique de l'Ouest: Mali / Niger / Burkina - Le triangle de la mort

Le scénario est presque invariablement le même : des hommes lourdement armés à bord de nombreux véhicules tout-terrain qui attaquent à la faveur des ténèbres les positions des forces de défense et de sécurité avant de s'évanouir dans la nuit glacée du désert, laissant derrière eux des morts et des blessés baignant dans leur sang, des véhicules calcinés et d'autres dégâts matériels.

Ce scénario macabre, mis en scène dans la bande sahélo-saharienne, la localité d'Abala dans la région de Tillabéry à quelque 200 kilomètres de Niamey l'a encore vécu dans la nuit de mercredi à jeudi avec l'attaque d'une position de l'armée nigérienne : sur le carreau, 6 soldats, 2 gendarmes et 4 membres de la Garde nationale. Presque toujours obligées de faire dans la réaction après coup, les forces de sécurité ont entrepris tout de suite des opérations de ratissage mais avec, comme toujours, des résultats mitigés.

Abala, dernier point noir en date de ce triangle de la mort que sont devenus le Mali, le Niger et le Burkina, dont les frontières communes sont en passe de devenir le nouveau sanctuaire des narco-djihadistes qui ont fait du septentrion malien un véritable cercle de feu pour la nébuleuse islamiste en quête de refuge après avoir été considérablement affaiblie au Nord-Mali sous les coups de boutoir de la Minusma et de Barkhane ; hélas, victimes, depuis quelques mois, d'attaques répétées, comme ce fut le cas de nouveau hier matin avec un nouvel assaut au mortier contre le supercamp des casques bleus de Tombouctou qui héberge également une partie des hommes de la plateforme Désert de l'opération Barkhane.

Bilan, plusieurs blessés graves dont un soldat français. C'est à se demander si on parviendra un jour à couper définitivement toutes les têtes du monstre qui, même diminué, continue de semer le désarroi au nom, prétend-il, d'Allah qui ne leur a pourtant rien demandé, surtout pas en ce mois béni du ramadan, période par excellence d'altruisme, de solidarité, de bonté avec son prochain.

Avec la boucherie d'Abala, on se demande d'ailleurs ce que devient cette force tripartite créée officiellement en janvier dernier par les autorités maliennes, nigériennes et burkinabè censée opérer sur leurs frontières communes, mais qui tarde véritablement à prendre corps.

De la même manière, de nombreuses questions se font de plus en plus jour sur l'efficacité de Barkhane qui, selon La Lettre du Continent dans son édition du 31 mai 2017, nécessiterait «beaucoup d'efforts et d'argent pour peu d'effets» ; une réalité que le nouveau locataire de l'Elysée, Emmanuel Macron, a pu toucher du doigt le 19 mai dernier lors de son aller-retour à Gao pour sa première visite en Afrique en tant que président.

Manque de moyens et d'équipements sophistiqués, faiblesse du renseignement aérien, inadaptation des équipements à la nouvelle menace que représentent les mines et autres engins explosifs improvisés, des hélicoptères de seconde main mal protégés et même un recours au privé, tel serait en effet le tableau peu reluisant de la mission française.

Alors que les Africains que nous sommes sont souvent si béats d'admiration -et pour cause- devant cette armada tricolore qui semble les rendre invincibles.

Mais si eux-mêmes en viennent à douter de l'efficacité de leur logistique, c'est la preuve qu'on n'est vraiment pas sorti de ces sables mouvants du désert malien où les supercamps et autres bases hautement sécurisées sont devenus des terrains de jeu de djihadistes en manque de terreur.

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