5 Juin 2017

Liberia: Human Rights Watch salue l'arrestation de l'épouse de Charles Taylor pour crime de guerre

communiqué de presse

Libreville — L'arrestation par les autorités du Royaume uni d'Agnes Reeves Taylor à Londres pour son présumé rôle dans la torture menée lors de la première guerre civile au Liberia "constitue une avancée significative vers la justice", a déclaré Human Rights Watch.

Mme Reeves Taylor, l'ex-épouse de l'ex-président libérien, Charles Taylor, en détention à la Cour pénale internationale (CPI), a été arrêtée le 1er juin dernier par l'unité des crimes de guerre de la Metropolitan Police et ensuite accusée de torture, indique un communiqué de l'organisation de défense des droits de l'Homme rendu public le 3 juin.

Mme Reeves Taylor, qui réside en Grande-Bretagne, devait comparaître le 3 juin devant le tribunal de première instance de Westminster, pour avoir commis des crimes de guerre au moment où elle travaillait au sein du Front national patriotique du Liberia (National Patriotic Front of Liberia, NPFL), à l'époque dirigé par son ex-époux dans le but de renverser le président d'alors, Samuel K. Doe.

"Les mesures prises par le Royaume-uni pour juger les crimes commis lors de la violente guerre civile au Liberia, seront sans aucun doute bien accueillies par les victimes au Liberia", a déclaré Elise Keppler, directrice adjointe du programme international Justice au sein de Human Rights Watch.

"Le NPFL a commis des atrocités contre les civils, mais personne n'a jusqu'à présent rendu compte pour ces crimes. Les autorités libériennes devraient elles- mêmes prendre des mesures pour s'assurer que tous les auteurs de crimes de guerre durant cette période soient traduits en justice", ajoute l'organisme de défense des droits humains.

Le Liberia n'a déployé aucun effort pour traduire en justice les auteurs de ces crimes en violation du droit international au cours du conflit qui avait secoué le pays de 1989 à 1996 et dont le bilan s'élève à des milliers de morts, a indiqué Human Rights Watch.

L'arrestation de Mme Reeves Taylor est la troisième effectuée par les autorités européennes en relation avec les atrocités commises au Liberia, après celle du commandant du NPFL, Martina Johnson, arrêté en Belgique en septembre 2014 et de Alieu Kosiah, un commandant du Mouvement unifié pour la libération du Liberia pour la Démocratie (United Liberation Movement of Liberia for Democracy) arrêté en Suisse en novembre 2014.

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