14 Juin 2017

Congo-Kinshasa: Au pied du mur !

opinion

Pourquoi le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu, a-t-il pris la parole devant la représentation nationale ? Etait-il invité pour répondre à une question orale avec débat ? Etait-ce à l'occasion d'une motion de défiance ? Loin de toutes ces procédures axées sur le contrôle parlementaire.

Le patron de la diplomatie congolaise a été à l'Assemblée nationale, pour sensibiliser les Députés, afin qu'ils partagent la position du Gouvernement, celle de dénoncer avec véhémence toutes les formes de pressions exercées sur le Gouvernement ou encore des sanctions administratives qui sont prises à l'encontre de certaines personnalités politiques et des officiers militaires et de la police nationale congolaise, par l'Union européenne. Tant, il est vrai que certains Députés ne voulaient l'entendre de cette oreille, affirmant que des sanctions ne les sont pas pour le Gouvernement, mais c'est contre des personnalités bien ciblées.

Un autre, Henri Thomas Lokondo, a invité le Gouvernement à s'assumer. Tout compte fait, l'on sent une pression exercée sur le Gouvernement, quant à l'application intégrale de l'Accord du 31 décembre 2016, dit de la Saint Sylvestre, mieux la manière de conduire le processus électoral. A Kinshasa, où se déroulent les opérations d'enrôlement, la population est en colère du fait de la lenteur. Elle fait pression pour que la CENI améliore la qualité des services. Ce faisant, il n'est donc pas un hasard de voir M. Jean-Pierre de la Croix, Secrétaire Général Adjoint des Nations Unies en charge du maintien de la paix, atterrir en République Démocratique du Congo.

Si l'on peut considérer qu'il s'agit là d'une pression extérieure, au plan interne, une forte pression est d'actualité. Deux de ses collègues membres du Gouvernement, en l'occurrence Emmanuel Ramazani Shadary et Alexis Thambwe Mwamba, respectivement Vice-Premier ministre, ministre en charge de l'Intérieur et Sécurité, et ministre d'Etat en charge de la Justice et garde des Sceaux sont dans l'œil du cyclone. Ils sont visés, chacun, par une motion de défiance. Le premier, c'est par la motion de Fabien Mutond du Groupe parlementaire UDPS et Alliés. Il met à sa charge, le dossier Ne Muanda Nsemi, avec la violation des droits humains contre les voisins de celui-ci, alors assiégé par les éléments de la police avant qu'il ne soit mis aux arrêts.

Il y a aussi l'affaire liée à la gestion du dossier Kamuina Nsapu. Le second, l'est par la motion de Mohindo Nzangi, député du Nord-Kivu. Il lui reproche la mauvaise gestion des conditions carcérales, ayant occasionné des évasions massives dans les prisons à Kinshasa, au Kongo central et au Nord-Kivu. En définitive, c'est toujours le Gouvernement qui subit la pression, cette-fois, de la part des Députés nationaux. A propos des évasions, inquiète, la population congolaise exerce une forte pression au Gouvernement d'avoir laisser errer des criminels patentés au grand risque des victimes et des témoins à charge. Toujours à l'interne, les acteurs politiques se battent pour la mise en place du Conseil National de Suivi de l'Accord (CNSA).

Plus passent les jours, sans que rien ne soit fait pour sa mise en place, la pression va aussi crescendo. Des déclarations qui fusent de partout en sont une illustration éloquente. Pareil aussi pour les obsèques d'Etienne Tshisekedi. Le modus vivendi trouvé sur l'organisation des funérailles, le site de l'inhumation, ne vient pas résoudre d'autres problèmes résiduels, en discussion pour le moment entre le Gouvernement, la famille biologique et politique. Du côté socio-économique, difficile de comprendre que le dollar soit toujours en hausse face au Franc Congolais. Que dire du panier de la ménagère ? Combinées, toutes ces pressions mettent le Gouvernement au pied du mur.

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