7 Juin 2017

Afrique: Rupture des relations diplomatiques entre le Qatar et les pays africains - Après l'Egypte et la Mauritanie, à qui le tour ?

Photo: RFI
L'émir du Qatar, Tamim Ben Hamad al-Thani.

A la suite des monarchies pétrolières du golfe, l'Egypte et la Mauritanie ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accusé de soutenir le terrorisme. Au-delà de la raison officielle invoquée, ces pays africains ont fait le choix de leurs intérêts. Car, on le sait, cette crise diplomatique n'est que la conséquence de l'appel du président américain, Donald Trump, à isoler l'Iran, taxé de pivot du terrorisme international.

L'Egypte étant l'un des meilleurs alliés stratégiques, dans le Proche-Orient, de l'Amérique et de la Mauritanie, le valet de l'Arabie Saoudite, autre allié de l'Amérique, l'on ne pouvait que s'attendre à ce que ces deux pays africains se rangent du côté de leur mentor. La question que l'on pourrait se poser est de savoir si d'autres Etats oseront, à leur suite, franchir le Rubicon. Rien n'est moins sûr, et pour cause.

D'abord, les Etats africains notamment subsahariens n'ont pas intérêt à prendre parti dans cette guerre qui oppose leurs plus grands soutiens financiers arabes, au risque d'hypothéquer de nombreux projets de développement sur le continent.

Ensuite, ils sont nombreux les Etats africains à penser que c'est un mauvais procès fait au Qatar et que tous ses anciens alliés qui lui jettent aujourd'hui la pierre, devraient commencer par balayer devant leur porte.

Ce n'est un secret pour personne que le bien célèbre Ben Laden était un Saoudien d'origine yéménite et a été formé par les Américains.

C'est donc dire si le péché dont on accable le Qatar est commun à toutes les nations arabes et leurs soutiens occidentaux. L'on peut donc parier que nombre d'Etats subsahariens opteront pour la neutralité affichée par le Maroc, l'Algérie et le Mali.

L'Afrique pourrait être une victime collatérale

En tout cas, s'il y a donc peu de chances que l'on assiste à une guerre de positionnement en Afrique, il faut craindre les effets de ce conflit diplomatique entre le Qatar et ses alliés, s'il devait perdurer. Car, « Quand les éléphants se battent, dit le dicton, c'est l'herbe qui en pâtit ».

La rupture des relations diplomatiques entre les places fortes financières du golfe, peuvent avoir des conséquences économiques dont l'impact pourrait affecter le continent africain.

Par ailleurs, on le sait, cette brouille des relations entre le Qatar et l'Arabie saoudite n'est que le résultat de la division manichéenne du monde en axes du bien et du mal, voulue par les Républicains au pouvoir aux Etats-Unis.

Il faut donc s'attendre à la multiplication des foyers de tensions sur la planète, avec une forte circulation des armes. Et l'Afrique pourrait être une victime collatérale de cet affolement attendu des compteurs de l'insécurité collective, avec non seulement le repli vers la bande sahélo-saharienne de nombreuses bandes armées débusquées ailleurs, mais aussi la circulation accrue des armes en raison de la porosité des frontières.

En tout état de cause, la position de l'Afrique dans ce conflit qui semble lointain entre Persans et Arabes, ne devrait pas être aussi aiséeSi elle joue à l'insouciance du coq du conte invité à séparer la querelle entre deux ânes et qui s'en est abstenu faute d'intérêt, elle ne devrait pas s'étonner de partager son sort, quand il s'est retrouvé dans la soupe des étrangers alors que le duel des asiens s'est soldé par la mort de la mère du chef.

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