14 Juin 2017

Mali: Sortie de la Cma sur la mise en œuvre de l'accord d'Alger - Le Tango continue

analyse

On se souvient, il n y a pas longtemps, le président du comité de suivi de l'Accord d'Alger, Ahmed Boutache, n'avait pas fait dans la dentelle en stigmatisant la position ambiguë des ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) accusée d'être à l'origine des blocages de l'accord de paix, avant de fixer la date du 20 juin 2017 pour le retour symbolique de l'armée malienne à Kidal.

Réponse du berger à la bergère, la réaction de la CMA ne s'est pas fait attendre : elle ne se sent aucunement liée par cet ultimatum. Si Ahmed Boutache voulait une preuve supplémentaire de la mauvaise volonté de la CMA, il en a une dans la main. Mais, faut-il s'étonner de cette nouvelle volte-face des hommes bleus du désert malien, à quelque 5 jours de la date anniversaire de la signature de cet accord ?

La réponse, sans ambages, est non. Car, depuis la signature de cet accord qui était censé ramener la paix au Nord et au Centre du Mali, la CMA semble avoir fait de la ruse et du dilatoire son arme favorite, pour le torpiller. Cherchant un cheveu dans la soupe, elle a tenu à discuter de chaque disposition de l'accord avec l'intention à peine voilée de tirer sur elle la couverture en ne lâchant prise que lorsqu'elle était dos au mur.

Dans le cas d'espèce, le Mécanisme opérationnel conjoint (MOC) prévoyait un retour symbolique de l'armée malienne à Kidal, à travers des patrouilles conjointes entre ex-rebelles et militaires de l'armée régulière. Le président du comité de suivi de l'accord avait fait de ce retour avant la date hautement symbolique du 20 juin, son cheval de bataille, mais, de toute évidence, la CMA ne l'entend de cette oreille. De ce fait, elle a multiplié les blocages en usant de faux-fuyants.

La rebuffade de la CMA donne des signaux clairs aux chefs d'Etat

Et il faut le dire, elle a été encouragée en cela par Bamako qui a toujours cédé face à ses desiderata. Mais, comme on le dit, « à quelque chose, malheur est bon ». L'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Elysée semble avoir arrangé les choses. Car, le jeune président a fait de la lutte contre le terrorisme une ligne de mire et semble résolu à mettre fin à la métastase du cancer malien.

En témoigne le regain d'activisme diplomatique de l'Hexagone sur la question avec la présence en Algérie du ministre des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, pour arrondir les angles avec ce grand voisin du Mali et autre acteur incontournable du conflit. Et à ce que l'on dit, les deux puissances accusées à tort ou à raison de soutenir des groupes dans le septentrion malien, semblent avoir accordé leurs violons.

Cela devrait se traduire par un changement d'attitude vis-à-vis de la CMA dont le tango a assez duré, mais aussi vis-à-vis des deux renards du désert qui ne signalent leur présence dans le Sahel que par des orgies sanglantes, en l'occurrence Iyad Ag Ghali et Motar Belmoktar dit le borgne.

Par ailleurs, la rebuffade de la CMA, à quelques jours de la tenue du sommet du G5, a ceci d'intéressant qu'elle donne des signaux clairs aux chefs d'Etat qui se doivent de se mettre la pression pour régler les problèmes au Nord du Mali, pour éviter que ce pays qui est l'épicentre du djihadisme dans le Sahel, ne soit pas le ventre mou de la force à mettre sur pied.

Mali

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