5 Juin 2017

Afrique de l'Est: Il faut redoubler de vigilance dans le bassin du Lac Tchad

Dans le bassin du Lac Tchad, le groupe terroriste Boko Haram continue de s'illustrer par de nombreuses exactions. Son affaiblissement sur le plan militaire, du fait de l'action combinée des armées nationales et des forces de la coalition, ne l'a pas empêché d'opérer une mutation opérationnelle importante. C'est ainsi que depuis environ deux ans, Boko Haram alterne attentats terroristes classiques contre des civils et attaques visant des cibles militaires.

En effet, les localités de la région de l'Extrême-Nord qui sont proches de la frontière avec le Nord-Est du Nigeria, point de départ de l'insurrection islamiste, sont régulièrement confrontées aux incursions des adeptes de la secte.

Dans ce qui est devenu son unique mode opératoire, le groupe terroriste, qui se déployait sur le terrain il y a trois ans comme une véritable armée organisée, utilise désormais des adolescents portant des charges explosives afin de perpétrer des attentats. C'était encore le cas le 2 juin 2017 à Kolofata, département du Mayo-Sava, où deux kamikazes dont l'âge se situe entre 10 et 15 ans ont accédé à un camp de personnes déplacées avant d'actionner leurs ceintures explosives, tuant sur le coup de nombreux compatriotes et faisant plusieurs blessés graves. Ce nouveau drame qui endeuille une fois de plus toute la nation camerounaise arrive comme pour nous rappeler que le pays est toujours en guerre contre Boko Haram. Car à un moment donné, à cause de l'accalmie sur la ligne de front et de la rareté des attentats-suicides, certains Camerounais ont pensé que la guerre était terminée.

Pourtant, quand on observe attentivement les agissements de la secte terroriste dans les zones de conflit pendant plusieurs mois, on se rend bien compte que Boko Haram est loin d'avoir rendu les armes. Le nombre et la fréquence des attentats- kamikazes déjà commis sur notre sol témoignent de la détermination des adeptes fanatisés de cette idéologie obscurantiste à poursuivre les hostilités qu'il faut considérer comme inscrites dans la durée. Ce qui conforte dans l'idée qu'il s'agit en réalité d'une guerre d'usure dont personne ne peut prédire avec exactitude le moment de la fin. La donne actuelle impose à nos forces de défense et de sécurité ainsi qu'aux comités de vigilance qui les soutiennent de faire davantage preuve de vigilance, de jour comme de nuit.

Dans ce schéma, le renseignement prévisionnel semble être l'arme absolue. Si les infiltrations des personnes suspectes sont portées à temps à la connaissance des forces de défense et de sécurité, celles-ci disposeront du temps matériel nécessaire pour pouvoir intervenir et faire avorter les projets d'attentats. Le binôme armée-nation et le concept de défense populaire doivent par conséquent se renforcer et se matérialiser sur le terrain plus que par le passé, afin qu'un jour, Boko Haram qui agonise ne relève plus que d'un triste souvenir.

Cameroun

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