16 Juin 2017

Cameroun: Institution - Ce qu'Atangana Mebara disait du Conseil économique et social

Dans un livre, l'ancien Secrétaire général de la présidence de la République déplore l'inactivité de cette institution. «Le Secrétaire général de la présidence de la République au Cameroun », ouvrage sous-titré « Entre mythes, textes et réalités », est paru en février 2016 aux éditions l'Harmattan.

Dans ce livre-témoignage, l'auteur - ancien Secrétaire général de la présidence de la République (Sg/pr), aujourd'hui incarcéré à la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé, raconte ses années à ce poste stratégique de premier collaborateur du chef de l'Etat. Un opuscule qui lui a permis de démystifier cette fonction, de lever un pan de voile sur sa relation avec le chef de l'Etat, mais surtout de revenir sur ses rapports avec les institutions et le regard que ce haut commis de l'Etat avait sur le fonctionnement de la République.

Dans la seconde partie de cet ouvrage, Jean Marie Atangana Mebara (qui purge depuis juin 2016 une peine de 25 ans de prison pour avoir été convaincu de détournement de fonds dans l'achat foireux d'un aéronef présidentiel), déplore en page 145, « l'immobilisme » du Conseil économique et social (Ces). « [... ] je dois vous dire aussi que je n'ai pas compris pourquoi les responsables de cette institution se sont complu dans cette sorte d'immobilisme », écrit-il. Pour l'ex Sg/pr, « ce statu quo est maintenu depuis des lustres ». Jean Marie Atangana Mebara rappelle une disposition du décret de 1998, qui « confie au Secrétaire général le soin de préparer les projets de lettre que le président de la République pourrait adresser au président du Conseil économique et social ». Cependant, en quatre années passées à ce poste, le proche collaborateur du président Biya déclare n'avoir eu à préparer aucun projet de lettre pour son président. « Je n'en ai jamais reçu instruction », affirme-t-il.

Le constat est d'autant plus décevant que selon cet ancien Sg/pr, les capacités du Ces sont grandement inexploitées. Il prend l'exemple du Document de stratégie pour la croissance et l'emploi (Dsce) et la Vision 2015, pour s'interroger : « ne pensez-vous pas que le Conseil économique et social, normalement constitué, aurait permis d'améliorer ces documents, et surtout d'obtenir une plus grande adhésion et participation des forces vives économiques et sociales à leur réalisation ? ». Celui qui a été « vice-Dieu » d'août 2002 à septembre 2006, pense pourtant que « cette institution peut être utile au pays, en permettant notamment un dialogue régulier entre les forces vives économiques et sociales de la nation, dialogue qui permettrait l'émergence de consensus sur différents problèmes économiques et sociétaux ».

D'après la loi du 23 juillet 2001, le Ces est composé de 150 membres, mais six seulement sont en fonction aujourd'hui. L'ancien Sg/pr, dit ne pas savoir pourquoi ce statu quo et se souvient : « je puis seulement vous dire que pendant les quatre années que j'ai passées au Secrétariat général de la présidence, je n'ai pas entendu parler d'un projet de nomination des membres du Conseil économique et social, soit qui aurait été transmis avant mon arrivée, soit qui aurait été remis au chef de l'Etat pendant mon ministère au Secrétariat général. Compte tenu de la composition de ce Conseil, l'initiative de la nomination ne pouvait pas partir du Secrétariat général de la Présidence. Je suis persuadé que c'est au pré- sident dudit Conseil de prendre les devants ».

Vendredi 09 juin dernier à l'Assemblée nationale, l'exécutif a descendu un projet de loi « fixant les attributions, l'organisation et le fonctionnement du Conseil économique et social du Cameroun ».

Un aggiornamento qui vise « à faire jouer désormais à cet organe d'Etat, un rôle majeur » en complétant ses membres, et son personnel administratif et technique, d'autre part en y introduisant « la problématique de l'environnement et du développement durable » dans ses compétences.

Le texte sera défendu par le ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd).

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