12 Juin 2017

Cote d'Ivoire: Financement du PND 2016-2020 - 1 141,25 milliards de Fcfa mobilisés au 3e Eurobond

Mission réussie pour le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, qui vient de mobiliser d'importantes ressources financières sur le marché international des capitaux. Ce qui transforme cette prévision budgétaire de l'État en une ressource concrète et disponible désormais.

La Côte d'Ivoire n'a pas attendu juillet prochain, comme annoncé initialement, pour lancer son 3e Eurobond (appelé également euro-obligations) afin de lever sur le marché international des capitaux, au moins 600 milliards de Fcfa (un milliard de dollars, base 1 dollar= 600 Fcfa). Et ce, en vue du financement, en partie, du Programme national du développement (Pnd) 2016-2020 visant à consolider les perspectives de l'émergence du pays.

Dans le cadre de ce troisième Eurobond, le Premier ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, vient d'achever une importante mission d'information et de mobilisation du monde de la finance privée internationale et des investisseurs institutionnels internationaux.

Cette mission l'a conduit, du 1er au 8 juin, respectivement, à Paris, Londres, Francfort, New York et Boston. Ce que les Anglo-Saxons appellent Road Show a été l'occasion, pour le chef du gouvernement ivoirien, de présenter les perspectives rassurantes de l'économie ivoirienne (8,8% de taux de croissance en 2016) et la portée Socio-économique des investissements prévus dans le cadre du Pnd 2016-2020.

En France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis où sa mission s'est achevée à Massachusetts (Boston), les investisseurs ont montré un vif intérêt pour les emprunts obligataires émis par l'État ivoirien, comme ils l'ont démontré au cours des deux précédents Eurobonds émis en 2014 et 2015 par le pays. À preuve, plus de 1,250 milliard de dollars ont été mobilisés au taux de 6,25% et 625 millions d'euros au taux de 5,125% (Direction de la Communication de la Primature), sur le marché au cours de la mission de dix jours. De quoi soulager le budget de l'État.

1750 milliards de dollars déjà en 2014 et 2015

En 2014, rappelons-le, le pays avait pu lever 750 milliards de dollars (soit 4714,194 milliards de Fcfa, au taux de change de l'époque) sur le marché des capitaux. Ce premier Eurobond avait enregistré 185 ordres (souscriptions) à la clôture, soit dix fois les attentes du gouvernement.

Le contexte très favorable a été déterminant dans la réalisation de ce jackpot. Ce premier Eurobond a permis de financer des infrastructures socioéconomiques, notamment des routes, l'électrification, l'adduction d'eau potable, le renforcement du système énergétique, l'agriculture à travers le financement du Programme national d'investissement agricole (Pnia), la santé et l'éducation. Il devait également permettre de dégager une marge pour apurer la dette intérieure, avait confié Mme Kaba Nialé, alors ministre de l'Économie et des Finances.

L'opération Eurobond 2015 a, quant à elle, permis à l'État de mobiliser 1 milliard de dollars (500 milliards de nos francs, base 1 dollars équivaut à 500 Fcfa). Cette deuxième émission d'obligations libellées en devises étrangères (différente d'émission d'emprunts obligataires dans la zone Cfa et libellées en monnaie Fcfa) a également permis au gouvernement de financer plusieurs projets d'infrastructures à impact social.

3e Eurobond 2017 : 1 141,25 milliards de Fcfa mobilisés à des taux favorables.

L'émission du 3e Eurobond par le gouvernement ivoirien était un pari risqué, surtout à cause des mutineries à répétition d'une partie des militaires qui ont marqué le premier semestre 2017 (ce qui est une mauvaise publicité pour le pays), des revendications sociales, de la baisse drastique des cours du cacao et son impact sur les recettes publiques. Mais sur le marché financier international, la Côte d'Ivoire a des arguments solides à vendre et revendre: une dynamique de croissance économique positive (8,8% en 2016 et 8,5%, en moyenne, entre 2012 et 2015) à maintenir, une économie diversifiée, compétitive et résiliente, non dépendante de l'exportation d'une seule matière première ou semi transformée (donc base d'exportation diversifiée), un potentiel minier, énergétique et pétrolier réel.

En somme, la Côte d'Ivoire, vu la bonne tenue de l'économie, un cadrage Macroéconomique bien élaboré, une bonne gestion budgétaire ainsi qu'une bonne visibilité de la trajectoire pour le futur que décline fort judicieusement les axes stratégiques du Pnd et sa gouvernance, inspire confiance à la communauté financière internationale, avec à sa tête le Fmi et la Banque mondiale. À cela s'ajoute l'aura du Président Alassane Ouattara.

Le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, à la tête d'une mission ivoirienne, a su présenter, du 1er au 8 juin, ces atouts de la Côte d'Ivoire aux acteurs du marché international des capitaux, et particulièrement aux investisseurs de Paris, Londres, Munich, Francfort, New York et Boston. Ce qui a permis de mobiliser, comme indiqué plus haut, la bagatelle de 1,250 milliard de dollars américains au taux de 6,25%, soit 731,25 milliards de Fcfa (1 dollar pour 585 Fcfa, cours factuel) et 625 millions d'euros (soit 410 milliards de Fcfa, base 1 euro=655,999 Fcfa).

Au total, ce sont 1160 milliards de Fcfa ainsi mobilisés sur le marché international. Collecter une telle ressource financière considérable dans ce contexte difficile est, à la vérité, un pari gagné par le gouvernement. D'abord, parce que le pays a récolté plus que ce qu'il recherchait. Mieux, les taux auxquels le pays a emprunté sont très bons: 6,25% pour les souscripteurs qui ont choisi le dollar comme devise de référence et 5,125% pour ceux qui ont opté pour l'euro.

À titre de comparaison, le 16 mai dernier, le Sénégal a réussi à mobiliser à son 3e Eurobond, c'est-à-dire émission d'un emprunt obligataire en devises étrangères, un montant record de 7,7 milliards de dollars aux taux d'intérêt de 6,5%. Alors que Dakar avait émis ces titres obligataires d'une valeur de 1,1 milliard de dollars, le pays s'en est sorti avec 7 fois plus que ce qu'il espérait. Par contre, le Cameroun n'a pas suscité le même engouement qu'ont connu la Côte d'Ivoire et le Sénégal.

En effet, ce pays recherchait sur « le marché Eurobond » 1,2 milliard de dollars, il n'a pu mobiliser que 600 millions de dollars, au taux emprunteur (ou taux d'intérêt) de... 9,75%. Le chef du gouvernement ivoirien peut se satisfaire de ce succès. Car la manne financière générée par ce troisième emprunt obligataire émis sur le marché des devises étrangères (ou Eurobond) va permettre à l'État de boucler le budget 2017. Il convient de rappeler, à toutes fins utiles, que ce montant qui vient d'être mobilisé était déjà inscrit (en prévision) au chapitre des ressources budgétaires de l'État destinées à financer des projets structurants contenus dans le Pnd 2016-2020.

Lequel Pnd, d'un coût de 30 milliards de Fcfa, doit être financé à hauteur de 40% par l'État et 60% par le secteur privé. Donc la concrétisation de cette prévision budgétaire en ressources tangibles est une véritable bouffée d'oxygène pour le budget de l'État qui souffrait d'un déficit de plus de 300 milliards de Fcfa provoqué, entre autres, par la baisse drastique des recettes d'exportation provenant du cacao. Grâce à ce 3e Eurobond, l'État pourra financer le Pnd qui, globalement, vise à améliorer les conditions de vie des populations.

Cote d'Ivoire

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