17 Juin 2017

Congo-Kinshasa: Kofi Annan et neuf anciens chefs d'Etat africains interpellent Kabila

Dans une déclaration signée le jeudi 15 juin, Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies, et neuf anciens chefs d'Etat africains sonnent l'alarme du drame qui s'abat sur la République démocratique du Congo. Ils soulignent l'urgence de garantir la tenue d'élections pour prévenir le désastre qui risque de s'abattre sur la RDC et son peuple.

Associant unanimement leur voix, les signataires pensent que la situation politique qui prévaut actuellement en RDC est « une menace à la stabilité, à la prospérité et à la paix de toute la région des Grands Lacs, voire de l'Afrique dans son ensemble ». « Nous nous devons, écrivent-ils, de sonner l'alarme avant qu'il ne soit trop tard ».

C'est donc un « appel urgent » directement adressé au chef de l'Etat, Joseph Kabila. Les signataires de cette déclaration prennent en compte la responsabilité du chef de l'Etat dans l'enlisement de la situation politique en République démocratique du Congo. Aussi relèvent-ils que « la non-tenue d'élections en 2016, conformément à la Constitution, a provoqué une crise politique aiguë. L'accord entre le gouvernement et l'opposition conclu à la Saint-Sylvestre sous l'égide de la Conférence épiscopale nationale congolaise (Cenco) a permis d'éviter un désastre, mais sa mise en œuvre rencontre des difficultés croissantes qui mettent en péril le processus censé conduire à des élections pacifiques d'ici la fin de cette année ».

Embouchant le son des Nations unies qui ont souligné dans la résolution 2348 la nécessité de revenir à l'Accord du 31 décembre 2016, les signataires de cette déclaration notent avec insistance que « tant l'esprit que la lettre de l'accord ne sont pas respectés, minant la possibilité d'une transition non violente, vitale au développement de la RDC, des élections intègres représentent pourtant la seule issue pacifique possible pour résoudre la crise de légitimité dont souffrent aujourd'hui les institutions politiques congolaises ».

Avec l'enlisement de la crise politique en RDC, ce n'est seulement pas, rappellent-ils, la stabilité de la région des Grands Lacs qui est en danger mais aussi celle de toute l'Afrique. « Si la crise actuelle frappe avant tout nos frères et sœurs congolais, elle aura des conséquences continentales si elle n'est pas traitée », déclarent Kofi Annan et les neuf anciens chefs d'Etat signataires. Leur conclusion est sans appel : « L'avenir de la RDC est en grave danger ».

Ils se tournent alors vers les leaders congolais à qui ils demandent de « redoubler leurs efforts de mise en œuvre de l'Accord de la Saint-Sylvestre de bonne foi afin de restaurer la confiance entre les partis et assurer des élections libres, crédibles et pacifiques d'ici la fin de l'année ».

Congo-Kinshasa

Les rescapés de l'attaque contre la base de la MONUSCO

Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Pierre Lacroix est à Goma dans l'est de la… Plus »

Copyright © 2017 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.