17 Juin 2017

Congo-Kinshasa: Justice internationale - Alexis Thambwé Mwamba décline toute responsabilité dans le crash du Boeing 727

Le ministre congolais de la Justice « ne disposait ni d'une autorité, ni de compétence militaire au sein » du RCD au moment des faits, a affirmé dans un communiqué son avocat, Laurent Kennes.

Un nouveau développement dans l'affaire Thambwé Mwamba. Il s'agit des moyens de défense présentés par le présumé coupable par le biais de son avocat, Laurent Kennes qui, dans un communiqué publié vendredi 16 juin, lave son client de tout soupçon. Visé par une plainte en Belgique pour crime contre l'humanité, le ministre de la Justice livre ainsi sa version de fait et décline toute responsabilité dans le crash du Boeing 727 de la compagnie Congo Airlines (CAL) abattu près de Kindu (province du Maniema) le 10 octobre 1998 avec cinquante personnes à son bord.

D'après l'accusation, un missile tiré par les rebelles du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), dont Alexis Thambwe Mwamba était l'un des dirigeants, serait à la base de cet incident. Les proches des victimes en veulent notamment au garde des sceaux RD-congolais pour avoir, selon eux, été le premier à revendiquer ce tir de missile contre cet avion civile. L'actuel ministre de la Justice aurait, en effet déclaré, le jour même à la presse internationale dont l'AFP, à en croire ses pourfendeurs, que « la rébellion avait abattu un avion civil avec à son bord quarante militaires et du matériel de guerre alors qu'il atterrissait sur l'aéroport de Kindu ».

Dans son communiqué, son avocat étale les faiblesses de l'accusation en affirmant notamment que son client « ne disposait ni d'une autorité, ni de compétence militaire au sein » du RCD. Bien plus, ajoute-t-il, « il était responsable des relations extérieures et a été informé, après le crash, de celui-ci ». Et de poursuivre : « Il s'est borné à informer le public, pour le compte du RCD, des raisons pour lesquelles des militaires de ce mouvement avaient tiré un missile sur l'avion. Il n'a donc commis aucun acte en lien avec cet événement dramatique ». Avec une conscience tranquille et fort des arguments à opposer aux autorités belges, Alexis Thambwé Mwamba se dit, via son avocat, disposé à répondre à toute convocation et à toute question qui lui sera posée dans le cadre de cette affaire pour faire la plus grande clarté.

Entre-temps, le ministre de la Justice incriminé bénéficie d'un élan de solidarité sans pareil dans les rangs de la majorité présidentielle où l'on met, d'ores et déjà, cette affaire sur le compte d'un harcèlement judiciaire. Le camp présidentiel minimise la portée juridique de cette affaire fondée sur des allégations mensongères et se veut rassurant quant au retour imminent de son cadre. Cette plate-forme rejette toute information faisant état de l'arrestation d'Alexis Thambwé Mwamba dans un pays étranger comme distillée dans l'opinion la qualifiant de simple rumeur, sans fondement. « Le garde des sceaux RD-congolais est en séjour en Belgique dans le cadre d'une mission officielle », soutient la famille politique du chef de l'État dans un communiqué publié ce week-end tout en réitérant son soutien à toutes les personnalités sanctionnées récemment aussi bien par l'Union européenne que par les États-Unis.

Ainsi donc, la Majorité présidentielle condamne le harcèlement judiciaire utilisé par une frange de la Communauté internationale comme « instruments d'ingérence dans les affaires intérieures d'un État ». Elle rappelle, par ailleurs, le principe de complémentarité et de subsidiarité de la justice internationale par rapport à la justice nationale des États, en l'occurrence celle de la République démocratique du Congo.

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